Coqueluche : la distribution des vaccins pentavalents reprend en ville, de manière contingentée

Par DAVID PAITRAUD - Date de publication : 09 Décembre 2015
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L'ANSM propose un point d'étape sur la pénurie des vaccins tétravalents (INFANRIXTETRA, TETRAVAC-ACELLULAIRE) et pentavalents (INFANRIXQUINTA et PENTAVAC).

Ces vaccins sont indiqués dans la prévention de la diphtérie, du tétanos, de la poliomyélite et de la coqueluche, pour les vaccins tétravalents et, de plus, contre les infections invasives à Haemophilus influenzae type b pour les vaccins pentavalents.


Depuis plusieurs mois, ces vaccins font l'objet de tensions d'approvisionnement persistantes se traduisant par des ruptures de stock ponctuelles en ville.  

Fragilisant l'application de la politique vaccinale chez les nourrissons, cette situation tendue a conduit le Haut Conseil de la Santé publique (HCSP) à établir, dès le mois de février dernier, des recommandations vaccinales transitoires.
Selon ces recommandations, le vaccin hexavalent INFANRIXHEXA, comportant  en outre la valence contre l'hépatite B, peut être utilisé pour la vaccination des nourrissons  en période de pénurie des vaccins pentavalents.


Ce report contraint vers le vaccin hexavalent a cependant soulevé un mouvement de contestation, faisant renaître les polémiques au sujet des risques liés aux adjuvants et à la vaccination contre l'hépatite B, notamment chez les nourrissons dès l'âge de 2 mois.

Dans ce contexte, l'ANSM annonce un assouplissement des conditions de mise à disposition en ville des vaccins pentavalents,  INFANRIXQUINTA et PENTAVAC, pour lesquels une distribution contingentée est mise en place dans les pharmacies.
Ces vaccins restent toutefois distribués de façon prioritaire auprès des PMI et des centres de vaccination. 

 
Les vaccins pentavalents INFANRIXQUINTA et PENTAVAC sont remis à disposition en ville de manière contingentée.

Les vaccins pentavalents INFANRIXQUINTA et PENTAVAC sont remis à disposition en ville de manière contingentée.


L'année 2015 a été marquée par des tensions d'approvisionnement en vaccins combinés tétravalents, indiqués dans la prévention conjointe de la diphtérie, du tétanos, de la coqueluche et de la poliomyélite, et pentavalents, comportant une 5e valence contre les infections invasives à Haemophilus influenzae type b (méningites, septicémies, cellulites, arthrites, épiglottites, etc.)  : 
  • Vaccins du laboratoire GlaxoSmithKline (GSK) :
    • INFANRIXTETRA suspension injectable en seringue préremplie (vaccin diphtérique, tétanique, coquelucheux acellulaire, poliomyélitique inactivé, adsorbé) ;
    • INFANRIXQUINTA poudre et suspension pour suspension injectable (vaccin diphtérique, tétanique, coquelucheux acellulaire et multicomposé, poliomyélitique inactivé et conjugué de l'Haemophilus type b, adsorbé).
  • Vaccins du laboratoire Sanofi Pasteur MSD SNC :
    • TETRAVAC-ACELLULAIRE suspension injectable en seringue préremplie (vaccin diphtérique, tétanique, coquelucheux acellulaire et multicomposé, et poliomyélitique inactivé, adsorbé) ;
    • PENTAVAC poudre et suspension pour suspension injectable en seringue préremplie (vaccin diphtérique, tétanique, coquelucheux acellulaire et multicomposé, poliomyélitique inactivé et conjugué de l'haemophilus type b, adsorbé).

TETRAVAC-ACELLULAIRE, PENTAVC et INFANRIXQUINTA sont notamment utilisés pour la primovaccination des nourrissons dès l'âge de 2 mois.

Tout au long de l'année, ces quatre vaccins ont fait l'objet de ruptures de stock en ville, occasionnant une fragilisation des recommandations vaccinales en vigueur (voir notre article du mars 2015).

INFANRIX HEXA, recommandé par le HCSP pour palier la pénurie en vaccins tétra et pentavalents 
Cette situation d'approvisionnement tendu a conduit le Haut Conseil de Santé publique (HCSP) à établir des recommandations vaccinales transitoires dès le mois de février dernier, afin de limiter au maximum les répercussions, en terme d'observance, sur la vaccination des nourrissons et des enfants jusqu'à 6 ans (voir notre article du mars 2015).

