L'outil comprend un court questionnaire sur la consommation d'alcool de la semaine passée.juststock / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
L'alcoomètre, un outil disponible sur le site internet alcool-info-service.fr, semble susciter « un intérêt marqué » chez les consommateurs pour s'auto-évaluer lors des campagnes de prévention notamment, selon une étude publiée le 23 juin 2026 par Santé publique France (SPF).
Conçu et mis en ligne initialement en 2010, l'alcoomètre a pour objectif d'aider à faire le point sur sa consommation d'alcool afin d'en évaluer les risques associés et, en cas de dépassement des repères de consommation à moindre risque, à réduire la consommation, rappelle SPF dans un numéro « Le point sur ».
L'outil est composé d'un questionnaire court sur sa consommation d'alcool au cours de la semaine passée, détaillée jour par jour, et d'un bilan par rapport à son groupe de référence (même sexe, même âge) puis, si les repères sont dépassés, des informations sur les risques associés (cancers, hypertension, accident vasculaire cérébral [AVC] hémorragique, fibrillation atriale, etc.) sont présentées.
L'alcoomètre, modernisé et mis à jour avec les nouveaux seuils de risques établis en 2017, a été promu lors d'une campagne nationale de prévention multimédia de SPF pour la première fois au premier semestre 2019. Cette campagne a ensuite été diffusée à six reprises entre 2019 et 2022, avec une interruption en mars 2020 en raison de la pandémie de Covid-19. Deux autres campagnes, en 2023 et 2024, renvoyaient à alcool-info-service.fr et ses différents outils.
Dans cette étude, les auteurs ont voulu décrire le recours à l'alcoomètre sur 2019-2024 et évaluer l'impact des campagnes de prévention concernant l'alcool portées par SPF.
Globalement, l'analyse de six années d'activité montre « un intérêt marqué des consommateurs pour cet outil d'auto-évaluation en ligne », avec une utilisation fortement liée à la promotion de l'alcoomètre lui-même ou du site Alcool Info Service.
Au total, entre 2019 et 2024, plus de 2,3 millions de questionnaires d'auto-évaluation ont été remplis.
Impact des campagnes de promotion
L'activité est très variable et dépend de la diffusion de campagnes nationales faisant la promotion de l'outil : mars-avril et novembre-décembre sont les mois qui ont bénéficié de diffusions importantes et inversement, de mai à octobre, les volumes d'utilisation sont plus faibles, correspondant à des mois sans campagne nationale.
Le nombre de questionnaires d'auto-évaluation remplis et de visites varie fortement pendant les campagnes et entre les campagnes, et selon les campagnes. Entre deux campagnes médiatiques d'ampleur, une stratégie de communication en « fil rouge » a débuté en 2020, c'est-à-dire une diffusion plus régulière des repères et des risques tout le long de l'année sur des bannières de sites internet et les réseaux sociaux, avec un référencement payant.
Globalement sur 2019-2024, les hommes représentent les deux tiers des profils de consommateurs déclarés dans l'alcoomètre (63 %), avec un âge moyen de 38,2 ans et une prédominance des 25-44 ans (plus de la moitié).
Les auteurs observent que la répartition par classes d'âge évolue de façon notable au fil des années, avec en particulier une progression des plus jeunes (18-24 ans, +11 points) mais aussi des 55-64 ans, dans une moindre proportion.
Parmi les utilisateurs, la consommation moyenne était de 16,4 verres standards d'alcool au cours de la « semaine passée », avec 81 % qui dépassent les repères de consommation à moindre risque, et davantage les hommes que les femmes.
Le dépassement des deux verres maximum diminue avec l'âge, puisqu'il concerne 81 % des 18-24 ans, contre 59 % parmi les 65 ans et plus. À l'inverse, le non-respect des deux jours sans consommation suit une dynamique opposée, avec 13 % des 18-24 ans concernés, contre 55 % des 65 ans et plus.
Ces résultats montrent que l'outil a un « attrait important » pour les buveurs à risque, cible privilégiée des campagnes de prévention, et que parmi les utilisateurs, la proportion de consommateurs dépassant les repères y est particulièrement élevée par rapport à la population générale.
Les caractéristiques des utilisateurs de l'alcoomètre montrent que, malgré le fait qu'il repose sur une démarche volontaire, « l'outil reflète des comportements proches de ceux observés parmi les buveurs qui dépassent les repères dans la population générale ».
Cette analyse de six années d'activité de l'alcoomètre « confirme à la fois la capacité de l'outil à être attractif pour les consommateurs prenant des risques et la pertinence du ciblage des campagnes diffusées sur cette période », concluent les auteurs.
D'après une dépêche publiée dans APMnews le 23 juin 2026.
SPF, « Le point sur »,
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