Le nombre d'IVG en hausse de 2,9 % en 2025, avec un quart réalisées en ville par des sages-femmes (Drees)

Seule la moitié des IVG ont été réalisées en établissement en 2025, quand elles l'étaient toutes en 2004, relève une étude de la Drees. Parmi elles, près de deux tiers se font par voie médicamenteuse. En libéral, plus de la moitié des actes sont effectués par des sages-femmes.

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Chez les moins de 25 ans, les IVG sont davantage réalisées en établissement.

Chez les moins de 25 ans, les IVG sont davantage réalisées en établissement.Barabasa / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Le nombre d'interruptions volontaires de grossesse (IVG) a poursuivi son augmentation en 2025 pour atteindre 259 400, soit 2,9 % de plus par rapport à 2024, et un quart sont désormais réalisées par des sages-femmes en ville, selon le dernier bilan de la direction de la recherche, des études et des statistiques (Drees) publié le 22 septembre 2026.

En 2025, "50 ans après la dépénalisation de l'IVG par la loi Veil", 259 400 IVG ont été enregistrées en établissement (séjours issus du programme de médicalisation du système d'information, PMSI) et en ville (données de remboursement de l'assurance maladie).

La pratique a beaucoup évolué depuis 20 ans : seulement un peu plus de la moitié des IVG (53 %) ont été réalisées en établissement en 2025 alors qu'elles l'étaient encore toutes en 2004, rappelle la Drees.

Il s'agit désormais principalement d'établissements de santé publics. Ainsi, 93,4 % des IVG ont été réalisées dans des hôpitaux, 3,2 % dans des établissements de santé privés d'intérêt collectif (Espic) et 3,4 % dans des cliniques, par rapport à respectivement 93 %, 3,3 % et 3,7 % en 2024. En 2001, un tiers des IVG étaient réalisées dans des cliniques. La Drees explique en partie cette forte baisse par le report des IVG médicamenteuses vers l'activité libérale en ville et par la diminution du nombre de maternités privées.

En ville, où les IVG peuvent être réalisées jusqu'à neuf semaines d'aménorrhée (SA), plus de la moitié des IVG (54 %) ont été réalisées par les sages-femmes (59 680 actes par 1 690 sages-femmes en cabinet libéral et 5 510 en centre de santé ou centre de santé sexuelle), 23 % par des médecins généralistes (22 208 actes par 970 médecins libéraux et 5 450 en centre) et 23 % par des gynécologues médicaux ou des gynécologues-obstétriciens (26 490 actes par 1 710 gynécologues en cabinet et 1 710 en centre).

La pratique par les sages-femmes libérales, autorisée depuis 2016, continue de se développer à un rythme soutenu (+15 % par rapport à 2024), note la Drees. Elle a relevé une forte hausse du nombre de sages-femmes ayant pratiqué au moins une IVG dans l'année (+240), bien plus rapide que celle du nombre de médecins généralistes (+40) ou de gynécologues (+10).

Toutefois, beaucoup de praticiens de ville ont fait très peu d'IVG au cours de l'année. Un peu plus d'un quart des sages-femmes (28 %) et de la moitié des médecins (53 %) en ont pratiqué moins de 10. Seulement 7 % des sages-femmes et 5 % des médecins en ont fait 100 ou plus.

Des disparités régionales ont persisté, avec plus de deux IVG sur trois réalisées en ville en Corse, en Guadeloupe, en Guyane ou à La Réunion, par rapport à moins d'une sur trois dans le Grand Est ou en Pays de la Loire. Au niveau départemental, moins d'une IVG sur 10 a été effectuée en ville dans la Haute-Vienne ou dans la Creuse contre plus de deux sur trois en Haute-Garonne ou dans les Alpes-Maritimes.

Un taux de recours en hausse pour tous les âges

La Drees a calculé que le taux de recours s'établissait à 17,8 IVG pour 1 000 femmes de 15 ans à 49 ans, en hausse de 0,5 point par rapport à 2024 (comme entre 2023 et 2024). Il était stable autour de 15 ‰ dans les années 2000 puis a crû à partir de la fin des années 2010 (sauf pendant la crise sanitaire), principalement en raison de la hausse des IVG médicamenteuses hors établissement.

L'indice conjoncturel d'avortement, qui "neutralise l'effet de la déformation de la structure d'âge au fil des ans", a atteint 0,63 en 2025 (plus de six femmes sur 10 pratiqueraient une IVG au cours de leur vie féconde, avec les taux actuels par âge), contre 0,61 en 2024 et 0,55 en 2018.

