Les médicaments prescrits contre la spondylarthrite

Mis à jour : Mardi 15 février 2022

Le traitement médicamenteux des poussées de spondylarthrite repose sur la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens et autres médicaments antalgiques (contre la douleur). Si ces médicaments sont insuffisants pour ralentir l’évolution de la maladie, des traitements dits « de fond » peuvent être prescrits. Ces traitements visent à diminuer la réaction inflammatoire de manière durable.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens dans la spondylarthrite

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) visent à diminuer l’inflammation au niveau des articulations. Les AINS sont les premiers médicaments prescrits aux personnes qui souffrent de spondylarthrite afin de soulager les poussées douloureuses. Ils diminuent l’inflammation (et donc la douleur) et améliore la mobilité en réduisant la raideur.

Dans le traitement de la spondylarthrite, les AINS doivent être pris dès l’apparition des symptômes douloureux pour éviter d’adopter de mauvaises positions destinées à soulager la douleur. Néanmoins, il est préférable de les prendre à la dose minimale efficace et pour la plus courte durée possible afin de réduire leurs effets indésirables (brûlures d’estomac, nausées, troubles digestifs, démangeaisons, etc.). Dans certains cas, le médecin prescrit également un protecteur gastrique (médicaments anti-acides) pour prévenir les effets indésirables digestifs. Les personnes âgées sont plus susceptibles de développer des effets indésirables lors de traitement par les AINS.

Liste des médicaments mise à jour : Vendredi 15 Avril 2022
AINS : acide niflumique
AINS : étodolac
AINS : flurbiprofène
AINS : indométacine
AINS : nabumétone
AINS : sulindac
AINS : ténoxicam
Légende
  • Médicament référent
  • Médicament générique

Les médicaments contre la douleur dans la spondylarthrite

Les médicaments antalgiques (contre la douleur) sont utiles pour soulager les douleurs provoquées par une poussée de spondylarthrite lorsque les AINS ne suffisent pas à soulager les symptômes. On utilise essentiellement le paracétamol et les opiacés (dérivés de l’opium), en association avec les anti-inflammatoires non stéroïdiens.

Les corticoïdes en infiltrations dans la spondylarthrite

Des injections locales de corticoïdes (anti-inflammatoires de la famille de la cortisone) peuvent être pratiquées dans les articulations douloureuses ou autour des tendons enflammés. Les corticoïdes par voie orale ne sont pas utilisés dans le traitement de la spondylarthrite.

Liste des médicaments mise à jour : Vendredi 15 Avril 2022
Corticoïdes injectables à action immédiate

Les biomédicaments dans le traitement de la spondylarthrite

Lorsqu'une spondylarthrite s'aggrave malgré les traitements anti-inflammatoires, le médecin peut décider de mettre en place un traitement de fond, sur la durée, qui fait appel à des traitements ciblés biologiques (agents anti-TNF, inhibiteurs d'interleukines).

Ces biomédicaments peuvent diminuer la résistance de l'organisme aux infections. Avant la mise en route du traitement, un bilan préalable comportant un dépistage de la tuberculose et de l’hépatite B et un examen dentaire est effectué pour dépister une éventuelle infection, même bénigne. Si une infection est dépistée, elle est traitée par des antibiotiques avant la mise en route du traitement

Les patients sont suivis régulièrement pour dépister au plus tôt d’éventuelles infections. Lorsqu’on reçoit une biothérapie, il est important de rester vigilant et de signaler à son médecin tout signe pouvant évoquer une infection : fièvre (même peu élevée) ou perte de poids (même modérée). En effet, une infection négligée peut avoir des conséquences extrêmement graves chez les personnes qui reçoivent des biomédicaments.

