Plaidoyer de spécialistes de l'AMP pour autoriser le diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies

Soutenu par de nombreux professionnels de santé et patients, le diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies (DPI-A) pourrait être autorisé dans certains cas. Malgré le mosaïcisme embryonnaire, cette technique pourrait améliorer l'efficacité de certaines stratégies FIV/ICSI.

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Selon l'ESHRE, le DPI-A est un outil permettant de transférer un embryon euploïde.

Selon l'ESHRE, le DPI-A est un outil permettant de transférer un embryon euploïde.anusorn nakdee / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Des spécialistes de l'assistance médicale à la procréation (AMP) et représentants de patients plaident pour que le diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies (DPI-A) soit autorisé en France pour certaines patientes, dans le cadre de la prochaine révision de la loi de bioéthique, pour limiter les fausses couches liées aux anomalies chromosomiques, dans une tribune publiée dans Le Monde daté de mercredi 24 juin 2026.

Le sujet du DPI-A a été abordé lors des débats organisés dans le cadre des états généraux de la bioéthique depuis le début de l'année, et dont une synthèse devrait être communiquée dans les prochains jours. Le collectif BAMP, association de personnes infertiles et patients ayant recours à l'AMP, cosignataire de la tribune, a lancé en juin une campagne de mobilisation nationale pour faire évoluer la loi de bioéthique sur le sujet du DPI-A, note-t-on.

La tribune est signée par le Pr Jean-Marc Ayoubi, chef de service de gynécologie-obstétrique et médecine de la reproduction de l'Hôpital Foch à Suresnes (Hauts-de-Seine), la Dr Joëlle Belaisch-Allart, présidente d'honneur du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), le Pr Samir Hamamah, président de la Fédération française d'étude de la reproduction (FFER) et coprésident du Comité national de pilotage du plan fertilité, la Pr Rachel Levy, cheffe de service de biologie de la reproduction à l'hôpital Saint-Antoine (Paris, AP-HP) et Virginie Rio, présidente de BAMP.

Les signataires, qui défendent "une technique permettant d'améliorer l'efficacité de certaines stratégies de FIV/ICSI, chez des patientes sélectionnées", demandent "l'autorisation de la pratique du DPI-A en France quand il peut être utile à nos patientes".

"Selon la Société européenne de reproduction humaine et d'embryologie (ESHRE), le DPI-A doit être considéré comme un outil permettant de transférer dans l'utérus un embryon euploïde."

"Les techniques actuelles de biopsie au stade de blastocyste (embryon de cinq à six jours) associées aux méthodes de séquençage génétique permettent une détection fiable des aneuploïdies", mais le phénomène de mosaïcisme, où l'embryon présente à la fois des cellules chromosomiquement normales et anormales, nécessite une certaine prudence dans l'interprétation des résultats, préconise l'ESHRE.

L'American Society for Reproductive Medicine (ASRM) et l'ESHRE considèrent que les preuves disponibles ne permettent pas de justifier le recours au DPI-A chez tous les candidats à la fécondation in vitro (FIV) ou à l'injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI), rappellent les auteurs

Il n'y a pas de démonstration d'une amélioration du taux cumulatif de naissances avec le recours au DPI-A chez une population non sélectionnée, mais des études suggèrent un bénéfice sur le risque de fausse couche chez les patientes plus âgées, ce qui permettrait d'améliorer l'efficacité du transfert mono-embryonnaire chez ces femmes, dont les embryons présentent davantage d'aneuploïdies.

Les auteurs reconnaissent que l'existence d'un mosaïcisme chromosomique embryonnaire représente une limite importante du DPI-A, mais considèrent que "le fait qu'un test ne soit pas parfait ne signifie pas qu'il soit inutile", d'autant que la détection et l'interprétation du mosaïcisme ont été améliorées par les nouvelles technologies et qu'il existe aujourd'hui des recommandations internationales pour le classement et le transfert éventuel des embryons mosaïques, avec des seuils d'interprétation standardisés, des classifications de plus en plus précises et des décisions cliniques prises dans le cadre d'un conseil génétique.

Pour les signataires, "le risque d'exclure un embryon potentiellement viable existe, mais il doit être mis en balance avec le risque de transférer un embryon aneuploïde ayant très peu de chances d'aboutir à une naissance vivante".

D'après une dépêche publiée dans APMnews le 30 juin 2026.

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