Le taux de recours augmente à tous les âges depuis 2022. En 2025, il était plus élevé entre 20 et 29 ans (29,7 ‰ entre 20 et 24 ans et 30,3 ‰ entre 25 et 29 ans). Cette hausse "s'inscrit dans la continuité des années antérieures chez les femmes de plus de 25 ans mais marque une rupture pour les plus jeunes, dont les recours étaient en baisse". Elle s'explique également par une modification des comportements vis-à-vis de la contraception, note la Drees.

Le taux de recours des mineures a légèrement augmenté en 2025 à 5,8 ‰ mais c'est le seul taux qui reste plus faible qu'en 1990, où il atteignait 7 ‰ (sans réintégrer les recours anonymes). La Drees observe que l'estimation du taux de recours à l'IVG des mineures dépend fortement de l'hypothèse retenue pour l'âge des femmes ayant souhaité rester anonymes (procédure initialement réservée aux mineures et généralisée à toutes les femmes en 2021). Ce dispositif a été utilisé par 7,8 % des femmes en 2025 (6,6 % en 2024 et 5,3 % en 2023).

Le taux de recours à l'IVG standardisé sur l'âge est apparu deux fois plus élevé dans les départements et régions d'outre-mer (Drom) à 33 ‰ (plus de 45 ‰ en Guadeloupe et en Guyane, où il a pu être surestimé en raison du recours de femmes non résidentes) contre 17 ‰ en France métropolitaine.

Dans toutes les régions de France, les taux se sont stabilisés ou ont continué de croître en 2025, à l'exception de la Guyane et de Mayotte, où les taux ont baissé pour la troisième année consécutive. Des disparités régionales demeuraient en France métropolitaine, où le taux de recours standardisé était presque deux fois plus élevé pour les femmes résidant en Provence-Alpes-Côte d'Azur (23 ‰) que pour celles vivant en Pays de la Loire (12,6 ‰).

Plus de huit femmes sur 10 ont réalisé leur IVG dans leur département de résidence, ce qui est stable depuis plusieurs années, mais avec des variations territoriales importantes (de 55 % dans l'Ain à 96 % dans les Alpes-Maritimes), qui peuvent notamment traduire des difficultés d'accès locales.

Huit IVG sur 10 sont médicamenteuses

La méthode utilisée est depuis plusieurs années principalement médicamenteuse. Elle concerne 81 % des IVG réalisées en 2025 (+1 point par rapport à 2024) contre 68 % en 2017 et 31 % en 2001.

Parmi les IVG médicamenteuses réalisées hors établissement, 108 400 ont eu lieu dans un cabinet libéral, 12.800 en centre de santé ou en centre de santé sexuelle et 1 400 à la suite d'une téléconsultation (180 de moins qu'en 2024).

La pratique des IVG instrumentales en centre de santé reste peu répandue, avec 103 cas en 2025, dont "huit sur 10 concentrés dans les deux centres pionniers du Loiret et du Val-de-Marne". En établissement, 36 % des IVG sont encore réalisées de façon instrumentale (19 % de l'ensemble des IVG).

Graphique réalisé par la Drees

Plus des trois quarts des IVG en établissement (77,5 %) ont été réalisées avant 10 SA, soit la même proportion qu'avant l'allongement du délai en 2022 jusqu'à 16 SA. Les IVG effectuées à partir de 12 SA, représentaient environ 9,6 % des IVG hospitalières (3,3 % à partir de 14 SA) et ont été réalisées essentiellement par voie instrumentale (87,6 %, contre 9,2 % par voie médicamenteuse et 3,2 % pour lesquelles la méthode était inconnue). Dans les Drom, elles étaient deux fois plus fréquentes (17,6 % contre 9,2 % en France métropolitaine). Sur les 531 établissements ayant réalisé au moins une IVG en 2025, 406 en ont pratiqué au moins une à un terme compris entre 12 et 16 SA, et 230 à 15 ou 16 SA.

Chez les moins de 25 ans, la Drees relève par ailleurs que les IVG étaient plus tardives (14 % après 10 SA contre 9 % pour les 25 ans ou plus) et davantage pratiquées en établissement (60 % contre 49 % chez les 25 ans ou plus), où la méthode instrumentale représentait 39 % des actes chez les plus jeunes, contre 34 % pour leurs aînées.

D'après une dépêche publiée par APMnews le 22 septembre 2026.

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