Selon ces recommandations, le vaccin hexavalent (INFANRIX HEXA poudre et suspension pour suspension injectable en seringue préremplie), comportant une 6e valence contre l'hépatite B et dont la disponibilité était régulièrement assurée, est recommandé chez le nourrisson pour remplacer les vaccins pentavalents en période de pénurie, selon le schéma vaccinal en vigueur :
  • 1 injection à 2 mois, 1 injection à 4 mois et 1 rappel à 11 mois.
Pour le HCSP, ces recommandations provisoires ont deux priorités :
  • maintenir la vaccination des nourrissons contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la coqueluche, selon un schéma à 2 doses plus 1 rappel ;
  • maintenir la stratégie du cocooning dans le cadre de la vaccination contre la coqueluche, destinée à éviter que des adultes ne contaminent les nourrissons non en âge d'être vaccinés.
Dans son avis du 25 février 2015, le HCSP indiquait que 90 % des nourrissons recevaient le vaccin hexavalent.
Toutefois, prenant en compte le fait que des familles pouvaient ne pas souhaiter que leur enfant reçoive la valence contre l'hépatite B, le HCSP les invitait à contacter les centres de PMI où des stocks de vaccins pentavalents sont encore disponibles (page 3 sur 5 de l'avis du HCSP de février 2015).

Mais la vaccination contre l'hépatite B est controversée, notamment chez le nourrisson
Contrairement à la vaccination DTP, la vaccination contre l'hépatite B n'est pas obligatoire.
Elle est même rejetée par certains en raison des risques potentiels de maladie neurodégénérative de type sclérose en plaques dont elle a été accusée (voir Relevé épidémiologique hebdomadaire, OMS 22 novembre 2002, 47 (77) 389–404). 

Le report des prescriptions et des délivrances vers le vaccin hexavalent a soulevé un mouvement de contestation, notamment relayé par une pétition lancée sur internet au mois de mai dernier par le Pr Henri Joyeux et dont le nombre de signataires a dépassé les 750 000 à ce jour.

Les auteurs de ce mouvement dénoncent les conséquences de la pénurie de vaccin DTP qui oblige les patients à utiliser le vaccin hexavalent, faute d'alternative.
Ils dénoncent également la présence d'aluminium et de formaldéhydes, qu'ils jugent dangereux, et le coût plus élevé du vaccin hexavalent (voir Encadré 1).
 
Encadré 1 - Prix de vente des vaccins tetra, penta et hexavalents
Vaccins tétravalents Vaccins pentavalents Vaccin hexavalent
INFANRIXTETRA
TETRAVAC-ACELLULAIRE
INFANRIXQUINTA
PENTAVAC
INFANRIX HEXA
14,06 € TTC 26,33 € TTC 39,04 € TTC


D'un point de vue scientifique, à ce jour, les études n'ont pas montré de surrisque évident des vaccins avec adjuvants par rapport aux vaccins sans adjuvants (voir la mise au point de 2012 de l'Académie de médecine sur les adjuvants vaccinaux et l'avis de 2013 du HCSP sur l'aluminium). 

Sujet de santé publique très sensible, régulièrement débattu dans la communauté scientifique et civile (notre article du 20 mars 2015), un rapport sur la politique vaccinale en France  a été demandé par Manuel Valls
Dirigé par la députée Sandrine Hurel, ce rapport était initialement attendu pour septembre 2015.

En ville : reprise de la distribution des vaccins pentavalents mais de manière contingentée
Dans ce contexte persistant de pénurie en vaccins tétra et pentavalents, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a annoncé le 4 décembre 2015 un assouplissement les conditions de mise à disposition des doses de vaccins pentavalents combinés contenant la valence coqueluche (voir Information de sécurité de l'ANSM).

Les pharmacies de ville peuvent en effet bénéficier d'une distribution contingentée du vaccin pentavalent, leur distribution restant toutefois prioritaire dans les centres de PMI et de vaccinations.

La remise à disposition dans des conditions normales n'est pas évoquée.

Pour aller plus loin
Vaccins combinés contenant la valence coqueluche - Tensions d'approvisionnement (ANSM, 4 décembre 2015)
Avis du HCSP du 25 février 2015 relatif aux ruptures de stock et aux tensions d'approvisionnement des vaccins combinés contenant la valence coqueluche (publié le 9 mars 2015)
Le gouvernement confie une mission à Sandrine Hurel sur la politique vaccinale en France (Ministère de la santé, 28 février 2015)

Sur Vidal.fr
L'obligation de vaccination par le DTP est légitime, juge le Conseil Constitutionnel. Mais doit-elle être maintenue ? (20 mars 2015)
Vaccins combinés contenant la valence coqueluche : tensions d'approvisionnement et recommandations du HCSP (10 mars 2015)
 

Sources : ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament)

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