Les recommandations internationales préconisent désormais le transfert d'un seul embryon.yacobchuk / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Les pratiques modernes de fécondation in vitro (FIV), associées au transfert quasi systématique d'un seul embryon, permettent d'obtenir un taux cumulé de naissances vivantes supérieur aux taux rapportés dans des études historiques, dans lesquelles les transferts de plusieurs embryons étaient fréquents, selon une étude rétrospective australienne présentée mercredi 8 juillet 2026 au congrès de l'European Society of Human Reproduction and Embryology (ESHRE) à Londres.
Les études historiques sur les taux cumulés de naissances vivantes dans le cadre de cycles de FIV ont été réalisées avant 2012, soit avant l'adoption des pratiques modernes, notamment la culture prolongée jusqu'au stade blastocyste (J5-6), la vitrification des embryons, la stratégie de congélation systématique des embryons (freeze-all) lorsqu'elle est indiquée et l'optimisation des protocoles de transfert des embryons congelés, rappelle Dean Morbeck, directeur scientifique du groupe de centres d'assistance médicale à la procréation (AMP) Genea Fertility à Sydney, dans le dossier de presse du congrès.
Ces études incluaient fréquemment des transferts de plusieurs embryons, avec des taux cumulés optimaux après trois cycles compris entre 53 % et 59 %, mais associés à plus de 20 % de grossesses multiples.
Les recommandations internationales préconisent désormais le transfert d'un seul embryon afin de réduire les grossesses multiples et les complications materno-fœtales associées. Il est aussi avancé que le recours au diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies (DPI-A), visant à détecter des anomalies du nombre de chromosomes avant un transfert d'embryon (non autorisé en France), pourrait être nécessaire pour obtenir des résultats acceptables avec un transfert unique.
Face aux données limitées sur les taux cumulés de naissances vivantes après plusieurs cycles, dans un contexte de transfert quasi systématique d'un seul embryon, Dean Morbeck et ses collègues ont mené une étude de cohorte sur 18.396 femmes ayant débuté leur premier cycle de FIV entre janvier 2012 et décembre 2021 (âge moyen de 36 ans) dans sept centres australiens de Genea Fertility, avec un suivi jusqu'en décembre 2023.
Le taux cumulé de naissances vivantes après trois cycles s'élevait à 58,7 % parmi l'ensemble des patientes ayant eu une ponction d'ovocytes et 68,2 % dans l'analyse ne prenant pas en compte les abandons (30 % des patientes). Ce dernier taux variait selon l'âge, passant de 84,5 % pour les femmes de moins de 35 ans à 74,4 % pour celles entre 35 et 37 ans, 57,7 % pour celles de 38 à 40 ans et seulement 30,1 % pour celles de 41 à 42 ans.
Le transfert d'un seul embryon a été réalisé dans 95,3 % de l'ensemble des transferts embryonnaires, avec un taux de naissances multiples de 2,9 %.
"Un DPI-A a été utilisé au cours d'au moins un cycle chez un quart des patientes, mais la majorité des naissances vivantes sont survenues sans recours à cette technique", souligne Dean Morbeck. Même si le DPI-A peut jouer un rôle important pour certaines patientes, notamment celles d'âge avancé ou ayant eu des fausses couches à répétition, cette étude montre qu'il est "possible d'obtenir de très bons résultats en FIV" sans DPI-A systématique des embryons, ajoute-t-il.
« Une décennie d'avancées progressives »
Les chercheurs ont également réalisé une sous-analyse comparant les périodes 2012-2015 et 2017-2021 car les milieux de culture en une seule étape et la culture avec suivi en temps réel par imagerie ont été introduits dans ces centres en 2016.
Ils ont observé une augmentation du taux de blastocystes utilisables (57,6 % versus 48,3 %), du taux cumulé optimal de naissances vivantes (69,8 % vs 67,1 %) et du taux de transferts uniques (97,3 % vs 92,8 %), avec une diminution du taux de naissances multiples (2,7 % vs 3,2 %).
"Ces résultats reflètent une décennie d'avancées progressives dans les pratiques de laboratoire et cliniques en FIV", souligne Dean Morbeck.
Pour lui, le changement le plus important a été la culture prolongée jusqu'au stade blastocyste, qui est passée d'une pratique exceptionnelle à la référence. "Cette évolution a entraîné des améliorations dans les laboratoires de FIV, notamment grâce à des conditions de culture à teneur réduite en oxygène, des incubateurs spécialement conçus pour la culture embryonnaire et une limitation des perturbations subies par les embryons."
La vitrification a aussi considérablement amélioré la survie des embryons après congélation et décongélation, permettant d'obtenir des résultats comparables entre les transferts d'embryons congelés et d'embryons frais, fait-il valoir.
D'après une dépêche publiée dans APMnews le 8 juillet 2026.
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