Un rapport pointe des « dysfonctionnements graves » dans la prise en charge des urgences psychiatriques en Île-de-France

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté dénonce des atteintes aux droits fondamentaux des patients dans les urgences psychiatriques en Île-de-France. Des défaillances attribuées au manque chronique de personnel et de moyens. 

1
2
3
4
5
(aucun avis, cliquez pour noter)
L'attente prolongée aux urgences psychiatriques entraîne des renoncements aux soins. 

L'attente prolongée aux urgences psychiatriques entraîne des renoncements aux soins. bee32 / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Des patients coincés des jours sur des brancards, allongés au sol, retenus arbitrairement : le contrôleur général des lieux de privation de liberté dénonce des "dysfonctionnements graves" dans la prise en charge des urgences psychiatriques dans divers hôpitaux d'Ile-de-France, dans des "recommandations en urgence" publiées ce 10 septembre. 

Ses services ont visité, du 6 au 10 juillet, les services d'urgences de plusieurs établissements, notamment de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (hôpitaux Cochin, Robert-Debré, Necker, Pitié-Salpêtrière...), de l'hôpital Sainte-Anne (GHU Paris psychiatrie et neurosciences), et d'autres de la petite couronne (Delafontaine à Saint-Denis, Henri-Mondor à Créteil...).

Ils y ont constaté des "dysfonctionnements graves" dans la prise en charge des patients nécessitant des soins psychiatriques, liés au manque de personnel et de moyens, incompatibles avec le respect de leurs "droits fondamentaux", entre "attente prolongée dans des conditions indignes", "rétentions arbitraires" ou "contentions sans cadre légal", détaille le texte publié au Journal officiel.

Le nombre de lits d'hospitalisation en psychiatrie est inadapté aux besoins croissants et la situation se dégrade : au premier semestre 2026 en Île-de-France, 3 957 patients à orientation psychiatrique ont subi une attente "prolongée" aux urgences (+31,8 % par rapport à 2025).

La durée moyenne dépassait 39 heures au deuxième trimestre, contre 29 heures début 2025.

Dans certains services visités, une dizaine de patients attendent ainsi chaque jour, avec un maximum rapporté de 27. Certains peuvent rester jusqu'à une dizaine de jours. Aux urgences psychiatriques de Sainte-Anne, 60 % attendent "plus de 13 heures, 20 % plus de 48 heures".

Le contrôleur pointe des "renoncements aux soins", des "ruptures de prises en charge" et appelle à trouver "très rapidement" des "solutions organisationnelles, bâtimentaires, capacitaires et de ressources humaines".

Patients "sur des chaises inconfortables" ou des brancards dans les couloirs : les locaux ne garantissent ni la "dignité" ni "l’intimité" des malades. Certains sont même contraints de s'allonger sur le sol des couloirs la nuit, dans "le bruit" et sous l'éclairage "intense". L'accès à l'hygiène est "limité".

En outre, des patients devant être hospitalisés sans consentement sont retenus "arbitrairement", les procédures légales n'étant pas respectées. D'autres font l'objet de mesures d’isolement ou contention "sans cadre légal".

Le contrôleur appelle à instaurer "une politique d’établissement sur les alternatives" aux mesures coercitives, à proscrire isolements et contentions non encadrés, et à former les personnels.

Enfin, de nombreux mineurs sont hospitalisés avec des adultes faute de pédopsychiatres, critique-t-il, réclamant pour eux "un statut légal" et un "plan de réhabilitation de la pédopsychiatrie".

D'après une dépêche publiée par l'AFP le 10 septembre 2026.

Commentaires

Ajouter un commentaire
En cliquant sur "Ajouter un commentaire", vous confirmez être âgé(e) d'au moins 16 ans et avoir lu et accepté les règles et conditions d'utilisation de l'espace participatif "Commentaires" . Nous vous invitons à signaler tout effet indésirable susceptible d'être dû à un médicament en le déclarant en ligne.
Pour recevoir gratuitement toute l’actualité par mail Je m'abonne !