Les partenariats avec les patients sont désormais validés et recommandés par la HAS.seb_ra / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
La Haute Autorité de santé (HAS) vient de publier un guide destiné à "harmoniser" et "structurer" les démarches de partenariat en santé et de patients partenaires, a-t-elle annoncé à l'occasion d'une conférence de presse le 30 juillet 2026.
Destiné aux professionnels de santé, aux établissements, aux associations et à l'ensemble des usagers, ce document d'une cinquantaine de pages propose un "cadre de référence" pour "répondre au besoin d'harmonisation" et proposer "des repères partagés pour garantir la qualité du partenariat" en santé et "accompagner son développement", a expliqué l'instance dans le dossier de presse.
"Aujourd'hui, beaucoup d'établissements s'inscrivent dans une démarche de partenariat, mais ce sont des démarches qui sont caractérisées par une certaine hétérogénéité", a observé le président de la HAS, Lionel Collet, lors de la conférence de presse.
Dans ce cadre, "l'objectif de ce guide, ce n'est pas de répondre de manière uniforme, mais plutôt d'offrir un cadre de référence simple, lisible et accessible à tous sur le partenariat en santé avec des démarches qui pourront être, le cas échéant, évaluables", a-t-il complété.
Ce guide a été élaboré par un groupe de travail issu de la commission pour la participation et l'engagement des personnes (CPEP) de la HAS, puis enrichi par une phase de relecture impliquant experts et parties prenantes.
"Il s'appuie sur une méthodologie rigoureuse combinant analyse de travaux scientifiques et professionnels, auditions (fédérations hospitalières, associations, institutions) et recueil de témoignages d'expériences concrètes", a précisé la HAS.
Dans ce guide, la haute autorité définit tout d'abord le partenariat en santé comme "une démarche fondée sur la reconnaissance de la complémentarité entre les savoirs patients et ceux des professionnels".
Codécision, coconstruction, coévaluation
"Le partenariat, ce n'est pas juste de rajouter des chaises et servir du thé et des petits gâteaux […]. Consulter un patient ou lui donner une information, ce n'est pas du partenariat", a souligné Christian Saout, ancien membre du collège et ancien président de la CPEP, lors de la conférence de presse. "Une démarche de partenariat nécessite que trois éléments soient réunis, [à savoir] une logique de codécision, de coconstruction et de coévaluation", a-t-il complété.
Le guide identifie par ailleurs quatre champs d'action dans lesquels les partenariats en santé se formalisent aujourd'hui :
- intervention dans les parcours de soins
- intervention dans l'adaptation de l'offre de soins
- intervention dans l'enseignement et la formation
- intervention dans le domaine de la recherche.
Le guide propose également toute une série de recommandations, des repères (historiques et pratiques) et des outils méthodologiques concrets pour accompagner les acteurs de terrain dans le déploiement de ces démarches.
La HAS y recommande par exemple la mise en œuvre d'une démarche en "mode projet", a expliqué Christian Saout.
Cette méthode, issue des sciences du management, a le mérite d'être "souple, adaptable" et permet de "corriger l'orientation de son partenariat en fonction des écueils ou en fonction des potentialités nouvelles que l'on rencontre", a-t-il justifié.
Le guide recommande aussi de se doter d'un "document de référence tout au long de la démarche" ou de procéder à une "double évaluation" à la fois sur les "effets du projet mené" et sur "la dynamique du partenariat".
Quatre fiches pratiques illustrant des partenariats inspirants dans les champs de la recherche, de la formation et l'enseignement, des parcours de soins et de l'adaptation de l'offre de soins ont été jointes à la fin du guide.
"Ces fiches ont été réalisées à partir des auditions de personnes engagées dans le partenariat en santé et patients partenaires", a précisé Christian Saout.
Réflexion sur les statuts des patients partenaires
Si la HAS ne détaille pas les statuts des patients partenaires, laissant cette mission aux pouvoirs publics, elle se positionne toutefois en faveur d'une réflexion sur le sujet.
Les patients partenaires interviennent aujourd'hui en tant que collaborateurs (salariés ou free lance) dans les établissements de santé ou en tant que bénévoles, rappelle-t-on.
Dans ce contexte, la HAS recommande la création d'un troisième statut afin, notamment, de protéger les personnes bénéficiaires des minima sociaux.
"Si un établissement souhaite nous payer pour notre partenariat et qu'on est bénéficiaire d'un minima social, c'est notamment le cas pour les personnes qui touchent l'allocation adulte handicapée [AAH], on peut le perdre", a expliqué Christian Saout.
"Il faudrait donc que le législateur intervienne pour [protéger] ces personnes afin que les vacations que l'on fait dans un établissement n'aient pas d'impact fiscal ou d'impact social", a-t-il ajouté.
D'après une dépêche publiée dans APMNews le 1er juillet 2026
(HAS, guide opérationnel "Partenariat en santé et patients partenaires", juin 2026)
4 minutes
Ajouter un commentaire




Commentaires
Cliquez ici pour revenir à l'accueil.