La vaccination contre la COVID-19 ?

Mis à jour : Vendredi 04 février 2022

Depuis le début de l’année 2021, plusieurs vaccins contre la COVID-19 sont disponibles en France :

  • deux vaccins dits « à ARN messager » sans adjuvant : COMIRNATY des laboratoires Pfizer/BioNTech et SPIKEVAX des laboratoires ModeRNA ;
  • deux vaccins à ADN recombinant sans adjuvant : VAXZEVRIA des laboratoires AstraZeneca (en partenariat avec l’Université d’Oxford) et COVID-19 VACCINE JANSSEN des laboratoires Janssen ;
  • un vaccin protéique recombinant avec adjuvant : NUVAXOVID des laboratoires Novavax (mise à disposition prévue fin février 2022).

Quelle efficacité et sécurité pour ces vaccins contre la COVID-19 ?

L’efficacité et la sécurité de ces vaccins ont été évaluées dans des essais cliniques de grande taille menés en 2020 et 2021. En termes d’efficacité :

  • Le vaccin COMIRNATY (Pfizer/BioNTech) semble d’une grande efficacité (95 % de taux de protection sur l’ensemble des données analysées) pour prévenir les formes symptomatiques légères à modérées de COVID-19 chez les personnes n’ayant jamais été infectées par SARS-CoV-2. L’efficacité apparaît rapidement avec un taux de protection de 52,4 % dès la première injection.
    Cette efficacité semble se maintenir à travers divers sous-groupes évalués selon leur âge, leur sexe, leur origine ethnique et leur facteurs de risque (notamment une maladie exposant à une forme grave de COVID-19). Par ailleurs, les observations de vie réelle faites chez les personnes âgées, y compris en France, ont montré que ce vaccin est très efficace pour prévenir les formes sévères dans cette population : au moins 90 % pour les 75-85 ans et au moins 80 % pour les plus de 85 ans.
    Face aux premiers variants préoccupants identifiés depuis la fin 2020 (Alpha, Bêta, Gamma et Delta), ce vaccin a conservé une bonne efficacité, en particulier contre les formes sévères. Concernant le variant Omicron, les tout premiers résultats indiquent que l’efficacité après 2 doses de COMIRNATY semble diminuée (environ 38 %) mais l’efficacité de 3 doses semble maintenue (autour de 75 %).
    Avec une année de recul et des milliards de personnes vaccinées, le profil de sécurité de ce vaccin est rassurant, avec essentiellement des réactions habituellement observées après une vaccination, assez fréquentes, plus intenses chez les personnes de moins de 56 ans et après la seconde injection : fatigue, maux de tête, courbatures, frissons, douleurs articulaires, fièvre, etc. Chez les jeunes hommes, des cas de myocardite (inflammation du muscle du cœur) ont été signalés avec ce vaccin (1 cas pour 37 000 injections) dont la très grande majorité ont spontanément disparu en une semaine.
  • Le vaccin SPIKEVAX (Moderna) semble également d’une grande efficacité plus de 14 jours après la seconde injection (94,1 % de taux de protection sur l’ensemble des données analysées) pour prévenir les formes symptomatiques légères à modérées de COVID-19 chez les personnes n’ayant jamais été infectées par SARS-CoV-2. Cette efficacité semble également se maintenir dans divers sous-groupes évalués selon leur âge, sexe, origine ethnique ou leur risque de forme sévère.
    Comme pour COMIRNATY, ce vaccin protège contre les formes sévères chez les personnes âgées et chez celles infectées par les variants Alpha ou Delta. Concernant son efficacité contre le variant Omicron, on ne dispose pas encore de suffisamment de données (décembre 2021).
    Le profil de sécurité est également rassurant, avec essentiellement des réactions habituellement observées après une vaccination, assez fréquentes, plus intenses chez les personnes de moins de 65 ans et après la 2e injection : fatigue, maux de tête, courbatures, frissons, douleurs articulaires, fièvre, etc.
    Comme pour le vaccin COMIRNATY, chez les jeunes hommes, des cas de myocardite (inflammation du muscle du cœur) ont été signalés avec ce vaccin, avec une fréquence plus élevée qu’avec COMIRNATY (1 cas pour 10 000 injections environ). Pour cette raison, ce vaccin n'est recommandé qu'aux personnes âgées de plus de 30 ans.
  • Le vaccin VAXZEVRIA (Astrazeneca) semblait lors des études pour sa mise sur le marché un peu moins efficace avec, en moyenne, 70,4 % de protection contre les formes symptomatiques de COVID-19, avec une forte disparité entre les personnes ayant reçu une demi-dose, puis une dose complète (90 % de protection) et ceux ayant reçu deux doses complètes (62,1 %). Des données britanniques, obtenues en vie réelle, suggèrent une efficacité du vaccin AstraZeneca chez les plus de 65 ans de 94 % (taux de protection contre les hospitalisations entre 28 et 34 jours après la première injection).
