Lancement du recrutement de 50 000 volontaires en France pour une étude sur la prévention de la maladie d'Alzheimer

Les investigateurs de l'étude ALZEVIT visent le recrutement de 50 000 personnes de plus de 45 ans en 18 mois. Après une étape de génotypage pour ApoE, il est prévu d'identifier des leviers de prévention de la maladie d'Alzheimer et de personnaliser les stratégies à chaque profil.

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Les participants sont un peu inquiets de leurs capacités mnésiques ou avec un antécédent familial.

Les participants sont un peu inquiets de leurs capacités mnésiques ou avec un antécédent familial.Miljan Živković / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Les investigateurs de l'étude ALZEVIT se donnent 18 mois pour trouver 50 000 personnes de 45 ans et plus disposées à participer au premier registre national ApoE (du nom d'un gène majeur dans le risque de développer une maladie d'Alzheimer), première phase d'une étude de cinq ans qui vise à identifier des leviers de prévention efficaces contre cette maladie neurodégénérative et à contribuer au développement de thérapies plus précoces et personnalisées, a-t-on appris ce 10 septembre, lors d'un point presse organisé à Paris.

Tout juste ouverte, la plateforme de recrutement en ligne avait déjà permis d'engranger 50 participants lorsque le point presse s'est achevé, vers midi.

"Je suis ravie que l'on fasse cette étude car cela fait des années que l'on doit s'attacher à faire de la prévention à très large échelle dans le cadre de la maladie d'Alzheimer, et des années que l'on sait que l'ApoE4 est un facteur de risque majeur de cette pathologie", a déclaré Audrey Gabelle, neurologue au CHU de Montpellier et investigatrice principale de l'étude ALZEVIT.

L'objectif de ce travail est donc d'identifier et d'analyser les déterminants de l'évolution de la maladie chez les personnes porteuses de l'ApoE4 afin de développer des stratégies de prévention adaptées à chaque profil.

Le gène de l'apolipoprotéine E (ApoE) comporte trois allèles principaux, dont l'allèle 2 (ε2, ApoE2), qui a un effet protecteur, l'allèle 3, le plus courant, et l'allèle 4 (ε4, ApoE4), qui est un facteur de risque de la maladie.

Si seulement 1 % à 2 % des personnes sont homozygotes pour l'ApoE4 en population générale, ce taux atteint les 15 %-18 % selon l'âge chez les patients atteints de maladie d'Alzheimer, et environ 65 % des patients sont porteurs d'au moins un allèle ApoE4, a rappelé Stéphanie Bombois, neurologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris (AP-HP) et co-investigatrice d'ALZEVIT.

Le budget global de cette étude nationale est estimé à 60 millions d'euros (M€), dont un tiers est d'ores et déjà apporté par la société française de biotechnologie Firalis, spécialisée dans le développement de kits pour la médecine de précision, et dont le test APO-Easy G4PS sera utilisé dans l'étude.

Celle-ci comporte trois phases. La première (phase A), menée auprès des 50 000 volontaires, vise à connaître la distribution des variants de l'ApoE dans la population française. Pour être inclus, il est nécessaire d'avoir au moins 45 ans et d'être "au moins un peu inquiet" de ses capacités mnésiques, ou d'avoir une "histoire familiale" de maladie d'Alzheimer.

Kit d'autoprélèvement à domicile

Tout est fait de façon décentralisée, dans le sens où les participants s'inscrivent en ligne, reçoivent un kit d'autoprélèvement de salive à domicile et renvoient le tout par courrier, sans frais.

Le chief executive officer (CEO) et président de Firalis, Hüseyin Firat, a expliqué que seul 1 µL de salive ou de sang était requis pour réaliser le test APO-Easy G4PS*. Celui-ci, qui repose sur une PCR, ne dure qu'1h30 et ne nécessite pas d'extraction de l'ADN, a-t-il fait valoir.

Ces techniques "très simples" permettent "vraiment d'ouvrir la possibilité de tester cela en population, à grande échelle", a salué Audrey Gabelle. "C'est vraiment unique, et je pense que cela va aussi complètement changer la possibilité d'avoir accès à ces patients à risque et de leur proposer [des solutions]".

Il n'est pas prévu que les participants soient mis au courant de leurs résultats de génotypage, à moins qu'ils en aient fait la demande lors du recrutement, a-t-elle précisé à APMnews. Dans ce cas, l'annonce des résultats serait faite lors d'une téléconsultation spécifique ou d'une consultation en centre mémoire.

Pour la phase B de l'étude, il est prévu de sélectionner 2 350 participants parmi les 50 000, dont 750 homozygotes pour l'ApoE4, afin de réaliser un phénotypage approfondi (suivi cognitif et neurologique, biomarqueurs sanguins, imagerie cérébrale, mode de vie, analyses multi-omiques et micropolluants…).

La phase C de l'étude prévoit un suivi longitudinal des participants, avec la constitution d'une cohorte "trial-ready" pour les futures études de prévention. L'idée est d'avoir une plateforme pour tester la prévention personnalisée en agissant sur le risque modifiable (avec des interventions multimodales ciblant les 14 facteurs identifiés par la commission du Lancet de 2024) et d'explorer des pistes thérapeutiques adaptées au génotype.

À noter que Maria Soto-Martin, experte pour la stratégie nationale sur les maladies neurodégénératives, David Wallon, président de la Fédération des centres mémoire (FCM), François Sellal, vice-président de la Fédération française de neurologie (FFN), et Benoît Durand, directeur général de l'association France Alzheimer, se sont également exprimés lors de ce point presse pour témoigner de leur soutien à cette étude.

D'après une dépêche publiée par APMnews le 10 septembre 2026. 

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