Les chiffres de Santé publique France : des données qui vont dans le bon sens

Par Francois TREMOLIERES -
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À la suite de l’article publié la semaine dernière, voici un résumé des chiffres communiqués par Santé publique France concernant la semaine 15 (du 6 au 12 avril 2020), qui apportent de nouveaux enseignements, plutôt optimistes, sur l’épidémie COVID-19.
Cette actualisation fait notamment apparaître une baisse importante et récente du nombre de consultations pour suspicion de COVID-19. 
Dans l'attente d'un essoufflement de l'épidémie COVID-19

Dans l'attente d'un essoufflement de l'épidémie COVID-19


Le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé publique France, en date du 16 avril 2020, livre les données recueillies en semaine 15, soit du 6 au 12 avril 2020, à partir du recueil de nombreuses données provenant de bases différentes.    
 
Le nombre de consultations pour suspicion de COVID-19 en baisse de 40 %
Le nombre de consultations pour suspicion de COVID-19 pour la semaine 15 (du 6 au 12 avril 2020) a été estimé par :
 
  • Le réseau Sentinelles  
7 155 nouveaux cas de COVID-19 ont consulté un médecin généraliste en semaine 15 versus 28 241 (résultats consolidés) en semaine 14 et 90 607 en semaine 13. On observe donc une diminution très importante des consultations en cabinet.
Pour cette semaine 15, le taux de consultations pour COVID-19, y compris les téléconsultations, a été estimé à 170/100 000 habitants. Il y aurait donc eu entre 110 000 et 120 000 consultations, en diminution de près de 50 % par rapport à la semaine 14 (environ 230 000 consultations). De plus, près de 90 % des consultations auraient été des téléconsultations.
À l'échelon régional, les taux d'incidence les plus élevés en semaine 15 ont été constatés dans les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur (n = 217), Grand Est (n = 208) et Île-de-France (194/100 000 habitants). Toutefois, les résultats présentés nécessitent d'être lus avec précaution et devront être consolidés dans les semaines à venir.
 
  • SOS Médecins
 5 256 consultations ont été comptabilisées en semaine 15, en baisse de 40 % par rapport à la semaine 14 (8 790), la semaine 13 (12 167) et la semaine 12 (9 133). Et ce, pour un total de 37 962 actes médicaux pour suspicion de COVID-19 depuis le 3 mars 2020.
 
  • Le réseau Oscour®
Le nombre de passages aux urgences pour suspicion de COVID-19 a été de 19 037 en semaine 15, versus 27 066 en semaine 14 et 31 615 en semaine 13. Cela représente 12 % de l'activité des urgences.
Par ailleurs, 43 % des passages aux urgences ont fait l'objet d'une hospitalisation en semaine 15. Ce taux est stable par rapport à la semaine 14, mais il reste plus élevé chez les sujets âgés, s'élevant à 57 % chez les 65-74 ans et à 83 % chez les 75 ans ou plus. Au total, 104 682 passages aux urgences pour suspicion de COVID-19 ont été enregistrés depuis le 24 février 2020.
En résumé, près de 145 000 patients ont été vus durant la semaine cible (semaine 15) dans une structure de consultation – y compris par téléconsultation pour une suspicion de COVID-19 –, chiffre en diminution d'environ 40 % par rapport à la semaine 14.
 
Surveillance virologique : un taux de positivité de 25 %
Concernant la biologie médicale, les résultats ont été collectés via le réseau 3 labo (Cerba, Eurofins, Biomnis). Les prélèvements provenaient de 1 500 laboratoires de ville et de 134 établissements de santé. Les premiers tests de diagnostic SARS-CoV-2 datent du 9 mars 2020 et, au 14 avril, 98 073 tests avaient été réalisés, parmi lesquels 24 456 étaient positifs, soit un taux de positivité de 25 %.
Les laboratoires hospitaliers ont effectué, du 24 février au 12 avril, 365 589 tests dont 89 142 positifs pour le SARS-CoV-2. Le taux de positivité des tests était de 24 %.
 
