L'aminophylline, un inhibiteur de phosphodiestérase, stimule la maturation ovocytaire chez l'animal. Natalia Riabchenko / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Un prétraitement par aminophylline orale semble augmenter significativement le taux de naissances vivantes chez les femmes de plus de 35 ans présentant une diminution de la réserve ovarienne (Poséidon 4), selon une étude chinoise rétrospective présentée la semaine du 6 juillet 2026 au congrès de l'European Society of Human Reproduction and Embryology (ESHRE) à Londres.
Des études expérimentales ont montré que les inhibiteurs des phosphodiestérases, comme l'aminophylline, augmentent les concentrations intracellulaires d'adénosine monophosphate cyclique (AMPc) et favorisent la maturation ovocytaire chez l'animal, mais leur utilisation pour améliorer notamment le taux de naissances vivantes chez les femmes présentant une faible réserve ovarienne n'a pas encore été démontrée de façon concluante, a rappelé Yingying Liu du sixième hôpital affilié de l'Université Sun Yat-sen à Canton (Chine).
Pour évaluer l'impact sur la qualité ovocytaire et le potentiel d'implantation embryonnaire de l'aminophylline, médicament peu cher et déjà utilisé notamment dans des pathologies respiratoires, elle a mené avec ses collègues une étude de cohorte rétrospective monocentrique entre décembre 2022 et décembre 2024.
Ils ont inclus 1.718 patientes du groupe Poséidon 4 ayant bénéficié d'une fécondation in vitro (FIV), parmi lesquelles 140 ont reçu de l'aminophylline (100 mg, trois fois par jour) pendant au moins un mois avant le début de la stimulation ovarienne, puis jusqu'à la ponction ovocytaire.
Après appariement par score de propension, le groupe aminophylline présentait un taux de grossesse biologique significativement plus élevé (35,6 % vs 26,2 %) ainsi qu'une tendance à une augmentation du taux de grossesse clinique (26,7 % vs 19,3 %) et du taux de naissances vivantes (17 % vs 11,5 %).
Les chercheurs ont identifié l'aminophylline comme facteur prédictif indépendant de grossesses biologiques (odds ratio ajusté -ORa- à 1,7), de grossesses cliniques (ORa à 1,6) et de naissances vivantes (ORa à 1,9).
Pour confirmer ces résultats, Yingying Liu a insisté sur l'importance de mener un essai prospectif randomisé.
Avec ses collègues, elle a par ailleurs émis l'hypothèse que l'aminophylline optimiserait le micro-environnement folliculaire et améliorerait la fonction mitochondriale. Ils ont en effet observé une augmentation significative de l'expression des gènes impliqués dans la fonction mitochondriale et les voies métaboliques, en particulier les voies de signalisation PI3K-Akt et GnRH. L'analyse du liquide folliculaire a aussi mis en évidence 13 protéines exprimées de façon différentielle, notamment IGFBP3 et IGFALS, deux régulateurs majeurs du développement folliculaire.
Des recherches complémentaires sont nécessaires afin de préciser les mécanismes moléculaires par lesquels l'aminophylline influence le développement folliculaire, l'implantation embryonnaire et la qualité ovocytaire, concluent les chercheurs.
D'après une dépêche publiée dans APMnews le 13 juillet 2026.
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