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Méthode. Le groupe de détection précoce et de prévention du cancer au sein de la Société européenne pour l'oncologie médicale (ESMO) a réalisé une revue systématique des essais de phase III randomisés publiés ces 45 dernières années testant une intervention pharmacologique en prévention primaire du cancer. 92 essais ont été retenus, totalisant 659 904 participants, et 46 (50 %) d'entre eux ont atteint leur objectif principal.
Résultats. Les écarts d'efficacité sont marqués : le taux de succès était élevé pour vaccins anti-HPV (88,9 %), les hormonothérapies (75 %), anti-infectieux (62,5 %), anti-inflammatoires non stéroïdiens (61,5 %), contre seulement 23,7 % pour les vitamines et compléments. Les meilleurs taux de succès par localisation concernent le sein (76,5 %), le col utérin (72,7 %) et les cancers œso-gastriques (58,3 %). L'observance était excellente pour la vaccination (95 %), mais plus poreuse pour l'hormonothérapie (70 %). Cinq molécules, malgré des résultats positifs, n'ont finalement pas obtenu d'autorisation de mise sur le marché (AMM) pour des raisons de sécurité.
Conclusion. L'analyse multivariée confirme deux déterminants du succès : une promotion pharmaceutique plutôt qu'académique (OR 5,30 ; IC95 % 1,01-35,77), et une molécule à cible mécanistique claire, appuyée par un niveau de preuve pré-essai solide (OR 0,30 pour l'inverse ; IC95 % 0,10-0,90). Autrement dit, la moitié des essais de prévention pharmacologique aboutissent, mais très peu débouchent sur une AMM. Ce sont les stratégies ciblées et bien étayées en amont qui l'emportent ; les vitamines restent le point faible du secteur.
Article rédigé par Clara Hélal.
Source | Xu-Vuillard A et al. Randomised phase III trials of cancer prevention drugs: a systematic review and prediction of trial success. ESMO Open 2026, PMID 42710273. DOI: 10.1016/j.esmoop.2026.108359
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