Un reste à charge principalement composé de liberté tarifaire et de dépassements d'honoraires. DuxX / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
- Une étude de la direction des servives statistiques du ministère de la Santé (Drees) a évalué le reste à charge après remboursement par l'Assurance maladie et les complémentaires santé.
- Le reste à charge annuel moyen est de 150 euros, essentiellement lié à la liberté tarifaire des équipements médicaux et aux dépassements d'honoraires.
- Ce montant culmine à 910 euros et plus pour 10 % de la population.
- Les personnes en ALD déboursent en moyenne 240 euros annuels. Le montant croît en vieillissant avec en moyenne 290 euros pour les 70 ans et plus.
- L’assurance maladie obligatoire réduit les inégalités de niveau de vie, contrairement aux complémentaires privées.
En matière de santé, les Français supportent un reste à charge moyen annuel de 150 euros, essentiellement lié aux équipements médicaux (optique, dentaire, audioprothèse) et dépassements d'honoraires, mais ce montant atteint ou dépasse 910 euros pour 10 % de la population, selon des données de la Drees publiées le 5 novembre.
Cette étude des services statistiques des ministères sociaux évalue les dépenses prises en charge - partiellement - par l'Assurance maladie, excluant donc certains types de soins (psychologues, pratiques non conventionnelles...) et les médicaments non prescrits.
La dépense de santé s'élève ainsi à 3 150 euros par habitant en 2023, prise en charge à 81 % par l'Assurance maladie, et 15 % par les complémentaires, pour un reste à charge de 150 euros par personne.
Sur cette somme, 120 euros sont liés à "des équipements dont le prix dépasse les tarifs fixés par la Sécurité Sociale" et des dépassements d’honoraires des professionnels de santé. Environ 20 euros proviennent des franchises et participations forfaitaires.
Mais les inégalités sont importantes : le reste à charge représente 40 euros en moyenne pour 80 % de la population, 580 euros pour 20 % des Français et même à 910 euros pour les 10 % les plus exposés, précise l'étude.
Globalement le montant croît en vieillissant : il est de 80 euros entre 20 et 39 ans, mais atteint 290 euros pour les 70 ans et plus qui ont une consommation de soins beaucoup plus importante et sont souvent couverts par des contrats de complémentaire santé individuels, généralement moins couvrants que les contrats collectifs.
Un assuré disposant d’un contrat parmi les moins couvrants a un reste à charge trois fois supérieur, en moyenne, à celui d’un assuré bénéficiant d’un contrat parmi les plus couvrants, souligne l'étude.
Les personnes en affection longue durée (ALD, maladies chroniques) ont des dépenses de santé en moyenne sept fois plus élevées et sont remboursées à 100 % par la Sécu sur les soins liés à leur maladie, hors dépassements d'honoraires. Pour autant, elles restent exposées aux dépassements et aux tarifs élevés des équipements et déboursent donc 240 euros annuels.
Le coût global individuel de la santé - incluant cotisations des complémentaires, prélèvements obligatoires finançant l'Assurance maladie et reste à charge - représente en moyenne 14 % du revenu des ménages.
Le taux d'effort est légèrement progressif : il représente une fraction croissante du revenu à mesure que le niveau de vie s’élève. Mais les taux d’effort les plus extrêmes (top 1 %) sont acquittés essentiellement par des ménages modestes.
En outre, l'addition des cotisations des complémentaires et des restes à charge représente 4 à 5 % du revenu des ménages les plus modestes, contre 2 % pour les plus aisés.
D'après une dépêche publiée par l'AFP le 5 novembre 2026.
La complémentaire santé : coût pour les patients et inégalités (Drees, 5 novembre 2026)
3 minutes
Ajouter un commentaire


Commentaires
Cliquez ici pour revenir à l'accueil.