Interféron alfa

Mise à jour : 03 Juin 2014

Mécanisme d'action

Les interférons sont une famille de petites molécules protéiques d'un poids moléculaire d'environ 15 000 à 21 000 daltons. Ils sont produits et sécrétés par les cellules en réponse à des infections virales ou à différents inducteurs synthétiques et biologiques. Trois classes majeures d'interférons ont été identifiées : alpha, bêta et gamma. Ces 3 classes principales ne sont pas elles-mêmes homogènes et peuvent regrouper plusieurs espèces moléculaires différentes d'interféron. Plus de 14 interférons alfa humains génétiquement différents ont été identifiés.

Les interférons exercent leurs activités cellulaires en se fixant à des récepteurs spécifiques de la membrane cellulaire. Les récepteurs de l'interféron humain, isolés de lymphoblastes humains (Daudi), se révèlent être des protéines hautement asymétriques. Ils font preuve de sélectivité pour les interférons humains, mais pas pour les interférons murins, ce qui suggère une spécificité d'espèce. Des études effectuées avec d'autres interférons ont permis de démontrer cette spécificité d'espèce. Cependant, certaines espèces de singes comme le singe rhésus sont sensibles à une stimulation pharmacodynamique après exposition à des interférons humains de type 1.

Les résultats de plusieurs études suggèrent qu'une fois fixé à la membrane cellulaire, l'interféron déclenche une séquence complexe de réactions intracellulaires et notamment l'induction de certaines enzymes. On pense que ce processus est responsable, du moins en partie, des diverses réponses cellulaires à l'interféron, telles que l'inhibition de la réplication virale dans les cellules infectées par des virus, la suppression de la prolifération cellulaire et des activités immunomodulatrices comme l'augmentation de l'activité phagocytaire des macrophages et l'augmentation de la cytotoxicité spécifique des lymphocytes pour les cellules cibles. Ces activités, dans leur ensemble ou individuellement, pourraient contribuer aux effets thérapeutiques de l'interféron.

L’interféron alfa-2a a démontré qu'il possédait de nombreuses propriétés de l'interféron alfa naturel humain. Il exerce ses effets antiviraux en induisant une résistance cellulaire aux infections virales et en modulant les effecteurs du système immunitaire de façon à neutraliser les virus ou éliminer les cellules infectées par le virus.

Le mécanisme essentiel de l'activité antitumorale de l’interféron alfa-2a  n'est pas encore connu. Néanmoins, il a été constaté un certain nombre de modifications dans les cellules tumorales humaines traitées par cette substance : dans les cellules HT 29, on observe une diminution significative de la synthèse de l'ADN (acide désoxyribonucléique), de l'ARN (acide ribonucléique) et des protéines. L’interféron alfa-2a exerce in vitro une activité antiproliférative à l'égard de diverses tumeurs humaines. Il inhibe la croissance de certaines tumeurs humaines greffées chez les souris nude.

L'interféron alfa-2b recombinant a fait preuve d'effets antiprolifératifs dans des études utilisant à la fois des systèmes de cultures cellulaires animales et humaines et des hétérogreffes de tumeurs humaines chez l'animal. Le produit a également révélé une activité immunomodulatrice significative in vitro.

L'interféron alfa-2b recombinant inhibe également la réplication virale in vitro et in vivo. Bien que le mode d'action antiviral exact de l'interféron alfa-2b recombinant ne soit pas connu, il semble modifier le métabolisme de la cellule hôte. Cette action inhibe la réplication virale ou, si celle-ci se produit, les virions fils sont incapables de quitter la cellule.


Cas d'usage

L’interféron alfa-2a est utilisé dans la prise en charge de :
  • cancers du rein,
  • hépatites B,
  • hépatites C,
  • leucémies à tricholeucocytes,
  • leucémies myéloïdes chroniques,
  • lymphomes malins non hodgkiniens,
  • lymphomes T cutanés,
  • mélanomes malins,
  • sarcomes de Kaposi associés au sida.
L’interféron alfa-2b est utilisé dans la prise en charge de :
  • hépatites B,
  • hépatites C,
  • leucémies à tricholeucocytes,
  • leucémies myéloïdes chroniques,
  • lymphomes malins non hodgkiniens,
  • myélomes multiples,
  • mélanomes malins,
  • tumeurs carcinoïdes.


Médicaments contenant la substance active en association (0)