Une expérimentation pour anticiper les tensions d'approvisionnement les mesures à mettre en place. Halfpoint / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
- La DGS, la DNS et l'ANSM, en partenariat avec les syndicats de pharmaciens FSPF et USPO, annoncent la mise en œuvre d'une expérimentation nationale de 3 mois qui va débuter le 1er décembre 2026.
- Les données des officines (stocks, délivrances et commandes) peuvent aider à anticiper des tensions d'approvisionnement en médicaments.
- Au cours des 3 mois d'expérimentation, les données issues des logiciels des pharmacies seront automatiquement transmises chaque semaine à l'ANSM pour analyse.
- Au total, 200 officines sont recrutées sur la base du volontariat, et sans engagement. Possibilité d'inscription jusqu'au 30 octobre, en ligne.
La direction générale de la Santé (DGS) coordonne une expérimentation visant à faciliter le repérage, au niveau national, des tensions d'approvisionnement en médicaments d'intérêt thérapeutique majeur (MITM) [1]. En identifiant ces situations, les autorités de santé veulent ainsi mieux anticiper les mesures de gestion à mettre en place et limiter les perturbations sur la prise en charge des patients.
Cette expérimentation associe l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), la Délégation au numérique en santé (DNS), et les syndicats de pharmaciens titulaires : la Fédération des pharmaciens de France (FSPF) et l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO).
Zoom sur 267 références de MITM
Actuellement, les situations de tension d'approvisionnement en médicaments sont signalées par les laboratoires à l'ANSM. Ces informations (tension, rupture, conduite à tenir, remise à disposition) sont mises en ligne sur le site de l'ANSM, mais on observe généralement un décalage entre ces signalements et la réalité sur le terrain.
L'expérimentation nationale menée par la DGS vise à évaluer comment les données issues des pharmacies d'officine peuvent aider à anticiper ces situations de tension.
L'analyse de ces données est confiée à l'ANSM et porte sur 267 références (codes CIP) de MITM disponibles en ville.
Pour chacune de ces références, l'ANSM collecte les données suivantes enregistrées quotidiennement dans les systèmes d'information des officines :
- nombre d'unités détenues en stock ;
- nombre de boîtes délivrées ;
- nombre d'unités commandées aux fournisseurs.
Recherche près de 200 officines volontaires
Pour cette expérimentation, 200 officines volontaires sont recrutées dans toute la France.
L'objectif est d'obtenir un panel officinal diversifié, dans lequel tous les profils de pharmacie et tous les territoires sont représentés.
Les pharmacies volontaires peuvent soumettre leur candidature en ligne jusqu'au 30 octobre 2026.
Elles doivent fournir les renseignements suivants [2] :
- coordonnées du représentant de l’officine (nom, prénom, fonction, adresse électronique professionnelle) ;
- informations d’identification de l’officine (raison sociale, SIRET, adresse) ;
- logiciel de gestion de l'officine (LGO) utilisé ;
- point de contact opérationnel pour le suivi technique (facultatif).
La seule condition actuelle pour participer à cette expérimentation est de disposer d'un logiciel métier retenu par la DGS :
- Crystal (Infosoft) ;
- id. (Pharmagest, Equasens) ;
- LEO Officine (Isipharm) ;
- Pharmony.
Un accusé de réception est adressé à toutes les pharmacies retenues (ainsi qu'aux pharmacies non retenues). La participation est réversible si une pharmacie souhaite arrêter en cours de route.
Transmission hebdomadaire des données
L'expérimentation est prévue pour 3 mois, à partir du 1er décembre 2026.
L'éditeur effectue le paramétrage du logiciel nécessaire pour participer à l'expérimentation.
Une fois cette étape réalisée, le logiciel de gestion des officines participantes transmet les données chaque semaine à l'ANSM.
Le pharmacien n'a aucune manipulation à faire (ni extraction, ni dépôt de fichier à réaliser).
Un historique des 12 mois précédant le lancement pourra être fourni lorsqu'il est disponible et extractible, mais « son absence n'exclut pas l'officine », explique la DGS.
Les données transmises ne sont utilisées ni pour contrôler, ni pour sanctionner l'officine, et la confidentialité des patients et des prescripteurs est garantie.
Les transmissions s’arrêtent au terme des trois mois d’expérimentation.
Des perspectives pour répondre aux situations de tension
Les syndicats de pharmaciens titulaires d'officine FSPF et USPO soutiennent cette expérimentation et encouragent les pharmaciens à y participer. « Cette expérimentation vous (les officines) offre l’opportunité de partager, à travers vos données, votre situation sur le terrain et de peser sur les décisions des autorités sanitaires qui en découlent », commente la FSPF.
De leur côté, la DGS et l'ANSM soulignent que cette expérimentation ne constitue pas un futur système national de suivi des MITM : « il s'agit d'un test temporaire, destiné à vérifier certaines hypothèses sur les données et leur analyse ». Si les résultats sont positifs, des travaux pourraient être mis en route pour élaborer un système généralisé de collecte des données d'officine sur les MITM. À ce jour cependant, aucun détail n'est apporté sur un tel déploiement.
[1] Votre officine peut aider à mieux anticiper les ruptures (DGS, ANSM, FSPF et USPO, septembre 2026)
[2] Ruptures de MITM : inscrivez votre officine avant le 30 octobre pour participer à l’expérimentation nationale (FSPF, 7 octobre 2026)
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