Comment diminuer ou arrêter un médicament dont la balance bénéfice-risque devient défavorable. microgen / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Un "réseau national français de la déprescription" sera lancé officiellement "à l'automne" pour mieux coordonner les différents acteurs autour de la réduction des prescriptions, a annoncé le pharmacien au CHU de Nantes Jean-François Huon lors du forum de l'Association du bon usage du médicament (Abum), organisé le 8 septembre 2026 à Paris.
"La déprescription, c'est le retrait ou la diminution d'un médicament dont la balance bénéfice-risque est ou est devenue défavorable", a résumé le pharmacien clinicien, à l'origine de la création de ce réseau. Elle implique "tout le monde : cliniciens, chercheurs, enseignants, agences, entreprises du médicament". "Depuis cinq ans tout le monde en parle, mais il y a très peu de coordination entre les différents acteurs", a-t-il observé.
S'inspirant de réseaux existants aux États-Unis ou au Canada, le pharmacien a consulté l'Agence nationale de la sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), la Haute Autorité de santé (HAS), le Résomédit (qui représente les 14 observatoires régionaux ou interrégionaux des médicaments, dispositifs médicaux et innovations thérapeutiques -Omédit), des sociétés savantes "de pharmacie clinique, pharmacologie mais aussi de gériatrie" et "d'autres partenaires travaillant sur la déprescription, comme Sciences Po" avant de créer ce réseau.
Les objectifs sont "cliniques en premier lieu", afin de "créer une communauté de pratiques" et de "diffuser des outils destinés à accompagner les professionnels de santé et aussi les patients", ainsi que "pédagogiques", en vue de créer des programmes de formation par des webinaires et un "diplôme interuniversitaire de déprescription".
Le réseau montera également des projets de recherche "multicentriques" et des études épidémiologiques ou sociologiques. L'objectif est aussi politique, afin de "porter d'une seule voix" ces problématiques auprès des tutelles et des autres réseaux internationaux.
Un réseau ouvert au mécénat
Un bureau, présidé par Jean-François Huon, a été constitué. Il comprend cinq autres professionnels de santé : Thomas Morel, médecin généraliste et chef de clinique au département de médecine générale (DMG) de Nantes, Athénaïs Ercker, pharmacienne exerçant à l'Omédit Grand Est, Marie-Laure Laroche, pharmacologue au CHU de Limoges, Maëva Musso, psychiatre aux Hôpitaux Paris Est, et Aline Corvol, gériatre au CHU de Rennes.
Un comité scientifique est "en cours de finalisation", ainsi qu'un comité stratégique, avec des représentants de l'ANSM, de l'assurance maladie, de plusieurs sociétés savantes, des "patients partenaires", des infirmiers de pratiques avancées (IPA) et des entreprises privées partenaires.
La HAS a "soutenu le projet mais a demandé à ne pas être dans le conseil scientifique ou le comité stratégique pour garder son indépendance par rapport à ça", a précisé Jean-François Huon à APMnews.
La Cnam apparaît aussi parmi les financeurs, aux côtés d'une société savante. "On est ouverts à du mécénat" y compris "privé", en "évitant les conflits d'intérêts", a précisé le pharmacien. "Le conseil scientifique a déterminé qu'il ne faudrait pas que ce soient des financements des laboratoires pharmaceutiques" afin de préserver une "indépendance vis-à-vis de l'industrie", a-t-il ajouté.
Une fois le réseau lancé, quatre groupes de travail seront constitués, sur les pratiques professionnelles, l'engagement patient, la formation et la recherche. Ils sont ouverts aux participants, a fait savoir Jean-François Huon devant le forum de l'Abum.
D'après une dépêche publiée par APMnews le 8 septembre 2026.
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