Les traitements contre la COVID-19

Mis à jour : Vendredi 04 février 2022

À ce jour, plusieurs médicaments ont été reconnus comme apportant un certain bénéfice contre la COVID-19. Ces médicaments font partie de deux familles : les antiviraux et les anticorps monoclonaux.

Les médicaments antiviraux contre la COVID-19

Ces médicaments visent à bloquer la multiplication de SARS-CoV-2 après contamination. Ils doivent donc être rapidement administrés, dès les premiers symptômes.

Le remdésivir (VEKLURY) n'est plus commercialisé en France depuis juillet 2021. Cependant les autorités sanitaires autorisent l'utilisation des stocks disponibles en établissements de santé aux seuls patients hospitalisés atteints de COVID-19 à variant Omicron et à risque élevé de forme grave, ayant des symptômes depuis moins de 5 jours.

Le molnupiravir (LAGVERIO) a reçu un avis défavorable de la Commission de la transparence de la Haute autorité de santé pour manque de données convaincantes. Cet avis pourra être révisé si de nouvelles données favorables sont publiées.

L'association nirmatrelvir/ritonavir (PAXLOVID) a obtenu, le 21 janvier 2022, une autorisation d'accès précoce dans le traitement de la COVID-19. Il est indiqué dans le traitement de la COVID-19 chez les adultes ne nécessitant pas d'oxygénothérapie et étant à risque élevé d'évolution vers une forme grave. Ce traitement doit être administré dans les 5 jours suivant l'apparition des symptômes. Il ne dispense pas les patients du respect des mesures barrières et il n'est pas destiné à être utilisé comme substitut de la vaccination contre le SARS-CoV-2.

Les anticorps monoclonaux contre la COVID-19

Ces anticorps, produits par biotechnologie, visent à bloquer l’action de SARS-CoV-2 sur les cellules cibles. Ils sont très sensibles aux mutations du virus et l’apparition d’Omicron en a rendu plusieurs inefficaces.

Au 1er février 2022, 3 anticorps monoclonaux sont disponibles pour le traitement de l'infection par le SARS-CoV-2. Aucun de ces produits n'est destiné à être utilisé en remplacement de la vaccination contre le SARS-CoV-2.

Le RONAPREVE (casirivimab/imdevimab) est une association de deux anticorps qui a eu en France une autorisation temporaire d'utilisation en mars 2021, pour certains patients à haut risque, au tout début de leur maladie, afin de limiter le risque d'évolution vers une forme grave de la COVID-19. Il semble qu'il soit peu efficace si l'administration est trop tardive (au-delà du 5e jour). De plus, ce traitement est actif contre le variant Delta mais pas sur le variant Omicron. En ce début d'année 2022, RONAPREVE doit donc être réservé aux infections par le variant Delta et ne pas être administré en cas d'infection par le variant Omicron. En prévention pré-exposition (pour protéger les personnes immunodéprimées), RONAPREVE ne doit plus être utilisé, en raison de la prépondérance du variant Omicron en France qui dépasse, aujourd’hui, 90 %.

Le EVUSHELD (tixagévimab/cilgavimab) est une association de deux anticorps monoclonaux ayant subi des modifications pour augmenter leur durée de vie dans le sang (jusqu'à 70 à 100 jours). La protection immunitaire espérée est allongée d'autant, au moins jusqu'à 6 mois. Début février 2022, ce traitement est proposé pour la protection pré-exposition de la COVID-19 chez les patients adultes insuffisamment ou non répondeurs après un schéma vaccinal complet, ou non éligibles à la vaccination et à très haut risque de forme sévère de COVID-19. EVUSHELD est actif sur le variant Delta et il conserve une activité neutralisante malgré une perte partielle d’activité sur le variant Omicron.

Le XEVUDY (sotrovimab) est un anticorps monoclonal à double action : il empêche le virus d'infecter de nouvelles cellules et il favorise l'élimination des cellules déjà infectées. Il est disponible pour le traitement des adultes et des adolescents (âgés de 12 ans et plus et pesant au moins 40 kg) atteints de la COVID-19, qui ne nécessitent pas de supplémentation en oxygène et qui risquent d'évoluer vers une COVID-19 sévère (patients âgés, immunodéprimés ou à risque très élevé de complications). XEVUDY semble actif contre Omicron. Il doit être administré dans les 5 jours suivant l'apparition des symptômes de la COVID-19.

Par ailleurs, XAV-19 est un anticorps en cours de développement en France. La Haute autorité de santé a publié, le 28 janvier 2022, un refus d'autorisation d'accès précoce, n'ayant pu, avec les données fournies, mettre en évidence d'intérêt pour cet anticorps.

Les autres médicaments destinés à prévenir le passage en soins intensifs

Certains médicaments sont utilisés à l’hôpital pour réduire le risque d’aggravation.

La dexaméthasone, un médicament de la famille de la cortisone, réduit le pourcentage de personnes hospitalisées nécessitant une admission en service de réanimation. Elle est utilisée en ce sens depuis le printemps 2020.

Le tocilizumab (ROACTEMRA) est indiqué pour le traitement de la COVID-19 chez les adultes recevant de la dexaméthasone et nécessitant une supplémentation en oxygène ou une ventilation mécanique.

L'anakinra (KINERET) est indiqué pour le traitement de la COVID-19 chez les patients adultes atteints de pneumonie nécessitant un supplément d'oxygène et qui risquent d'évoluer vers une insuffisance respiratoire sévère.

Les médicaments qui n’ont pas montré d’efficacité

Parmi les substances dont les essais cliniques ont montré qu’elles n’avaient PAS d’efficacité en cas de COVID-19 symptomatique, on peut citer :

  • divers antibiotiques, dont l’azithromycine ;
  • la vitamine D ;
  • l'hydroxychloroquine ;
  • l'ivermectine ;
  • le nitazoxanide ;
  • la chlorpromazine ;
  • la colchicine ;
  • la ciclosporine ;
  • les antiviraux lopinavir, ribavirine, favipiravir, oseltamivir et sofosbuvir ;
  • le clofoctol (l'essai en cours par l'institut Pasteur de Lille a été suspendu en décembre 2021).

Les études sur la fluvoxamine (un antidépresseur) continuent. Pour l’instant, il est impossible de se prononcer sur l’intérêt de cette substance.

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