Canicules et vieillissement, double défi auquel la France n'est pas assez préparée, selon un rapport

Source :AFP
Date de publication :23 juin 2026
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Hanafujikan / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Avec la combinaison du réchauffement climatique et du vieillissement, près de 7 millions de seniors risquent d'être exposés à partir de 2030 à des épisodes autant voire plus intenses que la canicule de 2003 et la France reste insuffisamment préparée, selon un rapport de l'association Conséquences.

« D'ici 4 ans, à peu près un Français sur 5 aura plus de 65 ans, et le nombre de vagues de chaleur d'ici 20 ans sera multiplié par 5. Ce qu'on vit va devenir quasiment la nouvelle norme, de Dunkerque à Marseille », expose à l'AFP l'un des chercheurs impliqués, Paquito Bernard (Institut de recherche en santé, environnement et travail).

En croisant des projections climatiques, démographiques et épidémiologiques, le rapport, publié le 23 juin 2026, estime que dans une France à +2°C, à partir de 2030, près de 7 millions de 65 ans et plus vivront dans un département exposé à un épisode caniculaire comparable à 2003.

En Corse-du-Sud, Lozère, Alpes-Maritimes et Ardèche, les épisodes d'alerte orange canicule pourraient même durer entre 16 et 19 jours consécutifs, selon ce travail.

Or « on a une population vieillissante, plus isolée socialement » et « la politique de prévention n'est, en gros, pas prête pour ce qui va venir très rapidement » côté climat, résume Paquito Bernard.

Ainsi, souligne l'association dans un communiqué, « quelque 550 000 personnes âgées vivront dans des communes sans service ni commerce (zones blanches) particulièrement vulnérables en cas de chaleur prolongée (notamment en Côte-d'Or, Pyrénées-Atlantiques, Saône-et-Loire, Haute-Saône, Dordogne, Gers, Hautes-Pyrénées…) ».

En cas de canicule, les proches aidants sont souvent en première ligne, mais les enfants d'une personne de 70 ans vivent généralement de 114 à 135 km de distance, relève le rapport.

Et ils ont parfois d'autres obligations, comme « aujourd'hui avec des écoles soit fermées, soit qui recommandent fortement aux parents de garder les enfants », note Paquito Bernard.

Malgré plusieurs politiques publiques mises en place depuis 2003 (plan national, registres communaux, plan vermeil…), le bilan des épisodes caniculaires des cinq dernières années reste lourd, pointe l'association.

« Globalement, on est à la remorque au niveau de l'intensité des actions de préparation, d'anticipation et de promotion de la santé », résume le chercheur de l'Irset.

Par exemple, seulement 10 % environ des personnes vulnérables à la chaleur sont inscrites sur les registres communaux.

Face à ces risques, l'association recommande, entre autres, de traiter les canicules extrêmes comme des crises de sécurité civile, d'ouvrir davantage de lieux frais, de recenser les personnes vulnérables dans les communes de façon exhaustive.

Autres préconisations : former les aidants familiaux et professionnels à la reconnaissance précoce de l'hyperthermie, particulièrement chez des personnes atteintes de démence, adapter les bâtiments et l'espace public, ou créer un fond territorial d'adaptation à la chaleur.

D'après une dépêche AFP publiée le 23 juin 2026.

fbr-ic/ito/cbn

© Agence France-Presse

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