Les traitements de l’incontinence urinaire varient selon le type d’incontinence.
Quels sont les traitements de l'incontinence urinaire ?
Les traitements de l’incontinence urinaire mettent en œuvre des techniques de rééducation du périnée et des muscles de la vessie, mais aussi des techniques comportementales pour mieux gérer ses envies d’uriner. Parfois, le médecin prescrit des médicaments en application locale ou par voie orale. Chez la femme, si les muscles du périnée sont trop relâchés, une bandelette de polymère dite « sous-urétrale » peut être posée à travers le vagin et la peau de l'abdomen lors d’une intervention chirurgicale sous anesthésie locale ou péridurale. D’autres mesures chirurgicales sont parfois proposées.
Outre les traitements, les mesures qui permettent de réduire les facteurs favorisants ne doivent pas être négligées : limitation des apports de liquides et notamment de la consommation en thé et en café, traitement d’une éventuelle constipation, ou perte de poids en cas de surpoids.
La rééducation périnéosphinctérienne
La rééducation périnéosphinctérienne (des muscles du périnée et du sphincter de la vessie) est recommandée en premier lieu quel que soit le type d’incontinence. Elle est prescrite par un médecin et réalisée par un masseur-kinésithérapeute diplômé d'État si possible spécialisé en pelvi-périnéologie, après réalisation d'un bilan pelvien initial par le kinésithérapeute.
L'utilisation de plusieurs techniques (manuelle, biofeedback, électrostimulation) semble plus efficace que la pratique d'une seule. Le bénéfice ne peut être apprécié qu'après 15 à 20 séances.
Les traitements de l’incontinence d’effort liée à la ménopause
Le traitement de l’incontinence d’effort due à un relâchement des muscles du périnée repose sur plusieurs modalités.
La pose d’un pessaire
Un pessaire est un dispositif médical en silicone (en forme d’anneau, de cupule ou de cube) qui se place dans le vagin et qui soutient les organes du bassin, neutralisant ainsi les effets du relâchement musculaire.
Portés en continu ou de façon intermittente, les pessaires peuvent être utilisés pendant 2 à 3 ans. Ils sont désormais remboursés par l'assurance maladie à hauteur de 45 € tous les 2 ans.
Les bandelettes sous-urétrales
Les bandelettes sous-urétrales sont des dispositifs médicaux implantables dont la mise en place constitue le traitement chirurgical de référence de l’incontinence urinaire d'effort en cas d'échec des autres traitements, ou d'emblée en cas d'incontinence sévère. Elles visent à corriger le défaut de soutien de la vessie et de l'urètre. Le matériel utilisé consiste en des bandelettes en polypropylène, implantées sous anesthésie générale. Dans 3 à 5 % des cas, elles peuvent entraîner des complications à court et moyen termes de type irritations, infections, douleurs, impériosités, pouvant nécessiter dans certains cas leur retrait.
L'arrêté du 25 avril 2025 encadre la pratique des actes d'implantation associés à la pose de bandelettes sous-urétrales destinés au traitement chirurgical de l'incontinence urinaire d'effort chez la femme et impose notamment, avant d’y avoir recours, une réunion de concertation pluridisciplinaire pour évaluer la pertinence de ce type de traitement chez la patiente.
Les injections d'implant dextramonomère/acide hyaluronique
Ces injections sont réalisées sous anesthésie locale. Comme les bandelettes, ces implants semi-résorbables contribuent à soutenir le canal de l’urètre et de faciliter la rétention d’urine. Elles agissent comme un « agent de comblement » pour soutenir les muscles relâchés. Le risque de rétention d’urine transitoire impose une surveillance de quelques heures après l’injection.
Les techniques chirurgicales
Parfois, par exemple lors de prolapsus vaginal important (« chute d’organes »), une intervention chirurgicale permet de fixer l’utérus « en suspension » dans l’abdomen (colposuspension).
Les applications locales d’estrogènes
Dans le cas d'une incontinence d'effort liée à la ménopause, il est possible de mettre en place un traitement pour corriger le déficit en estrogènes dû à la ménopause. Appliqués par voie locale, les estrogènes jouent un rôle dans l'amélioration de la pression dans l’urètre, la force des muscles du bassin et la relaxation de la vessie pendant la phase de remplissage.
Par rapport à l'administration par voie orale, la voie locale présente l'avantage d'être aussi efficace sans entraîner d’effets indésirables. Prescrit pendant 2 mois, ce traitement doit être associé à une prise en charge par rééducation périnéosphinctérienne.
Les traitements de l’incontinence d’effort par insuffisance du sphincter de la vessie
Lorsque l’incontinence d’effort est due à une insuffisance du sphincter qui ferme la vessie, le traitement repose le plus souvent sur une intervention chirurgicale pour le renforcer ou le recréer, mais aussi sur des injections d’agents de comblement (acide hyaluronique par exemple). De petits ballonnets peuvent également être implantés pour améliorer l’efficacité du sphincter.
Les traitements de l’incontinence par impériosité
La neuromodulation des racines sacrées
La neuromodulation des racines sacrées (la partie des nerfs sacrés qui émerge de la colonne vertébrale, dans le bas du dos) peut être prescrite en cas d’incontinence urinaire invalidante associée à une hyperactivité de la vessie.
Cette technique consiste à mettre en place, sous anesthésie locale ou générale, une fine électrode sous la peau, près du sacrum, reliée à un stimulateur externe temporaire. Si les symptômes s’améliorent, l'implantation d'un simulateur permanent sous la peau est proposée. Ce boîtier peut être rechargeable à travers la peau ; sinon, il faut le changer tous les 5-10 ans lorsque la pile est usée.
