Ebola : lancement de l'essai clinique du vaccin Ervebo en Ituri

L'essai clinique testant l'efficacité contre la souche Bundibugyo du vaccin Ervebo, déjà autorisé contre la souche Zaïre, s'étend à l'Ituri, province épicentre de la 17e épidémie d'Ebola en RDC. Le programme cible les soignants et autres professionnels de première ligne.

1
2
3
4
5
(aucun avis, cliquez pour noter)
Le vaccin Ervebo pourrait conférer une protection croisée contre la souche Bundibugyo. 

Le vaccin Ervebo pourrait conférer une protection croisée contre la souche Bundibugyo. Media Lens King / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Médecins, infirmiers ou encore employés chargés de la désinfection : à Bunia en Ituri, province épicentre de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC), les premiers volontaires parmi les personnels en première ligne de la région ont été vaccinés le 19 septembre, dans le cadre d'un essai clinique, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Le vaccin administré est l'Ervebo. Son efficacité est prouvée sur la souche Zaïre du virus à maladie Ebola, la plus fréquemment rencontrée par le passé. L'essai clinique, ciblant 20 000 personnes et programmé sur neuf à douze mois, doit désormais déterminer s'il peut également protéger contre la souche Bundibugyo, à l'origine de l'épidémie en cours et contre laquelle il n'existe à ce jour aucun traitement, ni vaccin spécifique.

La RDC est en proie à la 17e épidémie de maladie Ebola de son histoire, devenue en quelques mois la plus meurtrière jamais connue dans le vaste pays d'Afrique centrale.

Partie de la province de l'Ituri et déclarée officiellement mi-mai, l'épidémie a déjà causé 3 639 décès et contaminé 7 541 personnes, selon le dernier bilan de l'Institut national de santé public congolais (INSP) publié le 19 septembre. Quelque 1 823 personnes ont été déclarées guéries. Le virus est présent dans sept provinces.

La riposte sanitaire a été laborieuse. Par manque de moyens, dans une région reculée et où la présence de groupes armés complique les déplacements, mais aussi à cause d'une grande défiance des populations locales qui a conduit, à plusieurs reprises au cours des derniers mois, à des violences ciblant des personnels humanitaires et des structures de soins.

Un plateau mais l'épidémie n'est pas "sous contrôle"

Après un accroissement rapide, le nombre de cas connaît un "plateau", a souligné le 17 septembre lors d'un briefing le patron de l'agence de santé de l'Union africaine (Africa CDC), Jean Kaseya, mais "personne ne peut venir dire que l'épidémie est sous contrôle", a-t-il martelé, contredisant de récentes déclarations du gouvernement congolais.

Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une grave fièvre hémorragique, a tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années.

Sous des tentes installées devant le laboratoire de la capitale provinciale Bunia, les personnels soignants ont le 19 septembre, l'un après l'autre, retroussé une manche.

"Nous sommes tous les jours en contact avec les malades et il est important que nous soyons protégés pour pouvoir ensuite protéger nos patients", a dit, soulagée, Annie Banage, infirmière dans un centre de santé Ebola, interrogée par l'AFP.

Nicole Nlandu, médecin, est de son côté déjà convaincue qu'avec le vaccin, elle a "moins de chance d'avoir la forme grave" de la maladie.

Quelque 70 000 doses d'Ervebo, provenant du stock mondial de vaccins contre Ebola, ont été allouées en août à la RDC. Plus de 3 000 personnes ont déjà été vaccinées dans la province de la Tshopo (nord-est) et plus de 700 dans le Bas-Uélé (nord), dans le cadre de l'essai clinique, selon l'INSP. Le 21 septembre, les Nations unies évaluent sur son site les chiffres à la hausse, respectivement à plus de 3 500 et à plus de 980. 

"Ce vaccin est efficace contre la souche Zaïre, mais nous ne savons pas à quel pourcentage il pourrait être efficace contre la souche Bundibugyo", a reconnu le 19 septembre devant la presse le Pr Steve Ahuka, responsable de la riposte sanitaire en RDC.

Mais il "pourrait offrir un certain niveau de protection croisée contre le virus Bundibugyo", a expliqué la Dr Nana Mimbu, coordonnatrice pour la recherche chez l'ONG Médecins sans frontières (MSF), présente sur le terrain.

D'après une dépêche AFP publiée le 19 septembre 2026.

Sources

Commentaires

Ajouter un commentaire
En cliquant sur "Ajouter un commentaire", vous confirmez être âgé(e) d'au moins 16 ans et avoir lu et accepté les règles et conditions d'utilisation de l'espace participatif "Commentaires" . Nous vous invitons à signaler tout effet indésirable susceptible d'être dû à un médicament en le déclarant en ligne.
Pour recevoir gratuitement toute l’actualité par mail Je m'abonne !