Mise à jour : 27 février 2024
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Les traitements médicamenteux du cancer de la prostate sont essentiellement des traitements qui bloquent la croissance des cellules cancéreuses en bloquant la sécrétion ou l'action de la testostérone. Ces traitements font partie de trois familles : les analogues de la GnRH, les antagonistes de la GnRH et les anti-androgènes. Ils sont plutôt prescrits pour traiter les cancers localisés à risque élevé, ceux localement avancés et ceux avec atteinte ganglionnaire, mais peuvent également être utiles contre les autres stades du cancer de la prostate.

L’hormonothérapie dans le traitement du cancer de la prostate

Les analogues de la GnRH

Les analogues de la GnRH, également appelés analogues de la LHRH, (goséréline, leuproréline ou triptoréline) sont des hormones de synthèse qui bloquent la sécrétion de la testostérone par les testicules. Ils peuvent être prescrits en complément d’une radiothérapie. Ils sont administrés en injections par voie sous-cutanée ou intramusculaire à un rythme variable selon le médicament (tous les un, trois, quatre ou six mois), pour toute la vie du patient. Une augmentation temporaire du taux de testostérone dans le sang est observée en début de traitement ; elle peut entraîner une aggravation de certains symptômes (comme des douleurs osseuses et des troubles urinaires). Elle justifie une surveillance médicale renforcée au cours des premières semaines. La prescription simultanée d’un anti-androgènes pendant quelques semaines peut permettre de limiter les effets de l’augmentation initiale de testostérone..

Les principaux effets indésirables des analogues de la LHRH sont liés à la baisse du taux de testostérone : bouffées de chaleur, baisse du désir sexuel, troubles de l’érection. Des troubles de l’humeur (y compris une dépression) et de la fatigue sont également fréquents. Signalez sans tarder à votre médecin la survenue de signes pouvant évoquer une dépression : tristesse, perte d’intérêt, troubles du sommeil, etc. À long terme, les analogues de la LHRH peuvent être à l’origine d’une ostéoporose (fragilisation des os) qui nécessite un traitement spécifique.

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 23 Avril 2024

Les anti-androgènes

Les médicaments anti-androgènes les plus anciens agissent en bloquant les récepteurs de la testostérone (bicalutamide, cyprotérone, nilutamide), les plus récents (abiratérone, apalutamide, darolutamide, enzalutamide) agissent par d’autres mécanismes. Ils sont administrés sous forme de comprimés ou de capsules. Les anti-androgènes les plus anciens (bicalutamide, cyprotérone et nilutamide) sont habituellement utilisés en association avec un agoniste de la LHRH ou après ablation de la prostate.

L'agence du médicament (ANSM) a publié en 2019 une information sur l'augmentation du risque de méningiome (tumeur du cerveau presque toujours bénigne qui se développe à partir des méninges) en cas d'utilisation prolongée à fortes doses de cyprotérone. Le médecin doit désormais remettre une fiche d'information lors de la prescription d'acétate de cyprotérone (ANDROCUR et ses génériques) et faire signer une attestation d'information qui doit être présentée au pharmacien pour obtenir le médicament. Une IRM doit être pratiquée avant l'initiation du traitement, et renouvelée 5 ans après en cas de poursuite du traitement, puis tous les 2 ans (ANDROCUR et génériques (acétate de cyprotérone) : dispositif renforcé pour prévenir le risque de méningiome, 06/2019).

Liste des médicaments mise à jour : Mardi 23 Avril 2024
Légende
  • Médicament référent
  • Médicament générique

Les antagonistes de la GnRH

Les antagonistes de la GnRH, également appelés antagonistes de le LHRH, diminuent la production de testostérone par les testicules en se liant aux récepteurs de la GnRH. Les deux antagonistes de la GnRH actuellement disponibles, se distinguent par leur voie d’administration et leur schéma d’administration :

  • le dégarelix (FIRMAGON) s’administre en injection sous-cutanée mensuelle,
  • le rélugolix (ORGOVYX) s’administre par voie orale, en prise quotidienne.

Les effets indésirables les plus fréquents sont liés à la chute du taux de testostérone : des bouffées de chaleur qui peuvent être à l’origine d’une gêne importante, surtout quand elles sont accompagnées de sueurs abondantes, douleurs musculosquelettiques et fatigue.

A la différence des analogues de la LHRH, ces médicaments n'entraînent pas de hausse transitoire de la testostérone à l’initiation du traitement..

Si la tumeur devient résistante à un premier traitement à base d’hormonothérapie, une autre médicament pourra le plus souvent être proposé.

L'ablation des testicules dans le cancer de la prostate
Chez les personnes très âgées ou pour lesquelles la vie sexuelle n'est plus un souci, il est possible de réduire le taux de testostérone dans le sang en enlevant chirurgicalement les testicules (ou leur partie centrale). Les effets indésirables de cette intervention sont identiques à ceux des traitements hormonaux. Ce type de traitement reste relativement rare.

La chimiothérapie anticancéreuse dans le traitement du cancer de la prostate

Dans le contexte du cancer de la prostate, la chimiothérapie n’est utilisée que dans des cas très particuliers de cancers métastasés qui résistent à un traitement hormonal (les cancers dits « hormonorésistants »).

Le plus souvent, elle consiste en séances de perfusion intraveineuse (les « cures ») tous les jours ou par cycles de deux jours espacés de deux semaines. Elle peut éventuellement se faire par voie orale (comprimés). Ses éventuels effets indésirables sont les nausées et les vomissements, une coloration bleu vert des urines, des yeux rouges, des plaies de la bouche, des fourmillements et des engourdissements des pieds et des mains, de la fatigue, une baisse des défenses immunitaires, des diarrhées, etc.

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