Santé publique

L'opacité des décès en lieux de privation de liberté et le taux de suicide en prison dénoncés par la Contrôleure générale

L'autorité administrative indépendante a publié deux avis sur les décès survenus dans les lieux de privation de liberté, qui pointent des carences dans la prévention et la prise en charge. 

1
2
3
4
5
(aucun avis, cliquez pour noter)
La CGLPL demande la fin de la contention avant l'échéance fixée à 2030.

La CGLPL demande la fin de la contention avant l'échéance fixée à 2030.sudok1 / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Plusieurs centaines de personnes "meurent chaque année en France" dans un lieu privatif de liberté, "sans que leur nombre exact soit connu", dénonce vendredi la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), pointant aussi un taux de suicide en détention parmi les plus élevés d'Europe.

Dans deux avis distincts publiés au Journal officiel, la CGLPL signale de graves carences dans la prévention et la prise en charge de ces décès.

Le nombre exact de personnes mortes dans ces lieux "n'est ni complètement connu, ni rendu public", "faute de traçabilité et de remontée adéquates des informations", regrette la CGLPL.

Une lacune qui s'explique notamment "par l'incapacité du ministère de la Santé à indiquer le nombre de patients décédés au cours ou à l'issue de leur hospitalisation en soins sans consentement", selon elle.

Le ministère de la Justice a en revanche comptabilisé 275 décès en détention en 2025 - sans distinguer la proportion de femmes et de mineurs - dont plus de la moitié - 136 - sont causés par des suicides.

Selon l'étude SPACE du Conseil de l'Europe, le taux de suicide dans les prisons françaises, très au-dessus de la moyenne européenne, s'établit à 19,4 pour 10 000 détenus, contre une médiane européenne de 7,3.

Entre 2022 et avril 2026, la CGLPL relève également le chiffre "alarmant" de 24 détenus tués par des codétenus au sein d'établissements pénitentiaires "sur-occupés".

L'institution pointe aussi des défaillances dans l'accès aux soins des détenus gravement malades. Jusqu'à un tiers des extractions médicales programmées seraient annulées faute d'escorte.

De son côté, le ministère de l'Intérieur a recensé 14 morts en 2024 dans les locaux de police, gendarmerie et centres de rétention administrative (CRA), contre quatre l'année précédente. Aucun décès n'a été enregistré entre janvier et août 2025.

En psychiatrie, des personnes hospitalisées "meurent en isolement, parfois attachées", parfois sans surveillance ni traçabilité, note encore l'avis qui relève deux cas pour lesquels "aucune autopsie n'a été effectuée en dépit du caractère inexpliqué de ces décès."

La contrôleure recommande la fin de la pratique de contention "sans attendre" l'échéance de 2030 fixée par le gouvernement.

L'institution réclame que les données sur ces décès soient systématiquement analysées et rendues publiques par chaque ministère concerné.*

D'après une dépêche publiée par l'AFP le 25 septembre 2026. 

Commentaires

Ajouter un commentaire
En cliquant sur "Ajouter un commentaire", vous confirmez être âgé(e) d'au moins 16 ans et avoir lu et accepté les règles et conditions d'utilisation de l'espace participatif "Commentaires" . Nous vous invitons à signaler tout effet indésirable susceptible d'être dû à un médicament en le déclarant en ligne.
Pour recevoir gratuitement toute l’actualité par mail Je m'abonne !