COVID-19 : pour une reprise du sport en toute sécurité

Par Isabelle HOPPENOT - Date de publication : 20 mai 2021
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Pourquoi éviter une activité physique intensive après une COVID-19 ? Faut-il un avis médical avant la reprise du sport ? ...des questions qui se posent à l'heure du déconfinement.
Un avis médical recommandé même chez les personnes asymptomatiques (illustrations).

Un avis médical recommandé même chez les personnes asymptomatiques (illustrations).


Avec le déconfinement, la reprise des activités physiques, qu'elles soient de loisir ou de plus haute intensité, devrait connaître un coup d'accélérateur. Le point sur les précautions à prendre avec le Dr Linh Vu Ngoc, médecin du sport et responsable du service médical du CREPS (Centre de ressources, d'expertise et de performance sportive) d'Île-de-France.

Pourquoi est-il déconseillé de faire du sport en cas COVID, même s'il s'agit d'une forme asymptomatique ou pauci-symptomatique ?
Dr Linh Vu-Ngoc. Comme lors de toute infection virale, la pratique d'une activité physique intensive doit être évitée, en raison du risque de myocardite sous-jacente, pouvant être à l'origine de troubles du rythme, voire d'une mort subite cardiaque.
Cette recommandation est d'autant plus importante à respecter en cas de COVID-19 que le SARS-CoV-2 a un tropisme cardiovasculaire, déjà rapporté dans vidal.fr, et que cette pathologie peut s'accompagner d'une réaction inflammatoire marquée, générale ou localisée. Il ne faut donc, par exemple, pas faire de footing prolongé, ni de musculation dès lors que l'on se sent malade, même si l'on n'a que peu de symptômes.

Faut-il un examen médical avant la reprise du sport ?  
Lorsque le test PCR est positif, la reprise d'une activité physique, toujours de façon progressive, ne doit se faire qu'après avis du médecin traitant, y compris chez une personne asymptomatique, car l'effort peut révéler une pathologie sous-jacente.
Une consultation est donc indispensable après une infection COVID-19, même pour les sportifs mineurs chez lesquels le certificat médical de non contre-indication à la pratique du sport vient d'être remplacé par un simple questionnaire de santé.
Si le praticien est équipé, la réalisation d'un électrocardiogramme (ECG), en complément du bilan clinique global, examen facile et rapide, se justifie car il peut parfois montrer des anomalies à type de troubles du rythme ou de la conduction, ou des microvoltages. Chez les sportifs régulièrement suivis, il est intéressant de confronter l'ECG réalisé à l'issue d'un épisode de COVID-19 à l'ECG de référence.

Quand demander un avis cardiologique ?
Bien sûr en cas de symptômes, tel qu'un essoufflement, des maux de tête ou des vertiges, ou d'anomalies à l'ECG.
Mais aussi de façon systématique chez les personnes faisant du sport à haute intensité, c'est-à-dire celles s'entraînant plus de 10 heures par semaine, et qui doivent bénéficier du même suivi que les sportifs de haut niveau.

Y a-t-il des recommandations particulières en matière de vaccination ?
Les sujets sportifs, comme le reste de la population, doivent être incités à se faire vacciner, par un vaccin à ARNm ou à adénovirus.
Toutes les personnes qui font du sport au sein d'un club ainsi que leurs entraîneurs, doivent être vaccinées pour éviter les formes graves de la maladie, qui sont favorisées par la multiplication des contacts étroits.
Le masque doit être porté dès l'arrêt de l'activité, mais l'expérience nous le démontre, il est en pratique très difficile d'appliquer les gestes barrière (port du masque, distanciation).

Comme après n'importe quel vaccin, il est recommandé de ne pas avoir d'activité physique intense dans les 48 heures, car il y a toujours un risque de myocardite post-vaccinale. Chez les sportifs de haut niveau, je conseille de retourner voir le médecin traitant si les symptômes post-vaccinaux durent plus de 72 heures, afin d'éliminer une pathologie intercurrente.

