Canicules en France : près de 8 000 décès en excès selon un bilan provisoire

Santé publique France rapporte au moins 817 morts en excès du 27 juillet au 20 août 2026, ce qui porte le chiffre à près de 8 000 depuis le 15 juin. Le bilan consolidé va s'alourdir alors que la période de surveillance s'étend du 1er au 15 septembre.

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Le premier épisode de canicule mi-juin, intense et précoce, reste le plus meurtrier.

Le premier épisode de canicule mi-juin, intense et précoce, reste le plus meurtrier.Dragoncello / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

L'été le plus chaud jamais vécu par l'Hexagone depuis 1900, avec sa succession presque ininterrompue de canicules, a fait près de 8 000 morts en excès, selon des données provisoires des autorités sanitaires.

Lors du plus long épisode de chaleur jamais enregistré sur le territoire, du 27 juillet au 20 août, au moins 817 décès excédentaires - qu'on ne peut pas encore imputer à la chaleur avec certitude - ont été comptabilisés par Santé publique France (SPF), qui a livré ce 16 septembre son nouveau bilan.

Cette troisième vague de chaleur de l'été, qui a frappé près de 90 % de la population hexagonale, a été moins meurtrière que les deux précédentes.

Les 817 décès de plus qu'attendu s'ajoutent aux 5 764 morts estimées du 17 juin au 2 juillet, aux 1 243 du 3 au 20 juillet et aux 95 lors d'un bref pic de chaleur avant l'été, du 24 au 28 mai.

Ce bilan est cependant voué à s'alourdir : les chiffres doivent encore être consolidés - leur collecte n'est pas terminée - et il ne prend pas en compte l'été entier - la période de surveillance va du 1er juin au 15 septembre

"Cet été 2026 a été complètement inédit, avec des épisodes de canicule presque en continu", a souligné auprès de l'AFP Guillaume Boulanger, responsable de l'unité qualité des milieux de vie, du travail et santé des populations à SPF. D'ordinaire, les jours de canicule représentent "autour de 5 % de l'été", cette année, "on sera nettement au-dessus", a-t-il prédit.

L'été 2026 a été, selon Météo-France, le plus chaud depuis 1900, devant les étés 2003, dont le lourd impact sanitaire, avec ses 15 000 morts, avait fait l'effet d'un électrochoc, mais aussi 2022.

Le changement climatique, causé principalement par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz liée aux activités humaines, augmente la probabilité de subir de tels épisodes de canicule très intenses, très longs et très étendus géographiquement.

Cet été, ces canicules ont touché, au-delà de la France, "principalement l'Europe de l'Ouest: l'Allemagne, le Royaume-uni, l'Italie", a noté Guillaume Boulanger, rappelant que les méthodes de comptage diffèrent d'un pays à l'autre et compliquent les comparaisons.

Les 75 ans et plus, principales victimes

Alors que les précédents épisodes avaient aussi touché des populations plus jeunes, c'est cette fois "quasi exclusivement des personnes âgées de 75 ans et plus" : 751 morts de plus qu'attendu ont été recensées dans cette classe d'âge, a noté l'agence sanitaire.

Près de la moitié de ces décès en surnombre constatés en 25 jours de canicule sont survenus en trois jours, du 14 au 16 août, juste après les deux journées "les plus intenses" par leurs températures et survenues sur "la plus grande étendue du territoire", a précisé Robin Lagarrigue, chargé d'études scientifiques à SpF.

Hormis la Normandie et l'Occitanie, toutes les régions ont connu un excès de mortalité de toutes causes. La Bourgogne-Franche-Comté, avec 140 décès en excès, a été la plus touchée, affectée par l'une des durées d'exposition les plus longues de cet épisode.

À la différence de précédents épisodes de canicules de l'été, l'excès de mortalité ne semble pas avoir été plus marqué à domicile : environ la moitié des décès ont été recensés à l'hôpital, contre 25 % à domicile et un peu plus de 20 % en Ehpad/maison de retraite.

Mais l'Ehpad est parfois considéré comme le domicile du défunt, et certains décès peuvent survenir à l'hôpital après une exposition au domicile ou en Ehpad. La prudence est donc de mise à ce stade dans l'interprétation.

Sur les trois canicules de l'été, la première (17 juin au 2 juillet) a été marquée par environ 4,5 fois plus de morts en excès que la deuxième et par sept fois plus que la troisième.

Hypothèses pour expliquer cet écart : son caractère très intense, mais aussi sa précocité. En juin, les organismes n'étaient pas acclimatés à la chaleur, et l'activité (travail, école...) était encore forte.

En outre, les personnes les plus fragiles (âgées, avec des pathologies chroniques, des mauvaises conditions de logement...) ont pu décéder dès le début de l'été.

Après la publication des premiers chiffres, qui progressivement s'affinent, les bilans de mortalité des périodes de fortes chaleurs de 2026 ont alimenté une âpre bataille politique à l'approche de la présidentielle.

Un bilan définitif est attendu début 2027. Les effets sanitaires ne se limitent pas aux seules canicules, une surmortalité étant généralement observée dès que la température quotidienne moyenne dépasse 25 °C.

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