Schizophrénie : l’enjeu du repérage précoce des sujets à risque

- Date de publication : 31 mai 2021
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La VIDAL Reco sur la schizophrénie vient d’être mise à jour. L’accent est mis sur la précocité du dépistage et de la prise en charge, qui a un impact positif majeur sur le pronostic fonctionnel de cette maladie chronique, touchant environ 1 % de la population.
Les symptômes précèdent souvent l'entrée dans la maladie de plusieurs mois (illustration).

Les symptômes précèdent souvent l'entrée dans la maladie de plusieurs mois (illustration).


Résumé :
La schizophrénie est une maladie chronique invalidante du fait du handicap fonctionnel, de l'isolement social et de la stigmatisation qu'elle engendre, ainsi que de la prévalence élevée des addictions. Vidal a récemment actualisé ses recommandations sur la schizophrénie, en prenant notamment en compte l'évolution des recommandations de l'Association américaine de psychiatrie et de l'Association britannique de psychopharmacologie.
Le repérage et la prise en charge précoces des personnes à risque est un enjeu majeur du pronostic fonctionnel de cette affection psychiatrique qui touche environ 1 % de la population. Les patients doivent être pris en charge sur tous les plans, psychologique, somatique et psycho-social.


Maladie psychiatrique qui touche préférentiellement l'adulte jeune, la schizophrénie se traduit par des troubles des émotions, de la cognition et du comportement, parfois des conduites suicidaires, et elle engendre une souffrance importante pour le patient. Elle débute, dans la grande majorité des cas, entre 15 et 25 ans.

Des facteurs de risque génétiques et environnementaux
Sa physiopathologie reste incomplètement élucidée, mais elle fait intervenir des facteurs génétiques et environnementaux, ce qui a permis d'identifier certains facteurs de risque de développer la maladie.

Comme le précise le Dr David Gourion, psychiatre à Paris, qui a participé à l'élaboration de ces recommandations, « le fait d'avoir un ou plusieurs antécédents familiaux (fratrie, parents, cousins germains, etc.) de schizophrénie et/ou de troubles bipolaires est un élément central dans le repérage ». Des facteurs de risque environnementaux sont également bien identifiés : consommation précoce (avant 20 ans, et plus encore avant 15 ans) et régulière (pluri-hebdomadaire) de cannabis, complications obstétricales pré- et périnatales (en particulier celles qui entraînent une hypoxie néonatale), traumatismes crâniens, âge paternel avancé au moment de la conception. « Les prodromes, ou symptômes prépsychotiques précèdent bien souvent l'entrée dans la maladie de plusieurs mois ou années ; on trouve principalement les idées de référence (sentiment d'être au centre de l'attention), le vécu hostile de l'ambiance, l'isolement et les troubles cognitifs avec cassure scolaire ». 

Éviter l'exposition au cannabis, dont le rôle précipitant est établi
Pour prévenir ou différer un premier épisode psychotique chez les personnes à haut risque de psychose, il n'y a aujourd'hui pas de consensus clair, « car les données sont encore émergentes et méritent d'être clarifiées », poursuit le Dr Gourion. « Il faut avant tout éviter l'exposition aux facteurs qui augmentent le risque, en premier lieu le cannabis, mais aussi les facteurs de stress trop intenses, etc., proposer un suivi régulier avec psycho-éducation et introduire, dès l'émergence des premiers symptômes psychotiques, un antipsychotique atypique, sans attendre l'apparition des premiers symptômes négatifs déficitaires, car le pronostic est alors moins bon à ce stade ». 

Réduire la durée de psychose non traitée
« Il est aujourd'hui établi que la DUP (durée de psychose non traitée ou Duration of Untreated Psychosis), qui correspond au délai entre l'émergence des symptômes psychotiques et le premier traitement antipsychotique, est corrélée à la qualité de la réponse thérapeutique et de la rémission fonctionnelle », indique le Dr David Gourion. « Plus on tarde, moins bon sera le pronostic, et c'est hélas ce que l'on constate encore trop souvent, avec un délai moyen qui est proche d'une dizaine d'années, ce qui constitue un véritable problème ».
Il peut être utile, en cas de doute diagnostique, d'adresser la personne dans un centre expert, qui pourra mieux caractériser le profil du patient grâce à des outils de dépistage précoce standardisés et au recours à un bilan neuropsychologique.