Quels sont les protocoles que vous appliquez actuellement pour les cas suspects ?
Dans notre établissement, qui compte un internat, nous avons mis en place, depuis fin mars, des mesures propres avec deux protocoles distincts pour les cas suspects avec symptômes et pour les cas contacts étroits.
Les cas suspects et symptomatiques doivent faire un test PCR ou un test antigénique. Si le test PCR est positif, le sportif doit s'isoler pendant 10 jours. Si le test antigénique est positif, un test PCR est réalisé pour le criblage et un isolement de 10 jours est également de mise. Au terme des 10 jours d'isolement et en l'absence de symptômes depuis au moins 48 heures, un test antigénique de contrôle (préféré au test PCR qui peut rester positif plus longtemps) est effectué. S'il est positif, une nouvelle période de 7 jours d'isolement est appliquée, le retour au sport ne se faisant ensuite qu'après avis médical.

Et pour les cas contacts étroits ?
Nous avons joué la carte de la sécurité et toute personne ayant côtoyé sans masque, au cours des 48 heures précédentes, un sujet positif est considérée comme un cas contact étroit et doit faire un test PCR ou un test antigénique. En cas de positivité, les mesures sont les mêmes que pour les cas suspects symptomatiques. Si le test est négatif, la durée de l'isolement varie selon que le cas contact partage ou non le même domicile que le cas confirmé.
Si l'isolement a lieu au même domicile, il doit se poursuivre jusqu'à 7 jours après la guérison du cas confirmé. Sinon, il est de 7 jours après le dernier contact. Ces mesures s'appliquent que le sujet cas contact soit ou non vacciné.

Quelles sont vos préconisations à l'heure du déconfinement progressif ?
Même si la proportion de personnes vaccinées va augmenter assez rapidement, il est essentiel d'être très vigilant sur les gestes barrière, tout particulièrement cet été puis au moins jusqu'à la fin de l'année, en raison de la part croissante des variants, brésiliens et sud-africain notamment. Chacun doit être convaincu de l'importance de ces mesures de prévention et être responsable de ses comportements. Il faut adopter les bons gestes tous ensemble, peut être continuer à porter un masque à long terme dans les transports en commun ou quand on est malade... et faire preuve d'humilité face à ce virus, certes microscopique, mais qui a bouleversé la planète !

©vidal.fr

Pour en savoir plus

- Club des cardiologues du sport. Les dix règles d'or


- Thelliez P. Vidal Actualités. Le muscle cardiaque à l'épreuve de la COVID-19. Actualités Vidal . 10 septembre 2020. 

- Ministère chargé des Sports. 8 mai 2021. Le certificat médical de non-contre indication à la pratique sportive remplacé par un questionnaire de santé pour les mineurs.

 

Sources : VIDAL

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Morgan15 Il y a 3 mois 0 commentaire associé

Qui maîtrisent les méthodes de soins à contribuer aux malades et qui disposent des éléments médicamenteux pour être présomptueux à une rémission totale.Cela est encore vérifié que parmi les effets collatéraux , il y 'en des séquelles résiduelles qui persistent et à savoir la nature et la durée .L 'idéal est de ne pas s'exposer à la contamination en prenant toutes les mesures possibles pour ne pas avoir à être le sujet d' un pronostic défavorable. Le vaccin reste l 'unique espoir pour prétendre à vivre avec beaucoup moins de risques et de mise en jeux de sa propre santé.Un virus est imprévisible dans son évolution et sa capacité de nocivité .Vaut mieux prévenir que guérir. Santé à tout le monde .

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Morgan15 Il y a 3 mois 0 commentaire associé

Toutes les mesures de précautions avancées par les comités scientifiques doivent être suivis rigoureusement pour ne pas développer cette grave infection virale car une le sujet est positif doit subir le protocole des soins chez des structures de santé qui maîtrisent 

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