Quand doit-on consulter un médecin ?
Lorsque des difficultés à uriner ou des envies pressantes interfèrent avec la vie quotidienne, consultez votre médecin. Il vous interrogera sur l’intensité et la fréquence des symptômes et si nécessaire, réalisera un toucher rectal.
Que fait le médecin en cas d’hyperplasie bénigne de la prostate ?
Le médecin interroge le patient sur ses symptômes et sur leur impact au quotidien (avec le score IPSS, voir ci-dessous). Le toucher rectal est l’examen médical qui permet de dépister des anomalies de la prostate. Pour cet examen, le médecin met un gant en latex et insère un doigt dans le rectum pour palper la prostate à travers la paroi de l'intestin. Il peut ainsi repérer des modifications de sa taille et de sa consistance. Dans le cas d’une hypertrophie bénigne de la prostate, la prostate est plus volumineuse mais elle reste souple, indolore, lisse et régulière. Le toucher rectal n'est habituellement pas douloureux mais beaucoup d'hommes le trouvent embarrassant, voire insupportable.
Le médecin peut procéder à d'autres examens pour préciser la sévérité de l’HBP ou éliminer d’autres causes possibles de troubles urinaires : échographie, (pour mesurer le volume de la prostate et pour identifier le volume d’urines qui reste dans la vessie après la miction), prise de sang (pour doser l’antigène prostatique (PSA) ou la créatinine) ou faire une bandelette urinaire (pour éliminer une infection urinaire ou de la prostate). Il peut éventuellement demander une débitmétrie, un examen qui enregistre le débit urinaire tout au long de la miction.
Qu’est-ce le questionnaire IPSS ?
Le questionnaire International Prostate Symptom Score (IPSS) est un autoquestionnaire qui permet au patient de décrire les symptômes urinaires ressentis et d'en mesurer l'évolution après traitement.
Il se compose de 8 questions et aboutit à un score final allant de 0 à 35 :
- de 0 à 7 : peu symptomatique ;
- de 8 à 19 : modérément symptomatique ;
- de 20 à 35 : symptômes sévères.
| Au cours du mois dernier... | Réponse | Points |
|---|---|---|
| Avec quelle fréquence avez-vous eu la sensation que votre vessie n'était pas complètement vidée ? | Jamais | 0 |
| Environ 1 fois sur 5 | 1 | |
| Environ 1 fois sur 3 | 2 | |
| Environ 1 fois sur 2 | 3 | |
| Environ 2 fois sur 3 | 4 | |
| Presque toujours | 5 | |
| Avec quelle fréquence avez-vous eu besoin d'uriner moins de 2 heures après une miction ? | Jamais | 0 |
| Environ 1 fois sur 5 | 1 | |
| Environ 1 fois sur 3 | 2 | |
| Environ 1 fois sur 2 | 3 | |
| Environ 2 fois sur 3 | 4 | |
| Presque toujours | 5 | |
| Avec quelle fréquence avez-vous eu une interruption du jet d'urine, c'est-à-dire démarrage de la miction puis arrêt puis redémarrage ? | Jamais | 0 |
| Environ 1 fois sur 5 | 1 | |
| Environ 1 fois sur 3 | 2 | |
| Environ 1 fois sur 2 | 3 | |
| Environ 2 fois sur 3 | 4 | |
| Presque toujours | 5 | |
| Après avoir ressenti le besoin d'uriner, avec quelle fréquence avez-vous eu des difficultés à retenir votre miction ? | Jamais | 0 |
| Environ 1 fois sur 5 | 1 | |
| Environ 1 fois sur 3 | 2 | |
| Environ 1 fois sur 2 | 3 | |
| Environ 2 fois sur 3 | 4 | |
| Presque toujours | 5 | |
| Avec quelle fréquence avez-vous eu une diminution de la taille et de la force du jet ? | Jamais | 0 |
| Environ 1 fois sur 5 | 1 | |
| Environ 1 fois sur 3 | 2 | |
| Environ 1 fois sur 2 | 3 | |
| Environ 2 fois sur 3 | 4 | |
| Presque toujours | 5 | |
| Avec quelle fréquence avez-vous dû forcer ou pousser pour commencer à uriner ? | Jamais | 0 |
| Environ 1 fois sur 5 | 1 | |
| Environ 1 fois sur 3 | 2 | |
| Environ 1 fois sur 2 | 3 | |
| Environ 2 fois sur 3 | 4 | |
| Presque toujours | 5 | |
| Combien de fois par nuit, en moyenne, vous êtes-vous levé pour uriner (entre le moment de votre coucher le soir et celui de votre lever définitif le matin) ? | Jamais | 0 |
| 1 fois | 1 | |
| 2 fois | 2 | |
| 3 fois | 3 | |
| 4 fois | 4 | |
| 5 fois ou plus | 5 | |
Comment soigne-t-on une hypertrophie de la prostate ?
La décision de traiter une hypertrophie de la prostate (HBP) dépend de l'importance de la gêne ressentie, des troubles urinaires et du retentissement dans la vie de tous les jours. Plusieurs options sont possibles :
- la surveillance régulière peut être proposée lorsque la gêne est légère ou bien supportée, qu'il n'existe pas de complications et que la vessie se vide bien. Le médecin pratique un toucher rectal et fait remplir un questionnaire IPSS après 6 mois, puis tous les ans ;
- les traitements médicamenteux sont prescrits lorsque la gêne est modérée ou intense. Il existe plusieurs familles de médicaments contre l’HBP mais leur efficacité est, au mieux, modérée et parfois lente à se manifester ;
- une intervention chirurgicale est envisagée si le traitement médicamenteux n'est pas suffisant ou si des complications surviennent (rétention d’urine, calculs vésicaux, par exemple).
En général, les symptômes de l'hypertrophie bénigne de la prostate sont suffisamment mineurs pour ne pas justifier de traitement et ils ne s'aggravent pas avec le temps. Seuls 15 % des cas d'HBP nécessitent une prise en charge médicale pour éviter les complications.
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