De l’intérêt de pédaler « contre » le diabète… et de mesurer l’activité physique

- Date de publication : 22 juillet 2021
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Chez les patients diabétiques, les déplacements en vélo entraînent une diminution importante de la mortalité, notamment d'origine cardiovasculaire, tandis que les podomètres contribuent à l'accroissement de l'activité physique en général.
Une activité à encourager notamment chez les diabétiques (illustration).

Une activité à encourager notamment chez les diabétiques (illustration).


Résumé :
Une étude de cohorte européenne a permis de comparer les taux de mortalité de toutes causes, et de mortalité cardiovasculaire en particulier, chez 7 459 patients diabétiques suivis pendant environ 15 ans, selon qu'ils étaient cyclistes ou non. Quel que soit le nombre d'heures passées sur un vélo, un bénéfice a été clairement mis en évidence, avec une baisse d'au moins 24 % de la mortalité globale.
Une seconde évaluation, effectuée 5 ans plus tard, et qui a concerné 5 423 patients, a aussi montré que les personnes initialement non cyclistes, mais qui s'étaient mises au vélo pendant cette dernière période, ont retiré le même avantage que celles qui avaient toujours pédalé.


D'autres auteurs se sont penchés sur l'utilité des différents traceurs d'activité et notamment des podomètres, dispositifs de plus en plus accessibles, pour accroître le niveau d'activité physique en général, chez des patients atteints d'affections cardiométaboliques. Tout comme les consultations médicales, ces dispositifs contribuent de fait, en fournissant des mesures régulières, à l'augmentation de la pratique d'exercices physiques.

Les bénéfices de l'activité physique sur la santé ne sont plus à démontrer. Il a notamment été mis en évidence que, chez les diabétiques, les activités physiques de loisir (APL) diminuent la mortalité cardiovasculaire et la mortalité globale.
Ce bénéfice est cependant moins net concernant la marche, vraisemblablement parce qu'il est nécessaire que cette pratique soit au minimum d'intensité modérée.

Parce que le cyclisme permet de remplir cette condition et qu'il peut s'intégrer dans la vie quotidienne, par exemple pour les trajets entre le domicile et le lieu de travail, son retentissement sur la mortalité dans une population de diabétiques a été évaluée au sein de la cohorte EPIC (European Prospective Investigation Into Cancer and Nutrition Study) dont les informations sont collectées de façon prospective par 23 centres de 10 pays occidentaux (dont la France).

L'analyse a porté sur 7 459 participants, parmi lesquels 63 % ne faisaient pas de vélo, d'âge moyen 55,9 ans et avec une durée rapportée du diabète de 7,7 ans. Leur suivi a duré environ 15 ans au cours duquel 1 673 décès de toutes causes et 811 d'origine cardiovasculaire ont été enregistrés. Parmi ces patients, 5 423 ont été réinterrogés 5 ans plus tard de façon à examiner les effets d'un changement de statut concernant la pratique du cyclisme (maintien, arrêt ou début).

Une baisse d'au moins 24 % de la mortalité
Les résultats sont extrêmement parlants : quel que soit le nombre d'heures passées sur un vélo, la mortalité de toutes causes et la mortalité d'origine cardiovasculaire diminuent par rapport à celles des non cyclistes, et ce indépendamment du style de vie et de la durée du diabète.
Ainsi, les Hazard Ratios des cyclistes pour la mortalité globale, par comparaison avec les non cyclistes, étaient respectivement de 0,78, 0,76, 0,68 et 0,76 selon que les participants avaient déclaré pédaler, par semaine, de 1 à 59 minutes, de 60 à 149 minutes, de 150 à 290 minutes ou bien 300 minutes ou plus. Les divers ajustements effectués n'ont que peu modifié les résultats.

Une curieuse courbe en J inversé
La relation dose-effet a été évaluée en post-hoc et les données ont été comparées à celles concernant les activités physiques de loisir (hors cyclisme). Pour ces dernières, une évolution linéaire a été constatée en fonction du temps qui y était consacré par semaine. En revanche, et de façon inattendue, c'est une courbe en J inversé qui est apparue lors de la pratique du vélo, avec un risque qui réaugmentait au-delà de 300 minutes d'exercice par semaine, pour la mortalité cardiovasculaire comme pour la mortalité de toutes causes. Sans expliquer définitivement ce phénomène, les auteurs émettent à cet égard plusieurs hypothèses : augmentation du risque de traumatisme, exposition plus longue à la pollution, effort d'intensité plus élevée ou, tout simplement, erreur de mesure.

Il n'est jamais trop tard
Un autre résultat intéressant a été apporté par le deuxième examen effectué après 5 ans : les patients non cyclistes lors de la première évaluation et qui se sont mis ultérieurement au vélo avaient une mortalité similaire à celle des participants ayant maintenu cette pratique au cours du temps. En revanche, ceux qui ont arrêté ont été « pénalisés ». Précisément, les Hazard Ratios correspondant étaient de 0,65, 0,65 et 0,90 pour la mortalité globale, soit un risque  abaissé d'au moins 35 %. La tendance était similaire en termes de mortalité cardiovasculaire.

Comme le soulignent, dans leur éditorial, Rita Redberg et ses collaborateurs, cette diminution conséquente de la mortalité obtenue dans une population de diabétique, grâce à la pratique du vélo vient s'ajouter aux données existantes ayant déjà montré les bénéfices du cyclisme par rapport à d'autres types d'activités physiques.

Les bénéfices du podomètre
Une autre équipe s'est penchée sur les effets du recours à un capteur d'activité portatif sur le volume d'efforts physiques chez des patients atteints d'affections cardiométaboliques (diabète, « prédiabète », obésité, maladie cardiovasculaire). Pour ce faire, ils ont effectué une revue systématique et une méta-analyse des données de la littérature. Ce sont ainsi 38 essais randomisés ayant inclus 4 203 participants qui ont été examinés. Dans la grande majorité des cas (n = 29), le dispositif était un simple podomètre, seules 9 études ayant concerné un accéléromètre ou un autre capteur d'activité. La méta-analyse a été réalisée sur les résultats de 34 études.

Une association significative entre l'augmentation de l'activité physique et l'emploi d'un traceur, par rapport à l'absence de recours à un tel dispositif, a ainsi été constatée avec une différence moyenne standardisée de 0,72. Mais le podomètre ne fait pas tout : une analyse multivariée a également montré une association bénéfique avec les consultations médicales.

Dans leur commentaire, Paul Ritvo et al. ont enfin ajouté qu'il existe aussi un effet positif de l'activité physique sur la santé mentale. Pour exemple, une étude récente a montré que, parmi des sujets jeunes (18 à 30 ans) en rémission après un épisode dépressif majeur, plus de 80 % faisaient plus de 6 000 pas par jour...

©vidal.fr

Pour en savoir plus

Sources : VIDAL

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