Études et congrès

Les événements cardiovasculaires sont précédés par une détérioration progressive de l'état général de nombreuses années avant

Les personnes âgées ayant un événement cardiovasculaire majeur ont présenté une détérioration de leur état général plus importante que les autres au cours de la décennie précédente, selon une analyse de la cohorte Aspree. 

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La détérioration de l'état général, une fenêtre pour améliorer la prévention cardiovasculaire.

La détérioration de l'état général, une fenêtre pour améliorer la prévention cardiovasculaire.Drazen Zigic / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Les personnes âgées qui présentent un événement cardiovasculaire majeur ont connu, dans les 10 années précédentes, une détérioration de leur état général plus importante que les autres personnes, suggérant que l'événement est "l'aboutissement d'un vieillissement multisystémique progressif", selon une étude publiée dans JAMA Cardiology.

Cette constatation met en évidence "une fenêtre d'opportunité prolongée" offrant la possibilité d'une "évaluation clinique plus poussée" et d'"intervention précoce" pour prévenir ces événements cardiovasculaires majeurs, estiment Aung Zaw Zaw Phyo de l'université Monash à Melbourne (Australie) et collègues.

Actuellement, les événements cardiovasculaires majeurs sont généralement vus comme des événements ponctuels, avec une "compréhension limitée des changements physiologiques et fonctionnels à long terme qui ont précédé leur survenue", expliquent les chercheurs.

Pourtant, des études ont montré que des mesures de la capacité physique, de la fragilité et de la qualité de vie liée à la santé peuvent prédire l'évolution de l'état de santé des individus.

Ils ont voulu approfondir cette question en faisant une comparaison, parmi des personnes âgées suivies à long terme dans la cohorte ASPREE, entre 2 403 personnes qui ont eu un événement (maladie coronaire fatale, infarctus du myocarde non fatal, accident vasculaire cérébral [AVC] fatal ou non, hospitalisation pour insuffisance cardiaque) et 9 612 qui n'en ont pas eu.

Les chercheurs se sont intéressés aux résultats à quatre tests : le 64-item Frailty Index (FI), le test Fried Frailty Phenotype, l'IC qui regroupe des données sur les domaines cognitif, locomoteur, de vitalité et psychosocial, et la version en 12 items du questionnaire de qualité de vie liée à la santé HRQOL.

Comme toutes les personnes incluses étaient âgées, on a vu au cours du temps une dégradation de ces différents indicateurs pour toutes, mais la dégradation était significativement plus marquée chez les personnes qui ont eu un événement cardiovasculaire majeur.

Délai plus court pour les infarctus et AVC

De façon globale, une dégradation plus marquée était apparente dès 10 ans avant l'événement.

Une analyse plus détaillée montre que pour les événements fatals et l'insuffisance cardiaque, on voyait une dégradation plus marquée plus de 10 ans avant, alors que pour les infarctus et AVC, le délai était plus court, précisent les auteurs.

Ces résultats montrent que chez les personnes qui feront un événement cardiovasculaire, il y a, dans les années qui précèdent, "une altération de la résilience physiologique qui va au-delà du vieillissement normal".

Les chercheurs supposent que cela résulte de "multiples mécanismes qui s'imbriquent" : d'un côté, le déclin fonctionnel peut être le reflet du développement graduel d'une maladie cardiovasculaire au stade préclinique ; de l'autre, des mécanismes comme l'inflammation chronique peuvent favoriser une dérégulation métabolique, liée au risque cardiovasculaire.

D'un point de vue pratique, cela suggère l'intérêt d'une évaluation fonctionnelle des personnes âgées afin d'identifier celles qui pourraient être à risque cardiovasculaire et bénéficier d'évaluations complémentaires, proposent les auteurs.

Cela ne se substituerait pas à la prise en charge classique des facteurs de risque connus, mais permettrait d'identifier des personnes ayant une "vulnérabilité physiologique accrue".

Ils restent toutefois prudents, dans la mesure où il peut être difficile de transposer au niveau individuel des différences observées sur des populations. Il peut être difficile de séparer de "vrais signaux physiopathologiques" du processus de vieillissement normal, de l'effet de comorbidités ou de plaintes transitoires des patients.

Ils voient néanmoins une "fenêtre d'opportunité" pour améliorer la prévention.

D'après une dépêche publiée par l'APMnews le 24 septembre 2026.

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