    L’efficacité de ce vaccin est davantage affectée lors d’infections par les nouveaux variants, davantage que dans le cas des vaccins à ARNm. Dans le cas d’Omicron, deux injections de VAXZEVRIA ne semblent pas protéger contre ce variant. En revanche, deux injections de VAXZEVRIA suivies d’une injection de vaccin à ARNm semblent garder une bonne efficacité (autour de 70 % de protection).
    Concernant le profil de sécurité de VAXZEVRIA, des effets indésirables graves ont été très rarement observés. Il s’agit de cas de formes rares de thrombose (concernant les sinus veineux cérébraux) et de coagulation intravasculaire disséminée, en particulier chez des femmes de moins de 50 ans. Après avoir suspendu brièvement la vaccination avec ce vaccin, la Haute autorité de santé (HAS) a autorisé à nouveau son utilisation mais recommande à ce stade de n'utiliser VAXZEVRIA que pour les sujets âgés de 55 ans et plus. À la date de décembre 2021, VAXZEVRIA n’est plus utilisé dans le cadre des campagnes de vaccination en France.
  • Selon les études ayant mené à sa commercialisation, l’efficacité du COVID-19 Vaccine Janssen, qui utilise un vecteur adénoviral humain, apparaît rapidement avec un taux de protection estimé à 66,9 % deux semaines après l’injection (jusqu’à 75 % en l’absence du variant sud-africain). Elle semble se maintenir dans les divers sous-groupes évalués selon leur âge, sexe et origine ethnique. De plus, le vaccin semble avoir une bonne efficacité contre les formes graves (taux de protection d'environ 85 % à partir de 4 semaines après l'injection, y compris en présence du variant sud-africain).
    Ce vaccin, au départ administré en une seule injection, doit désormais être suivi d’un rappel avec un vaccin à ARNm 4 semaines après la première injection ou d’une 2e injection de vaccin COVID-19 Vaccin Janssen 2 mois après la 1e injection. Il est réservé aux personnes âgées de 55 ans et plus.
  • Le vaccin NUVAXOVID peut être administré aux personnes âgées de 18 ans et plus, en primovaccination (2 injections à 3 semaines d’intervalle). Il peut être administré en 2e injection chez des personnes ayant mal supporté une 1e injection avec un autre vaccin. Pour l’instant, il ne doit pas être utilisé en injection de rappel (« 3e dose »). L’efficacité du vaccin NUVAXOVID sur les formes symptomatiques de Covid-19 est estimée entre 89,7 et 90,4 % selon les essais. Une efficacité similaire a été mise en évidence chez les participants âgés de 65 à 84 ans, chez ceux atteints de comorbidités et chez ceux atteints par des variants préoccupants, en particulier le variant Alpha qui était prédominant pendant la période où les études ont été réalisées.
    Les effets indésirables locaux et généraux les plus fréquents chez les personnes âgées de 18 à 64 ans, notamment après la deuxième dose de NUVAXOVID, ont été : la sensibilité (69 %) et la douleur (58 %) au site d’injection, la fatigue (47 %), les maux de tête (43 %) ainsi que les malaises (37 %). Ces effets indésirables étaient moins fréquents après la première injection. De façon générale, la fréquence des effets indésirables était plus élevée après la deuxième injection ainsi que chez les participants de 18 à 64 ans (par rapport à ceux de 65 ans et plus).
Liste des médicaments mise à jour : Mardi 18 Octobre 2022
Vaccins à ARN messager
Qu’est-ce qu’un vaccin à ARN messager ?
Jusqu’à présent, tous les vaccins fonctionnaient sur le même principe : on introduit un agent infectieux (virus ou bactérie) tué ou affaibli ou des fragments de ces micro-organismes. L’objectif est de conduire le système immunitaire à fabriquer des anticorps et à garder la mémoire de ce premier contact, afin de nous protéger en cas d’infection ultérieure. Avec les vaccins à ARN messager, le principe est différent. Il s’agit d’amener nos cellules à fabriquer elles-mêmes un composant du virus en introduisant un ARN messager qui code pour ce composant. L’ARN messager peut par exemple coder pour la fabrication d’une protéine du virus qui ne risque pas de provoquer la maladie mais qui va stimuler le système immunitaire pour apporter une protection contre la maladie. Cet ARN messager ne peut pas modifier notre génome (ADN). Les vaccins à ARN messager sont plus simples et plus rapides à produire que les vaccins classiques. Mais, ils sont fragiles et ils doivent être conservés à basse ou très basse température. Bien qu’on manque encore de recul, les informations disponibles à ce jour concernant leur sécurité d’emploi sont rassurantes.

