Études et congrès

L'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée divisible en deux profils distincts (étude française)

En utilisant une analyse protéomique, une équipe de l'AP-HP a défini deux profils de patients dans l'insuffisance cardiaque (IC) à fraction d'éjection préservée. Le risque de décès ou d'hospitalisation pour IC est multiplié par 2,3 pour le profil PEF1 par rapport au PEF2.

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Dans l'IC à fraction d'éjection préservée, l'évolution peut être très différente selon les patients.

Dans l'IC à fraction d'éjection préservée, l'évolution peut être très différente selon les patients.Halfpoint / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

L'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée pourrait être divisée en entités ayant deux profils biologiques distincts, ainsi que des pronostics différents, selon une étude française publiée par Nature Communications.

L'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée, qui représente environ la moitié des insuffisances cardiaques, est actuellement considérée de façon globale, alors que les patients peuvent avoir des symptômes d'intensité variable et des évolutions très différentes. Mais "les outils diagnostiques actuellement utilisés ne permettent pas toujours de distinguer ces différents profils", expliquent les auteurs de cette étude dans un communiqué de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) le 23 septembre 2026.

Jean-Sébastien Hulot de l'hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP) et ses collègues ont réalisé une analyse protéomique avec l'aide d'un système d'apprentissage automatique non supervisé pour rechercher des caractéristiques biologiques qui permettraient de différencier des profils distincts. Ils ont étudié une cohorte de 155 patients de l'étude prospective PACIFIC-PRESERVED, puis ont confirmé leurs résultats dans une cohorte de validation de 456 patients, MEDIA-DHF.

Cela leur a permis de mettre en évidence deux profils distincts d'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée. L'un, nommé PEF1, se caractérise notamment par une inflammation plus importante, des marqueurs de lésions cardiaques et musculaires et une atteinte rénale plus marquée.

Il présente une surexpression "prononcée" de protéines, qui concerne notamment "l'activation de différentes cellules immunitaires, des cytokines et les membres de la 'superfamille' du récepteur du TNF, ainsi que des marqueurs d'atteinte des muscles cardiaques et squelettiques" et une prévalence plus élevée de dysfonction rénale - les patients étant plus souvent dans les catégories à risque ou à très haut risque de la classification KDIGO.

L'autre profil, PEF2, avec peu de surexpression de protéines, est davantage caractérisé par un stress endothélial - traduisant une altération du fonctionnement des vaisseaux sanguins. Les perturbations biologiques sont plus modérées.

Le profil PEF1 a un plus mauvais pronostic. Le risque de décès ou d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque est multiplié par 2,3 par rapport au profil PEF2.

Un tiers de PEF1, 55 % de PEF2

Dans les cohortes étudiées, le profil PEF1 était observé chez environ un tiers des patients. PEF2 était observé chez 55 % des patients (il y avait par ailleurs un petit pourcentage de patients qualifiés de "healthier", dont le profil était proche de celui des contrôles, bien qu'ils aient eu un diagnostic d'insuffisance cardiaque).

L'AP-HP explique dans son communiqué qu'"en combinant données cliniques, d'imagerie et protéomiques, les chercheurs ont développé un classificateur capable d'identifier ces profils avec une bonne précision (score F1 : 0,87)".

Les auteurs estiment dans Nature Communications que leurs résultats "montrent la faisabilité de futures approches de stratification" qui permettraient d'identifier un phénotype à plus mauvais pronostic.

De plus, les caractéristiques inflammatoires du profil PEF1 suggèrent une voie thérapeutique potentielle qui utiliserait des agents anti-inflammatoires ou immunomodulateurs. Ce type de stratégie n'avait pas rencontré de succès par le passé, mais il s'agissait de populations non sélectionnées.

Il serait également intéressant de savoir quel est le bénéfice des traitements qui ont fait leurs preuves dans l'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée, en fonction du profil.

D'après une dépêche publiée par l'APMnews le 23 septembre 2026. 

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