Des xénogreffes de rein, cœur, poumon et foie issus de porc ont été expérimentées dans le monde. gpointstudio / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Le Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) formule trois propositions visant à développer la recherche sur les xénogreffes en France de manière strictement encadrée, dans un avis publié le 15 septembre 2026.
Dans cet avis sur l'amélioration du don d'organes et des greffes, le CCNE a souhaité aborder les enjeux éthiques soulevés par les transplantations d'organes provenant d'animaux vers l'être humain. "Ces pratiques s'inscrivent dans la continuité des réflexions sur l'insuffisance du nombre de greffons au regard des besoins croissants en transplantation", avec des enjeux uniquement relatifs à la recherche pour le moment.
"Les xénogreffes impliquent non seulement des enjeux médicaux et de sécurité sanitaire spécifiques, mais aussi des interrogations éthiques relatives au rapport entre l'être humain et l'animal, aux limites de l'intervention technologique sur le vivant, ainsi qu'aux conséquences collectives potentielles de ces pratiques", poursuit le comité.
Il propose tout d'abord d'"inscrire le développement éventuel des xénogreffes dans un débat public transparent et démocratique", sur leurs conditions d'acceptabilité en associant la société civile, les patients, les professionnels de santé, les chercheurs ainsi que les représentants des différentes sensibilités philosophiques et religieuses.
Le CCNE précise notamment que pour qu'elles soient acceptables, les xénogreffes doivent faire la démonstration de leur efficacité et sécurité, sur la base de résultats scientifiques totalement transparents, et s'inscrire dans "un cadre juridique et éthique clair définissant les limites et les conditions de recours à ces pratiques".
Les xénogreffes doivent s'inscrire uniquement dans une logique de complémentarité à la greffe humaine, réaffirme-t-il.
Le comité consultatif suggère ensuite de "garantir un encadrement éthique, scientifique et sanitaire particulièrement exigeant au niveau européen" concernant à la fois les essais cliniques et les patients qui y participent ainsi que les modalités d'élevage, de sélection, de modification génétique et d'euthanasie des animaux donneurs.
L'élaboration de règles de bonnes pratiques doit être "prioritaire", couvrant l'ensemble du processus, de l'élevage des animaux à la traçabilité des greffons.
Enfin, le CCNE recommande d'anticiper "une stratégie nationale de recherche et de souveraineté en matière de xénogreffe" au regard des enjeux scientifiques, sanitaires, éthiques et industriels, comme le préconise notamment l'Académie de médecine.
Il appelle à une vigilance particulière et à une vision européenne concernant les modèles économiques associés aux xénogreffes, les risques de dépendance technologique et industrielle, ainsi que les innovations.
Il est "essentiel que la France prenne toute sa place dans la création d'un consortium européen capable d'assurer la production de tels greffons". Le manque de financements pousse la France à se reposer sur l'Europe, avaient estimé plusieurs acteurs du domaine lors d'un colloque fin 2025.
Enfin, concernant les essais cliniques en particulier, il suggère de désigner une liste restreinte de comités de protection des personnes (CPP) experts en xénotransplantation.
Des expérimentations ont débuté, essentiellement aux États-Unis et en Chine, avec notamment des greffes de foie, de poumon, de rein ou encore de cœur de porc.
D'après une dépêche publiée par APMnews le 15 septembre 2026.
Avis CCNE 152, Dons d'organes, allogreffes et xénogreffes : enjeux éthiques (CCNE, 15 septembre 2026)
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