Le calendrier de vaccination contre la COVID-19

Dans les études cliniques, les vaccins contre la COVID-19 ont été évalués sous la forme de deux injections séparées par 3 semaines pour COMIRNATY, 4 semaines pour SPIKEVAX, 4 à 12 semaines pour VAXZEVRIA, 2 mois pour COVID-19 VACCINE JANSSEN et 3 semaines pour NUVAXOVID. Une 3e dose est indispensable pour une immunité durable (avec un vaccin à ARNm), entre 3 et 5 mois après la 2e injection.
Il est à noter que les recommandations concernant la vaccination contre la COVID-19 évoluent très rapidement. Du fait de nos délais de mise à jour et pour éviter de vous induire en erreur, nous vous invitons à vous reporter aux recommandations officielles des autorités de santé.

Quelles sont les recommandations pour les patients atteints de maladies chroniques ?

Les sociétés savantes et associations de patients qui s’occupent de personnes atteintes de maladies chroniques publient des recommandations concernant la vaccination contre la COVID-19 dans leur pathologie. Par exemple :

Comment surveillera-t-on les éventuels effets indésirables à long terme de ces vaccins ?

La rapidité de développement des vaccins contre la COVID-19 n’a pas permis d’identifier d’éventuels effets indésirables qui apparaîtraient plusieurs mois ou années après la vaccination, et cela a légitimement suscité de l’inquiétude.
Néanmoins, il faut savoir que, comme pour tout médicament, le déploiement de ces vaccins à grande échelle s’accompagne de mesures destinées à faire rapidement remonter tout effet indésirable qui apparaîtrait après la vaccination (cela ne concerne pas bien sûr les effets à court terme habituels des vaccinations, fatigue, fièvre, douleur au point d’injection). Les autorités sanitaires respectent la plus grande transparence sur ces effets indésirables imprévus. L’ANSM publie, chaque semaine, un rapport des signalements qui ont été adressés aux Centres de pharmacovigilance.
De plus, le Groupement d'Intérêt Scientifique EPI-PHARE, constitué par l'ANSM et l’Assurance maladie, collecte des informations sur la vaccination (date, dose, lieu de vaccination, etc.), les caractéristiques des personnes vaccinées (âge, sexe, maladies chroniques, etc.) et la survenue éventuelle d'événements graves après la vaccination (par exemple, une hospitalisation). L'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) a lancé une plateforme destinée à obtenir des données sur la sécurité des vaccins contre la COVID-19, en collaboration avec des réseaux de médecins généralistes et l'ANSM. Elle s'intéresse particulièrement aux personnes âgées étudiées en vie réelle.
Enfin, la cohorte Constances, pilotée par l’Assurance maladie et l’Inserm, et constituée d'un échantillon représentatif des affiliés du régime général d’Assurance maladie, âgés de 18 à 69 ans à l’inclusion, étudie, en vie réelle, 200 000 patients vaccinés et leurs éventuels événements indésirables.
Cette surveillance se fait en lien avec l'Agence européenne du médicament (EMA) via le PRAC (Pharmacovigilance Risk Assessment Committee) et son portail de déclaration des effets indésirables, EudraVigilance. Ainsi, dans le cas d'un signal détecté en France ou à l'international, les autorités compétentes des États membres de l’Union européenne s'informent mutuellement afin de prendre des dispositions concertées. De plus, l'EMA a mis en place le projet ACCESS (vACcine Covid-19 monitoring readinESS) avec le réseau des 22 centres européens de pharmaco-épidémiologie et pharmacovigilance, coordonné par l'université d'Utrecht, pour surveiller les effets indésirables dits d'intérêt des vaccins contre la COVID-19, en vie réelle. L'EMA partage également les données sur les vaccins COVID-19 au niveau international avec l'ICMRA (International Coalition of Medicines Regulatory Authorities).

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