Nombre de cas confirmés de COVID-19 depuis janvier : entre 100 000 et 130 000 cas
Entre le 21 janvier et le 14 avril 2020, 103 573 cas de COVID-19 ont été confirmés en France.
Cependant, les patients ayant des signes évocateurs de COVID-19 ne sont plus systématiquement classés et confirmés par test biologique. Le nombre réel de cas de COVID-19 en France est donc supérieur au nombre de cas confirmés. Selon l'évaluation effectuée par l'outil gisanddata, le nombre de cas était de 131 365 au 14 avril 2020.
 
Plus de 30 000 cas de COVID-19 parmi le personnel des établissements sociaux médico-sociaux depuis fin mars
Depuis le 28 mars 2020 et jusqu'au 14 avril, 5 340 établissements ont signalé un épisode concernant un ou plusieurs cas liés à la COVID-19. Il s'agissait de 3 087 (66 %) établissements d'hébergement pour personnes âgées (EPHAD et autres établissements) et de 1 828 (34 %) autres établissements médico-sociaux (EMS).
Les 5 340 signalements correspondaient à un total de 54 493 cas de COVID-19 (17 654 cas confirmés et 36 839 cas possibles), parmi lesquels 6 524 sont décédés dans ces établissements (mais 1 955 sont morts après un transfert dans un hôpital, et ont été comptés dans les statistiques des hôpitaux).
En plus de ces chiffres, 30 443 cas de COVID-19 ont été rapportés parmi le personnel des établissements sociaux et médico-sociaux : 11 507 cas confirmés et 18 936 cas possibles (cfTableau I).
 
Tableau I - Nombre de signalements de cas de COVID-19 et de décès chez les résidents et le personnel en EHPA et EMS rapportés du 1 mars au 14 avril 2020 en France

1- Établissements d'hébergement pour personnes âgées (EHPAD et autres établissements-EHPA, résidences autonomie, résidences seniors)
2- Hébergement pour personnes handicapée (FAM, IME, autres établissements pour enfants (ITEP, EAAP, IEM, Instituts pour déficient auditifs et visuels), autre établissements pour adultes (foyer de vie, foyer d'hébergement)
3- Aide social à l'enfance (centres départementaux de l'enfance, foyers de l'enfance, MECS)
4- Autres établissements (LAM, LHSS, SCAPA avec hébergement)
5- Le total inclut les signalements dont le type d'établissement n'est pas renseigné
6- Un signalement COVID-19 est défini par la survenue d'au moins un cas COVID-19 confirmé ou possible.
7- Cas confirmé COVID-19 : toute personne, symptomatique ou non, avec un prélèvement confirmant l'infection par le SARS-CoV-2 parmi les personnes résidentes ou les membres de personnel d'un EMS/EHPA.
8- Cas possible COVID-19 : fièvre (ou sensation de fièvre) avec des signes respiratoires (comme la toux, un essoufflement ou une sensation d'oppression thoracique) OU autre tableau clinique compatible avec le COVID-19 selon le médecin, parmi les personnes résidentes ou les membres de personnel d'un EMS/EHPA.
9- Cas possibles et confirmés décédés 


Hospitalisations et admissions en réanimation en baisse et retours à domicile en augmentation
Le 14 avril 2020, 32 292 cas de COVID-19 étaient hospitalisés en France. Parmi eux, 7 131 l'étaient dans un service de réanimation.
Du 1er mars au 14 avril, 71 903 patients ont été hospitalisés (âge médian de 70 ans) et 10 129 sont décédés dans les hôpitaux (71 % étaient âgés de 75 ans et plus).
Les régions Grand Est, Île-de-France, Bourgogne-Franche-Comté et Hauts-de-France sont celles ayant rapporté les plus forts taux d'hospitalisation de patients COVID-19.
L'évolution des nouvelles hospitalisations pour COVID-19 a montré une diminution au cours de la semaine 15 : 19 056 cas versus 23 768 en semaine 14.
Le nombre journalier de nouvelles admissions en réanimation de patients COVID-19 était en diminution en semaine 15 : soit 2 753 contre 4 495 en semaine 14. Le nombre de décès s'est également stabilisé : il était de 3 452 en semaine 15 et de 3 404 en semaine 14.
Le nombre de cas hospitalisés en réanimation s'était stabilisé à un niveau élevé à compter du 5 avril et a amorcé une diminution depuis le 8 avril. Au 16 avril, il a été enregistré une baisse de 736 patients en réanimation.
De plus, au 14 avril, 28 805 patients étaient retournés chez eux. Cette augmentation des retours à domicile se poursuit en début de semaine 16.
 
