Santé publique

L'Assurance maladie lance une nouvelle campagne de sensibilisation sur l'antibiorésistance

"Les antibiotiques, c'est vraiment pas automatique !", tel est le slogan de la nouvelle campagne d'information que lance l'Assurance maladie le 8 novembre à l'approche de la semaine de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens.

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Les médecins peuvent s'aider d'ordonnance de non-prescription pour expliquer leur décision.

Les médecins peuvent s'aider d'ordonnance de non-prescription pour expliquer leur décision. Jelena Danilovic / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

L'assurance maladie souhaite sensibiliser les professionnels de santé et le grand public à la menace que représente la résistance aux antibiotiques et lance à cette fin une nouvelle campagne d'information qui capitalise sur la précédente, de 2002, dont le slogan est resté "ancré dans la mémoire collective".

"Les antibiotiques, c'est vraiment pas automatique !" Tel est le slogan de cette nouvelle campagne, qui débutera le 8 novembre pour une durée de trois semaines, sous forme notamment de spots TV et radio à destination du grand public, ont fait savoir des responsables de l'assurance maladie lors d'un point presse organisé en ligne le 5 novembre.

Actualiser le slogan de 2002 en y ajoutant l'adverbe "vraiment", cela permet à la fois "d'ancrer le message chez les plus jeunes" et de "remobiliser ceux qui le connaissent déjà", ont-ils fait valoir. La campagne vise aussi à placer l'antibiorésistance "au cœur du propos" et à insister sur le fait que le bon usage des antibiotiques permet de préserver leur efficacité "pour soi et les autres".

Un volet à destination des professionnels de santé est également prévu, avec la mise à jour d'outils (articles sur amelipro.fr, ordonnance de non-prescription d'antibiotiques…) et la diffusion de nouvelles ressources, dont une brochure sur les idées reçues pour "orienter le dialogue avec les patients", une vidéo qui "donne la parole à des experts de terrain", ou encore un kit de sensibilisation (affiche, sticker et dépliant grand public) envoyé aux médecins généralistes.

Cette campagne est lancée à l'approche de la semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens, qui aura lieu du 18 au 24 novembre, et dans un contexte où la France fait partie des pays européens où la consommation d'antibiotiques par habitant est la plus élevée.

Idées fausses et mauvais usages persistants

En 2025, 38 % des Français ont ainsi reçu au moins une prescription d'antibiotiques, et parmi eux, 45 % ont reçu une molécule "particulièrement génératrice d'antibiorésistance", a noté Catherine Grenier, médecin-conseil nationale auprès de la Caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam), tout en relevant des évolutions favorables par rapport à l'année précédente.

Elle a également présenté les résultats d'un sondage Ipsos-BVA mené pour l'assurance maladie en septembre 2026 auprès d'un échantillon de 1 000 personnes de 18 ans et plus, qui montrent par exemple que près de la moitié des répondants pensent que les antibiotiques peuvent soigner la grippe ou la gastro-entérite, que 45 % d'entre eux ignorent qu'ils n'agissent que contre les bactéries, ou encore que 35 % pensent que les antibiotiques font toujours guérir plus vite.

Le sondage montre également que certains mauvais usages persistent, comme le fait de prendre des antibiotiques conservés d'une fois précédente sans consulter de médecin (18 %), d'arrêter le traitement dès que ça va mieux (15 %) ou encore de le continuer pour finir la boîte (8 %). Seuls 21 % des sondés se sentent personnellement concernés par l'antibiorésistance, et 59 % pensent qu'elle ne touche que les personnes qui consomment trop d'antibiotiques.

Or les bactéries résistantes "peuvent se transmettre d'une personne à l'autre, notamment entre proches", et se propager progressivement au sein de la population, rappelle l'assurance maladie, qui craint de voir des infections "aujourd'hui banales", comme la cystite ou l'otite, devenir très difficiles à soigner demain chez un nombre croissant de malades, alors que les infections résistantes aux antibiotiques sont déjà responsables de 5 500 à 12 500 décès chaque année en France.

Pandémie silencieuse

Marie-Anne Bouldouyre, infectiologue à l'hôpital Saint-Louis (AP-HP, Paris) et responsable du centre régional en antibiothérapie Île-de-France (CRAtb), a rappelé que chaque antibiothérapie avait des conséquences sur le microbiote, que les antibiotiques à large spectre étaient davantage générateurs de résistances que ceux à spectre étroit, et qu'en médecine humaine, près de la moitié des antibiotiques étaient utilisés de manière inappropriée (principalement dans les infections ORL et respiratoires hautes).

Il est donc souhaitable de traiter avec "l'antibiotique efficace le moins générateur de résistance bactérienne" et, dans la mesure du possible, d'éviter les fluoroquinolones et l'association amoxicilline-acide clavulanique, a-t-elle ajouté.

Qualifiant l'antibiorésistance de "pandémie silencieuse", elle a mentionné l'existence d'un podcast intitulé "Les visages de l'antibiorésistance" avec des témoignages de personnes concernées, qui montrent que "tout le monde peut être touché par l'antibiorésistance".

Citant également The AMR Narrative (AMR pour antimicrobial resistance), une association dirigée par une membre de la task force de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Vanessa Carter, dont la vie a été "bouleversée suite à un accident de la route et une infection de la face avec un germe résistant", l'infectiologue a exprimé le souhait qu'une branche francophone de cette association se développe.

D'après une dépêche publiée par APMnews le 5 novembre 2026.

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