Antipsychotiques atypiques en première intention
La VIDAL Reco détaille les modalités de la prise en charge médicamenteuse de la schizophrénie qui fait appel, en première intention, aux antipsychotiques atypiques, dont les effets extrapyramidaux et atropiniques sont moindres qu'avec les neuroleptiques classiques.

Elle aborde aussi les traitements non médicamenteux cités dans les références : remédiation cognitive et psycho-éducation, réhabilitation sociale, électro-convulsivothérapie, qui est recommandée dans les formes catatoniques et/ou très sévères de la maladie. Non citée dans les références, la stimulation magnétique transcrânienne est en cours d'évaluation.

L'alliance thérapeutique, clé de l'observance
L'alliance thérapeutique avec le patient et sa famille est indispensable dès le début pour une meilleure compliance aux soins.

Les autres pathologies éventuelles, somatiques et psychiatriques, fréquentes, doivent également être prises en charge. « La comorbidité schizophrénie-addiction au cannabis est très fréquente, ainsi que les iatrogénies liées aux antipsychotiques, en particulier le syndrome métabolique ».
Le suivi cardiométabolique des patients a fait l'objet d'une mise au point de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) en octobre 2018. Les facteurs de risque doivent être recherchés avant la mise en route du traitement. Un suivi étroit est, par la suite, indispensable, clinique et biologique.
« Les patients ont globalement un moins bon accès aux soins médicaux de base, du fait de leur pathologie, mais aussi hélas d'une certaine stigmatisation par le corps médical lui-même », note le Dr Gourion. « L'espérance de vie de ces malades est de fait, et pas uniquement à cause du suicide, plus basse d'au moins dix à quinze ans. Il importe donc de bien les prendre en charge dans toutes les composantes, psychologiques, somatiques et psycho-sociales ».

©vidal.fr

Pour en savoir plus

Sources : VIDAL

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FLAGGY Il y a un mois 0 commentaire associé

Ayant vécu 27 ans avec un homme souffrant de la schyzophrénie , j'ai pu constaté un manque TOTAL d'amour familial. Il a été un enfant refusé par la famille car il est arrivé par surprise ,' il est le dixième enfant de la fatrie et sa mère avait la quarantaine passée.

Il a été le souffre douleur de tous.

Jeune mariée, j'ai constaté des comportements violents contre lui; je m'y suis bien sûr fortement opposé.

Mai très vite j'ai constaté des fêlures en lui : refus de communication, craintes multiples etc .

Après de longues recherches auprès de médecins et consultations de livres de médecine, de psychiatie, j'ai compris à l'évidence qu'un manque d'affection dans l'enfance est une raison IMPORTANTE pour l'apparition de cette maladie si handicapante.

Une écoute attentive et constante est recommandée afin de ne pas aggraver l'état émotionnel du malade.ET BEAUCOUP DE PATIENCE? DE CALME.

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Natalia Il y a un mois 2 commentaires associés

C'est une vision tellement pauvre et partielle de cette pathologie ....Essentiellement centrée sur la prise en charge médicamenteuse précoce, privilégiant ce que d'aucuns nomment plaisamment les thérapies "autoritaires". Concernant le cannabis, un flou artistique.

Ça sent le lobby, le misérable lobby. 

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ludovicus Psychiatrie Il y a un mois 0 commentaire associé

oui en effet

Dr Ludwig Fineltain

Neuropsychiatre

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Modérateur Médecine générale Il y a un mois 0 commentaire associé

Bonjour,

Ce message insultant mériterait d'être argumenté. Nous ne faisons dans cette reco, que reprendre le consensus scientifique.

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Clanavi Il y a un mois 1 commentaire associé

un méli mélo d'hypothèse

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Natalia Il y a un mois 0 commentaire associé

Absolument....

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