Description de cas graves admis en réanimation
Une surveillance spécifique, débutée mi-mars, s'est appuyée sur le réseau Sentinelles des services de réanimation volontaires. Elle a pour objectif de documenter les caractéristiques des cas graves de COVID-19 admis en réanimation.
Depuis le 16 mars 2020, 2 806 cas ont été rapportés par 144 services de réanimation participant à cette surveillance, dont 237 cas admis en semaine 15 (contre 710 en semaine14 et 1 035 en semaine 13).
Une confirmation virologique a été rapportée pour 2 535 patients admis en réanimation (90 %) ainsi qu'un résultat de scanner avec présence de lésions évocatrices de COVID-19 pour 635 patients (23 %).
Parmi les 2 806 cas, l'âge moyen était de 61 ans (18 % étaient âgés de 75 ans et plus) et 76 étaient des professionnels de santé. Parmi ces 2 806 cas, le ratio homme/femme était de 2,7 (73 % d'hommes) et la majorité des malades (67 %) présentait au moins une comorbidité.
Des données complémentaires sont disponibles pour un sous-groupe de 942 patients. Le délai médian d'admission en réanimation à la suite de l'apparition des premiers signes était de 8 jours.
Parmi l'ensemble des cas signalés, 291 décès ont été rapportés et 735 patients sont sortis de réanimation.
Concernant le groupe de 646 personnes sorties de réanimation pour lesquelles l'information était disponible, la durée médiane de séjour en soins intensifs a été de 7 jours.
L'âge moyen des patients était de 70 ans (37 % des personnes décédées étaient âgées de 75 ans et plus) et 84 % avaient au moins une comorbidité. Les comorbidités les plus fréquemment rapportées étaient une pathologie cardiaque (36 %), un diabète (30 %) et une atteinte pulmonaire (23 %). Cinq malades décédés étaient des professionnels de santé et il y a eu un décès chez un enfant de moins de 10 ans.
Une co-infection ou une surinfection a été rapportée pour 124 cas (4 %). Les agents infectieux les plus fréquents étaient : Staphylococcus aureus (21 cas), Streptococcus pneumoniae (20 cas) et Haemophilus influenzae (14 cas).
 
Synthèse des données recueillies
Au cours de la semaine 15 (du 6 au 12 avril 2020) :
  • La diminution des consultations et des visites pour COVID-19 (via la médecine générale, SOS Médecins ou les urgences hospitalières) se confirme : elle est de l'ordre de 40 % et traduit une baisse des nouvelles contaminations.
  • On constate une diminution des nouvelles hospitalisations et des nouvelles admissions en réanimation de patients COVID-19.
  • Après une stabilisation à un niveau élevé du nombre de patients hospitalisés, on constate l'amorce d'une diminution du nombre de patients hospitalisés en réanimation.
  • Parmi les malades en réanimation, au moins 67 % avaient des comorbidités et 50 % étaient âgés de 65 ans et plus.
  • Parmi les patients décédés, 84 % avaient des comorbidités et 92 % étaient âgés de 65 ans et plus.
  • À l'échelon national, un excès de mortalité de toutes causes a été estimé à +16 % en semaine 12 et à +34 % en semaine 13. Les personnes âgées de 65 ans ou plus étaient majoritairement concernées. Les régions Grand Est, Île-de-France, Hauts-de-France, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes et Centre-Val-de-Loire avaient des taux d'excès de mortalité, de toutes causes, supérieurs à la moyenne nationale (données exactes en attente).

Au total, il est confirmé que les personnes âgées sont particulièrement touchées, et encore bien plus les collectivités de personnes âgées.
De plus, les malades ayant des comorbidités sont aussi fortement touchés par l'épidémie COVID-19.
La note finale est plus optimiste : l'évolution a été favorable pour la majorité des patients et, au16 avril, près de 33 000 personnes étaient retournées à leur domicile à la sortie de l'hôpital.
 
©vidal.fr

Source
 Santé publique France. Mise à jour en date du 17 avril 2020

 

Sources : Santé Publique France, VIDAL

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