Les agents anti-TNF

Les agents anti-TNF (adalimumab, certolizumab, étanercept, golimumab, infliximab) sont des anticorps monoclonaux qui bloquent l’action d’une substance produite par les cellules de l’immunité (le Tumor Necrosis Factor ou TNF). Le TNF joue un rôle central dans la progression de la spondylarthrite. Ils peuvent être prescrits en traitement de fond quand la spondylarthrite est sévère et persistante malgré les traitements conventionnels. Ils sont administrés par injections, soit intraveineuse à l’hôpital de jour, soit sous-cutanée (par une infirmière ou le patient même) à intervalles réguliers variables selon les substances. Leur prescription est réservée aux spécialistes en rhumatologie ou en médecine interne, avec une prescription initiale à l’hôpital.

Outre le risque infectieux, les agents anti-TNF peuvent être à l’origine d’une insuffisance cardiaque, d’atteintes neurologiques ou de réaction allergique grave (dont choc anaphylactique). Le risque réaction allergique justifie que la première injection sous-cutanée soit réalisée en milieu hospitalier.

Liste des médicaments mise à jour : Vendredi 15 Avril 2022
Agents anti-TNF : certolizumab
Agents anti-TNF : étanercept
Légende
  • Médicament biosimilaire

Les inhibiteurs d’interleukine

Le sécukinumab et l'ixékizumab sont deux anticorps monoclonaux qui ont un mécanisme d’action différent de celui des agents anti-TNF : ils bloquent l’interleukine-17A, une protéine produite en excès chez les personnes souffrant de spondylarthrite. Ils ont les mêmes indications que les anti-TNF.

Leur recul d'utilisation est moins important qu’avec les anti-TNF et leur tolérance est moins établie. Leurs principaux effets indésirables sont notamment des infections, des réactions au site d'injection, des réactions allergiques. Plus rarement, des anticorps anti-médicament peuvent se développer.

Liste des médicaments mise à jour : Vendredi 15 Avril 2022
Immunosuppresseurs : ixékizumab
Immunosuppresseurs : sécukinumab

Les inhibiteurs des Janus kinases dans le traitement de la spondylarthrite

Les inhibiteurs des Janus kinases ciblent des enzymes appelées « Janus kinase » qui jouent un rôle-clé dans la production de cytokines intervenant dans l'inflammation et l'immunité. En se liant et en bloquant l’action de ces enzymes, ces médicaments réduisent l’inflammation dans l’organisme.

Ces médicaments sont destinés au traitement de la spondylarthrite active chez l’adulte en cas de réponse insuffisante aux autres traitements conventionnels. Ils se présentent sous forme de comprimés à avaler. Ils doivent obligatoirement être prescrits pour la première fois à l'hôpital.

Ils ne doivent pas être utilisés en cas d'infections graves, y compris la tuberculose, et pendant la grossesse. Les femmes en âge de procréer doivent avoir une contraception efficace pendant le traitement et les 4 semaines suivant son arrêt.

Les effets indésirables les plus fréquents sont des infections et une hyperlipidémie (augmentation du taux de cholestérol dans le sang), qui est susceptible d’entraîner des risques cardiovasculaires. Des incertitudes existent sur la tolérance à long terme.

Des cas d’embolie pulmonaire et de phlébite ont été observés chez des patients utilisant le tofacitinib (XELJANZ) et présentant des facteurs de risque cardiovasculaire. Il est recommandé de consulter immédiatement un médecin en cas de symptômes évoquant une embolie pulmonaire ou d’autres symptômes inhabituels, tels que: essoufflement soudain ou difficulté à respirer, douleur à la poitrine ou au dos, toux sanglante, transpiration excessive, peau moite ou bleuâtre.

Liste des médicaments mise à jour : Vendredi 15 Avril 2022
Inhibiteurs des Janus kinases

Le méthotrexate dans la spondylarthrite

Le méthotrexate est parfois utilisé en traitement de fond lorsque la spondylarthrite affecte surtout les grosses articulations (hors de la colonne vertébrale). Ses effets indésirables, parfois sévères, en limite l’usage.

La sulfasalazine dans la spondylarthrite

Comme le méthotrexate, la sulfasalazine est utilisée comme traitement de fond quand la spondylarthrite affecte surtout les grosses articulations (hanche, genou, cheville, épaule, etc.). Ses effets indésirables sont surtout digestifs.

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