COVID-19 : le Gouvernement ouvre la vaccination aux patients vulnérables à très haut risque

- Date de publication : 19 janvier 2021
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Le 14 janvier 2021, le ministre des Solidarités et de la Santé a annoncé que, dès le 18 janvier 2021, les personnes vulnérables à très haut risque de formes graves et de décès liés à la COVID-19 pourraient être vaccinées, à l’instar des personnes âgées de plus de 75 ans. Cette décision, qui concerne environ 800 000 patients, a été prise conformément à une note du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale sur la très haute priorité des personnes à très haut risque.

Le choix des personnes concernées s’est fait à partir des données existantes sur les facteurs de risque de forme sévère de COVID-19 et également sur les données de mortalité liée à cette infection pour chacune des populations vulnérables, observées depuis le début de la pandémie. Parmi les affections concernées, le ministère a pris soin de détailler précisément les maladies rares qui représentent un très haut risque de mortalité liée à la COVID-19.

Les personnes concernées pourront choisir d’être vaccinées au sein des services hospitaliers où elles sont suivies ou dans les centres de vaccination établis sur l’ensemble du territoire. Dans ce cas, une prescription médicale de leur médecin traitant sera nécessaire pour bénéficier de cette vaccination sans critère d’âge.
Les personnes à très haut risque pour la COVID-19 peuvent être vaccinées à partir du 18 janvier 2021 (illustration).

Les personnes à très haut risque pour la COVID-19 peuvent être vaccinées à partir du 18 janvier 2021 (illustration).


Comme annoncé par le ministre des Solidarités et de la Santé le 14 janvier 2021, le gouvernement a décidé que les patients vulnérables à très haut risque, tels que définis par le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, pourront être vaccinés de manière progressive, à compter du 18 janvier 2021. Le gouvernement estime qu'environ 800 000 personnes sont concernées.
Cette décision a été prise après que le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale a remis au ministre des Solidarités et de la Santé une note relative à la vaccination en très haute priorité des personnes à très haut risque. Cette décision est cohérente avec l'avis de la Haute Autorité de santé sur la possibilité de prendre en compte des facteurs de risque individuel, au-delà du critère d'âge, qui demeure prépondérant dans la priorisation de la vaccination.

Quels sont les patients concernés ?
Les patients concernés (hors personnes de plus de 75 ans déjà autorisées à être vaccinées dès le 18 janvier) sont ceux :
  • atteints de cancers et de maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie (environ 100 000 personnes dans les 3 mois à venir) ;
  • atteints de maladies rénales chroniques sévères (200 000 personnes en insuffisance rénale chronique de stade 4 [DFG < 30 ml/min/1,73 m2], plus 50 000 patients dialysés) ;
  • transplantés d'organes solides (environ 80 000 patients) ;
  • transplantés par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques (environ 5 000 patients) ;
  • atteints de polypathologies chroniques et présentant au moins deux insuffisances d'organes (entre 100 et 200 000 patients) ;
  • atteints de certaines maladies rares et particulièrement à risque en cas d'infection (voir ci-dessous, environ 100 à 120 000 personnes) ;
  • atteints de trisomie 21 (environ 65 000 personnes).

Cette liste a été établie à partir des facteurs de risque de formes graves (connus à partir de diverses études, dont OpenSAFELY, voir notre article sur cette étude), et aussi des données de mortalité liée à la COVID-19 dans chaque pathologie, selon les données de l'Assurance maladie. Ainsi, des facteurs de risque bien identifiés, comme l'obésité morbide ou les maladies respiratoires chroniques, ne sont pas concernés par cette première liste, du fait de leur taux de mortalité moins élevé. Ces autres comorbidités, identifiées comme facteurs de risque par la Haute Autorité de santé dans son avis du 27 novembre 2020, feront l'objet d'une vaccination prioritaire dans un deuxième temps.
Néanmoins, l'item « atteints de polypathologies chroniques et présentant au moins deux insuffisances d'organes » contiendra des patients présentant ces facteurs de risque associés à d'autres comorbidités.