Cette technique est remboursée par l'assurance maladie depuis 2002. Les taux de guérison sont de 30 à 50 % et les taux d'amélioration globale sont de 90 %. Son efficacité est équivalente à celle des injections de toxine botulique (voir ci-dessous).
La neurostimulation électrique transcutanée du nerf tibial (Transcutaneous Electrical Nerve Stimulation ou TENS)
La TENS consiste à stimuler les fibres nerveuses du nerf tibial postérieur, qui a son origine au même endroit que les nerfs qui contrôlent la vessie. La stimulation électrique se fait à l'aide d'un petit boîtier comportant deux électrodes collées sur la peau (l'une sous la malléole interne, l'autre 10 cm au-dessus le long du tibia) reliées à un stimulateur externe. La fréquence de stimulation est déterminée en fonction du seuil de perception sensitive par la patiente (fourmillement ou contraction) par un professionnel expérimenté : infirmier(e), kinésithérapeute, médecin.
Une fois ajusté, l’appareil est posé par la patiente elle-même et la stimulation est réalisée à domicile, au rythme de 20 à 30 minutes par jour durant au minimum 3 mois. Le traitement est indolore, il n'y a pas d'effets indésirables. Les effets sont rarement obtenus avant 8 à 12 semaines. En cas d'amélioration significative, la stimulation peut être poursuivie au-delà de 12 semaines en adaptant la fréquence en fonction des résultats (1 séance 2 à 3 fois par semaine).
Les médicaments dits « anticholinergiques »
Ces médicaments contiennent une substance qui réduit la sensibilité et l’hyperactivité de la vessie. Ils peuvent être prescrits d’emblée ou après l’échec d’autres traitements. Les effets des différents médicaments anticholinergiques sur les symptômes sont similaires et modestes. L'efficacité maximale est atteinte après 5 à 8 semaines de traitement. Il est donc recommandé de ne pas interrompre le traitement plus tôt, si celui-ci est bien toléré.
Leurs effets indésirables sont plus fréquents chez les personnes âgées : sécheresse buccale, constipation, rougeur du visage, rétention d'urine, troubles de la vision, maux de tête, confusion, anxiété, etc.
Il existe un autre type de médicament similaire, un agoniste des récepteurs bêta-3 adrénergiques (mirabégron) qui est parfois prescrit seul ou en association avec un anticholinergique.
- CÉRIS
- CHLORURE DE TROSPIUM VIATRIS
- DÉTRUSITOL
- DITROPAN
- FÉSOTÉRODINE ARROW
- FÉSOTÉRODINE BIOGARAN
- FÉSOTÉRODINE CRISTERS
- FÉSOTÉRODINE EG
- FÉSOTÉRODINE TEVA
- FÉSOTÉRODINE ZENTIVA
- OXYBUTYNINE ACCORD
- OXYBUTYNINE BIOGARAN
- OXYBUTYNINE EG
- OXYBUTYNINE TEVA
- OXYBUTYNINE VIATRIS
- SOLIFÉNACINE ACCORD
- SOLIFÉNACINE ARROW
- SOLIFÉNACINE BGR
- SOLIFÉNACINE CRISTERS
- SOLIFÉNACINE EG
- SOLIFÉNACINE EVOLUGEN
- SOLIFÉNACINE HCS
- SOLIFÉNACINE SANDOZ
- SOLIFÉNACINE TEVA
- SOLIFÉNACINE VIATRIS
- SOLIFÉNACINE ZENTIVA
- SOLIFÉNACINE ZYDUS
- TOVIAZ
- TROSPIPHARM
- VESICARE
- Médicament référent
- Médicament générique
Les injections de toxine botulinique
Parfois, le médecin prescrit des injections de toxine botulinique directement dans le muscle de la vessie responsable de la sensation d’impériosité, sous anesthésie locale. Ces injections sont pratiquées lorsque l’électrostimulation, les traitements comportementaux, la rééducation périnéosphinctérienne et les médicaments anticholinergiques sont restés sans effet. Leur efficacité dure entre 6 à 9 mois, après lesquels une nouvelle injection peut être envisagée.
Parfois, ces injections peuvent être à l’origine de rétention d’urine et nécessiter un autosondage urinaire (par le patient ou un proche) pour vider la vessie.
Les thérapies comportementales
Les thérapies comportementales visent à apprendre aux personnes qui souffrent d’incontinence par impériosité à mieux contrôler leurs envies d’uriner. Elles reposent sur une programmation des mictions (le fait d’uriner) tout au long de la journée et sur l’apprentissage de la manière de réagir en cas d’envie pressante. Ces thérapies favorisent la prise de conscience des délais et des fréquences des mictions pour lutter contre certains comportements anxieux ou phobiques aggravant les conséquences de l’incontinence.
Les traitements de l’incontinence par regorgement
Les incontinences par regorgement, liées à une obstruction urétrale, observées essentiellement chez les hommes, sont traitées si possible chirurgicalement (en libérant le passage de l’urine), sinon par sondage urinaire intermittent ou permanent, pratiqué par le patient ou un proche.
Dans toutes les formes d’incontinence urinaire, lorsque les fuites urinaires ne sont pas contrôlées et gênent la vie quotidienne, on trouve en pharmacie et en grande surface diverses solutions de substitution telles que des protège-slips ou des sous-vêtements étanches (couches-culottes pour adultes) qui permettent de se sentir à l’aise et au sec.
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