Données épidémiologiques

La santé mentale des parents influence le risque d'hospitalisation des enfants pour accident de la vie courante

Des chercheurs ont étudié les facteurs de risque des accidents de la vie courante chez les enfants de 1 à 10 ans à partir de la cohorte Elfe. La santé mentale des parents apparaît comme un levier possible à activer en prévention. 

1
2
3
4
5
(aucun avis, cliquez pour noter)
Les garçons ont un risque augmenté jusqu'à 79 % de passage aux urgences ou d'hospitalisation.

Les garçons ont un risque augmenté jusqu'à 79 % de passage aux urgences ou d'hospitalisation.sandsun / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Les enfants dont les parents présentent un trouble de la santé mentale ont un risque augmenté de recours aux urgences et d'hospitalisation pour un accident de la vie courante, selon les résultats de la cohorte française Elfe publiés mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) [1].

Les accidents de la vie courante sont "des traumatismes non intentionnels qui regroupent les accidents domestiques, ceux de sports et de loisirs, ceux se produisant à l'école et tous ceux survenant à un autre moment dans la vie privée de l'enfant", rappellent Héctor Raúl Címbaro Canella de l'unité mixte Elfe de l'Institut national d'études démographiques (Ined) à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) et de l'Inserm à Paris et ses collègues.

À partir des données de l'étude Elfe -une cohorte en population générale lancée en 2011 dans 349 des 540 maternités de l'Hexagone-, les chercheurs ont eu pour objectif de décrire les accidents de la vie courante nécessitant un recours aux soins hospitaliers (urgences seules ou avec hospitalisation) chez les enfants de 1 à 10 ans et d'analyser les facteurs de risque associés.

L'identification de ces facteurs "constitue l'un des objectifs de la stratégie nationale de santé pour mieux cibler les campagnes de prévention auprès des jeunes et de leurs parents", font-ils valoir.

Pour ce travail, ils ont mené des enquêtes téléphoniques de suivi auprès des parents (majoritairement les mères) lorsque les enfants étaient âgés de 2 ans, 3 ans, 5 ans et 10 ans. Le nombre de répondants était compris entre 9.700 et 12.200, selon les âges.

Les résultats montrent que les recours aux urgences (avec et sans hospitalisation) pour accident de la vie courante baissent à mesure que les enfants grandissent, avec une incidence annuelle moyenne pondérée de 14 % entre 1 et 2 ans, 12 % entre 2 et 3 ans, 8 % entre 3 et 5 ans et 9 % entre 5 et 10 ans.

Il s'agissait le plus souvent de chutes avec traumatisme crânien chez les plus petits et de fractures et autres traumatismes (entorses, luxations, foulures et torsions) chez les plus grands.

S'agissant des facteurs de risque, les résultats confirment l'effet de certaines caractéristiques liées à l'enfant, comme le fait d'être un garçon, un paramètre qui, quel que soit l'âge, augmente le risque (jusqu'à +79 %) de passer aux urgences ou d'être hospitalisé pour un accident de la vie courante par rapport au fait d'être une fille.

La santé physique et mentale du parent répondant influait également sur le risque d'hospitalisation des enfants pour un accident de la vie courante. À l'âge de 3 ans, le fait d'avoir un parent traité pour un trouble anxiodépressif et/ou des troubles du sommeil augmentait de 31 % le risque d'être passé aux urgences et de 64 % celui d'avoir été hospitalisé.

L'existence de symptômes d'épisodes dépressifs chez le parent répondant était pour sa part associée à un surrisque de passages aux urgences (+29 %) et d'hospitalisations (+34 %) pour un accident de la vie courante chez les enfants de 10 ans.

Les enfants de 5 ans dont le parent avait un problème de santé chronique présentaient un risque accru de 24 % de passage aux urgences pour un accident de la vie courante. Ce paramètre augmentait aussi de 46 % le risque d'avoir été hospitalisé chez les enfants âgés de 10 ans.

Parmi les autres facteurs associés à l'hospitalisation pour un accident de la vie courante, on retrouvait notamment le trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) chez les enfants de 5 ans (+59 %) ou encore, chez ceux âgés de 10 ans, le fait d'avoir des parents "imposant une discipline inconstante" (risque plus que quintuplé).

"Cette analyse met en évidence la complexité de ce sujet de santé publique et demande d'approfondir la recherche, tout en proposant des solutions élaborées collectivement par les différents acteurs et institutions susceptibles d'intervenir pour réduire la fréquence et la gravité de ces accidents qui surviennent dans des contextes très différents", concluent les chercheurs.

"Bien que les mécanismes ne soient pas clairs, il semble que le risque de blessures chez l’enfant puisse être diminué en favorisant l'accès rapide à des traitements pour la dépression et/ou pour l’anxiété maternelle ou plus généralement avec des offres de soutien à la parentalité", ajoutent-ils notamment sur la santé mentale des parents.

D'après une dépêche publiée dans APMnews le 7 juillet 2026.

Commentaires

Ajouter un commentaire
En cliquant sur "Ajouter un commentaire", vous confirmez être âgé(e) d'au moins 16 ans et avoir lu et accepté les règles et conditions d'utilisation de l'espace participatif "Commentaires" . Nous vous invitons à signaler tout effet indésirable susceptible d'être dû à un médicament en le déclarant en ligne.
Pour recevoir gratuitement toute l’actualité par mail Je m'abonne !