Près de 30 % des cas hospitalisés ont présenté une défaillance d'organe. Nemes Laszlo / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Parmi les cas hospitalisés en France pour une hépatite A, le risque de présenter une forme sévère de la maladie a augmenté de 57 % entre les périodes 2013-2016 et 2021-2024, quand le risque d'en mourir a doublé, ce qui plaide en faveur d'une meilleure couverture vaccinale des populations à risque, voire d'une vaccination universelle, selon une étude publiée le 1er octobre 2026 dans Eurosurveillance.
Si l'hépatite A est souvent asymptomatique chez les enfants, la fréquence et la sévérité des symptômes augmentent avec l'âge, rappellent Anne-Marie Roque-Afonso du Centre national de référence (CNR) des virus à transmission entérique (hépatites A et E) à Villejuif (Val-de-Marne) et ses collègues.
Dans un contexte de baisse globale de l'incidence de l'hépatite A en Europe et de survenue plus tardive des infections au cours de la vie, les cas pourraient gagner en gravité, ce qui a conduit les chercheurs à s'intéresser à l'évolution en France de la sévérité des cas hospitalisés pour hépatite A et aux facteurs de risque démographiques et cliniques associés aux formes graves et à la mortalité intrahospitalière.
Pour ce travail, ils ont inclus 7 923 patients hospitalisés en France pour une hépatite A entre 2013 et 2024. L'âge médian était de 30 ans et 61 % étaient des hommes.
Sur l'ensemble de la période d'étude, près de 29 % des cas hospitalisés étaient graves, c'est-à-dire sujets à une défaillance d'organes (hépatique ou extra-hépatique) dans les 12 semaines suivant l'admission (sachant que le décès n'était pas inclus dans cette définition de la sévérité).
La mortalité était de 1,3 %, avec 103 patients concernés.
Les chercheurs ont constaté que les cas graves étaient significativement associés à plusieurs facteurs, comme l'âge (+15 % par décennie après l'âge de 30 ans), le fait d'être un homme (+38 %), de fumer (+23 %), d'avoir des facteurs de risque de maladie hépatique chronique (+29 %) et le fait d'avoir une cirrhose (+40 %).
Le risque de décès était significativement accru chez les patients souffrant de cirrhose (x2,9), chez ceux présentant un index de comorbidités de Charlson supérieur ou égal à 3 (x12) et, dans une moindre mesure, chez les plus âgés (+24 %).
Concernant les évolutions au cours de la période d'étude, les chercheurs ont observé une hausse de 57 % du risque de présenter une forme sévère d'hépatite A entre les périodes 2013-2016 et 2021-2024, ainsi qu'un doublement du risque de mourir de cette maladie.
"En France, où l'endémicité de l'hépatite A est faible, la hausse de la fréquence de formes plus graves d'hépatite A appelle à mettre en place des soins optimisés pour les groupes à risque identifiés et à renforcer les stratégies de prévention ciblées", concluent les auteurs, estimant que l'élargissement des recommandations de vaccination à davantage de populations à risque, voire le déploiement d'une vaccination universelle, pourraient être des options à envisager.
D'après une dépêche publiée par APMnews le 5 octobre 2026.
Eurosurveillance, publication en ligne du 1ᵉʳ octobre
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