Études et congrès

Le « jet lag alimentaire » associé à un surrisque cardiovasculaire chez les hommes (étude française)

Une équipe française montre, d'après la cohorte NutriNet-Santé, que le fait de manger en décalé le week-end par rapport aux horaires de semaine est associé à un risque cardiovasculaire augmenté, mais uniquement chez les hommes.  

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La régularité du rythme des repas entre semaine et week-end paraît importante à respecter. 

La régularité du rythme des repas entre semaine et week-end paraît importante à respecter. Sasithorn Phuapankasemsuk / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Un décalage des heures de repas quotidiens entre la semaine et le week-end est associé à une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires chez les hommes, mais pas chez les femmes, selon une analyse de la cohorte française NutriNet-Santé publiée le 1er septembre 2026 dans Communications Medicine.

Qualifié de "jet lag alimentaire", ce décalage est souvent causé par les horaires de travail, qui contraignent certaines personnes à modifier leurs heures de repas la semaine par rapport à leurs habitudes durant le week-end.

"Nous avions suggéré il y a quelques années que des prises alimentaires tardives étaient associées à une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires", rappelle Bernard Srour de l'université Paris-Cité, directeur de l'étude, dans un communiqué diffusé par l'Inserm le jour même.

"Cette nouvelle étude suggère qu'au-delà des prises tardives, la régularité des rythmes alimentaires entre les jours de semaine et le week-end paraît tout aussi importante."

Selon cette étude, le jet lag alimentaire est associé à une augmentation significative du risque de maladies cardiovasculaires (incluant accident vasculaire cérébral, accident ischémique transitoire, infarctus, angor, syndrome coronarien aigu et angioplastie) de 14 % chez les hommes.

Un surrisque de 21 % de maladies coronariennes est également associé au jet lag alimentaire chez les hommes.

De telles associations ne sont pas observées chez les femmes. Aucun surrisque de maladies cérébrovasculaires n'est non plus mesuré chez les hommes.

Risque encore plus élevé en mangeant plus tôt le week-end que la semaine

Chez les hommes, le surrisque de maladies cardiovasculaires monte notamment jusqu'à 44 % en cas de jet lag avec "avance", c'est-à-dire quand les repas du week-end sont pris au moins une heure avant ceux de la semaine. Leur risque de maladies coronariennes est également augmenté de 68 %.

Pour ceux avec un jet lag avec "retard", il y a seulement un surrisque de maladies coronariennes, à hauteur de 36 %.

Cette étude a été conduite à partir des données d'environ 105 000 participants à la cohorte NutriNet-Santé, âgés de 42,7 ans en moyenne et comprenant une majorité de femmes (79 %).

La majorité des participants (71 %) ne présentait pas de jet lag alimentaire, tandis qu'environ un quart (24,2 %) avait un jet lag avec retard, plus fréquent chez les jeunes et les célibataires, et près de 5 % un jet lag avec avance, notamment les hommes, les personnes sans emploi et celles avec un faible niveau d'étude.

En moyenne, les hommes avec un jet lag avec avance mangent le week-end une heure plus tôt le matin, deux heures plus tôt le midi et trois heures plus tôt le soir, par rapport à la semaine. À l'inverse, ceux avec un jet lag avec retard mangent le week-end deux heures plus tard le matin et le midi et une heure plus tard le soir que la semaine.

Les associations faites sont indépendantes la qualité du régime alimentaire, de l'heure du coucher, de la durée totale de sommeil et du "jet lag social" (c'est-à-dire le décalage des heures d'éveil et de sommeil entre les jours de travail et les jours de repos).

"Si nos résultats sont confirmés par d'autres études, l'horaire et la régularité des repas pourraient constituer un axe important pour les interventions visant à réduire le risque de maladies chroniques et à alléger le fardeau que celles-ci représentent pour la santé publique", estiment les auteurs en conclusion.

D'après une dépêche publiée par l'APMnews le 1er septembre 2026.

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