Médecins libéraux : la féminisation et le rajeunissement de la profession ont « freiné » la hausse du revenu moyen entre 2017 et 2021 (Drees)

Le service statistique du ministère de la Santé a étudié l'évolution des revenus des médecins libéraux entre 2017 et 2021 et l'effet qu'ont pu avoir l'âge, le sexe et le secteur de conventionnement. 

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Le niveau d'activité des jeunes médecins est en moyenne plus faible en début de carrière. 

Le niveau d'activité des jeunes médecins est en moyenne plus faible en début de carrière. fizkes / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Le revenu d'activité des médecins libéraux a progressé en moyenne de 0,6 % par an entre 2017 et 2021 en euros constants, contre 1,2 % à structure d'âge, de sexe et de secteur de conventionnement inchangée, explique la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) dans une étude publiée ce 15 septembre.

Cette publication sur l'évolution des revenus fait suite au rapport sur le temps de travail des médecins libéraux présenté fin août par la Drees, qui a montré une baisse de huit heures hebdomadaires en six ans.

Pour réaliser son étude, la Drees a pris en compte le revenu d'activité des médecins, qui correspond à la somme des revenus issus de leur activité libérale et d'une éventuelle activité salariée complémentaire.

Elle s'est appuyée sur des données de l'Assurance maladie et de l'administration fiscale pour les médecins conventionnés exerçant en France, "âgés de 70 ans ou moins et ayant une activité libérale".

La Drees a ensuite estimé l'effet de l'évolution de trois caractéristiques (âge, sexe et secteur de conventionnement) sur la progression de leur revenu moyen entre 2017 et 2021, en calculant quelle aurait été cette progression si ces caractéristiques étaient restées inchangées.

Entre 2017 et 2021, le revenu d'activité des médecins libéraux en France a progressé en moyenne de 0,6 % par an en euros constants, c'est-à-dire après déduction de l'inflation.

"À structure d'âge, de sexe et de secteur de conventionnement inchangée, cette progression aurait atteint 1,2 % par an, soit 0,6 point de plus que celle effectivement observée", observe la Drees.

À noter que c'est principalement le revenu d'activité des omnipraticiens qui augmente (+0,7 %), tandis que celui des médecins des autres spécialités diminue légèrement (-0,1 %), avec des différences de niveau importantes (98 300 euros en moyenne pour les omnipraticiens en 2021, contre 153 300 euros pour l'ensemble des autres spécialistes).

Un niveau d'activité moyen plus faible chez les femmes

La féminisation croissante de la profession explique en partie cet écart avec l'attendu. La part des femmes parmi les médecins libéraux est passée de 37 % en 2017 à 41 % en 2021, contre 27 % en 2005.

Or, leur niveau d'activité est en moyenne inférieur à celui des hommes, à tout âge et dans toutes les spécialités. Ainsi, si la proportion de femmes était restée identique à celle de 2017, le revenu d'activité moyen des médecins aurait progressé de 0,5 point supplémentaire par an entre 2017 et 2021, explique la Drees.

Par exemple, en 2021, le revenu d'activité moyen des femmes médecins s'établissait à 89 500 euros, contre 148 800 euros pour les hommes, soit un écart de 40 % qui s'explique "en majorité" par un niveau d'activité moyen inférieur, souligne la Drees.

Le rajeunissement de la profession réduit également la croissance du revenu moyen. Après avoir augmenté de quatre ans entre 2005 et 2017, l'âge moyen des médecins libéraux a diminué de deux ans entre 2017 et 2021. La part des médecins âgés de 55 ans ou plus est notamment passée de 56 % à 49 % sur cette période.

"Ce rajeunissement relatif de la profession, observé en fin de période, résulte de l'arrivée croissante de jeunes médecins, en lien avec l'augmentation du numerus clausus dès 2005, avant sa suppression en 2020", explique la Drees.

Or, le niveau d'activité des médecins est en moyenne plus faible en début de carrière, avant d'augmenter aux âges intermédiaires puis de diminuer en fin de carrière.

Si la répartition des médecins par âge était restée identique à celle de 2017, leur revenu d'activité moyen aurait progressé de 0,6 point supplémentaire par an entre 2017 et 2021.

Le secteur 2 soutient au contraire la hausse

Après le sexe et l'âge, le troisième facteur étudié par la Drees est le secteur de conventionnement.

Mais, contrairement aux deux premiers, son évolution a soutenu la croissance du revenu moyen sur la période (+0,2 point par an entre 2017 et 2021).

Cette progression s'explique par la progression de la part des médecins exerçant en secteur 2 qui pratiquent des dépassements d'honoraires. "Les médecins en secteur 2 perçoivent des revenus plus élevés, en moyenne, que ceux en secteur 1 (149 100 euros contre 124 000 euros, toutes spécialités confondues)", précise la Drees.

Entre 2017 et 2021, la part de médecins en secteur 2 a augmenté de 3 points toutes spécialités confondues, et de 7 points hors omnipraticiens.

"L'augmentation de cette proportion est plus marquée parmi les anesthésistes-réanimateurs (+12 points), les gynécologues (+11 points), les psychiatres (+9 points) et les radiologues (+8 points)", explique la Drees.

À l'inverse, "la part de professionnels en secteur 2 baisse de 2 points chez les omnipraticiens pour atteindre 5 % en 2021, une part marginale relativement aux autres spécialités".

D'après une dépêche publiée par APMnews le 16 septembre 2026.

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