Vaccination contre la COVID-19 et maladies rares
Pour la première fois, les autorités sanitaires ont publié une liste précise des maladies rares qui exposent à une mortalité élevée en cas de COVID-19 et, donc, justifient une vaccination en très haute priorité. Les coordinateurs des filières de santé maladies rares (FMSR) ont été contactés afin d'identifier les personnes pour lesquelles leur condition médicale pouvait justifier une vaccination en toute première priorité contre la COVID-19.
Cette liste, établie selon les informations disponibles à ce jour, a vocation à être évolutive. De plus, les recommandations de vaccination pourront être adaptées au cas par cas selon les avis médicaux.
Pour citer quelques exemples de maladies rares concernées :
  • maladies auto-immunes systémiques rares (patients qui vont recevoir des corticoïdes > 15 mg/j pendant plus de 3 semaines ou patients qui vont recevoir des immunosuppresseurs et du rituximab), soit environ 20 000 personnes ;
  • maladies rénales rares (environ 10 000 patients) ;
  • myopathies avec capacités vitales forcées < 70 % (soit 20 à 40 000 patients) ;
  • sclérose latérale amyotrophique (5 à 6 000 patients) ;
  • maladies osseuses rares (environ 10 000 patients) ;
  • etc.

Les modalités de cette vaccination en très haute priorité
Différentes filières d'accès vont être mises en œuvre pour l'accès au vaccin des pathologies ultra-prioritaires :
  • au sein des services où elles sont suivies (centres de dialyse, centres de lutte contre le cancer, par exemple) ;
  • dans les centres de vaccination avec inscription par téléphone ou internet en très haute priorité.

Le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale recommande que cet accès en très haute priorité fasse l'objet d'une information spécifique urgente :
  • aux autorités de santé régionales et locales ;
  • aux centres de vaccination ;
  • aux établissements de santé ;
  • aux sociétés savantes, collèges, médecins spécialistes et généralistes ;
  • aux associations de patients concernées.

Cette information est, pour le Conseil, la condition d'une mise en œuvre effective et d'un accès équitable, de tous les patients concernés, aux informations utiles pour un accès rapide à la vaccination. Une communication en direction du grand public sera également indispensable pour expliquer, en toute transparence, la nécessité de vacciner en priorité ces personnes.
Compte tenu de la nécessité de s'assurer du respect des critères médicaux, ces patients ultra-prioritaires devront avoir une prescription médicale de leur médecin traitant pour bénéficier de la vaccination sans critère d'âge dans les centres de vaccination.

Pour aller plus loin

Le communiqué de presse du ministère des Solidarités et de la Santé sur la vaccination des patients à très haut risque, 14 janvier 2021

La note du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale
Note relative à la vaccination en très haute priorité des personnes à très haut risque, Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, 13 janvier 2021

L'avis de la Haute Autorité de santé sur la stratégie de priorisation
Stratégie de vaccination contre le Sars-CoV-2 - Recommandations préliminaires sur la stratégie de priorisation des populations à vacciner, 27 novembre 2020

L'étude OpenSAFELY qui explore les facteurs de risque de formes sévères
Williamson E, Walker AJ, Bhaskaran K et al. OpenSAFELY: factors associated with COVID-19-related hospital death in the linked electronic health records of 17 million adult NHS patients, Nature volume 584, pages 430–436 (2020)

Notre article sur l'étude OpenSAFELY
Étude OpenSAFELY sur les facteurs de risque de mortalité dans la COVID-19 : résister à « l'erreur du Tableau 2 », VIDAL Actus, 14 mai 2020

La liste de maladies rares justifiant une vaccination en très haute priorité contre la COVID-19
Vaccination en très haute priorité des personnes à très haut risque, Filières de Santé Maladies Rares, 13 janvier 2021

Sources : Ministère des Solidarités et de la Santé

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