La thérapie par édition du génome lonvoguran zicluméran confirme son bénéfice dans l'angiœdème héréditaire en phase III

Une seule perfusion de lonvoguran zicluméran pourrait transformer la prise en charge de l’angiœdème héréditaire. Dans un essai de phase III, l’édition génomique in vivo réduit significativement la fréquence des crises. Les données sont en cours d'analyse par la FDA et l’EMA.

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Le traitement repose sur la technologie CRISPR / Cas9, et vise à inactiver le gène KLKB1.

Le traitement repose sur la technologie CRISPR / Cas9, et vise à inactiver le gène KLKB1.  MicrovOne / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

La thérapie par édition du génome lonvoguran zicluméran (lonvo-z, Intellia Therapeutics) a confirmé son bénéfice dans l'angiœdème héréditaire dans un essai clinique de phase III dont les résultats ont été publiés le 12 juin 2026 dans The New England Journal of Medicine (NEJM) pour coïncider avec leur présentation du 13 juin 2026 au congrès de l'European Academy of Allergy & Clinical Immunology (EAACI), à Istanbul.

« Ce sont les premiers résultats de phase III qui confirment la promesse tant attendue de l'édition du génome CRISPR in vivo », a commenté le président-directeur général d'Intellia Therapeutics, John Leonard, le 13 juin dans un communiqué.

Ces données sont en cours d'analyse par la Food and Drug Administration (FDA) américaine et la biotech américaine anticipe une homologation et un lancement de son produit sur le marché américain au cours du premier semestre 2027.

La biotech a par ailleurs obtenu le statut Prime (Priority Medicines) de l'Agence européenne du médicament (EMA) pour sa thérapie génique dans l'angiœdème héréditaire.

Dans cet essai international de phase III Haelo, le Dr Danny Cohn de l'université d'Amsterdam et ses collègues ont inclus 80 patients de 16 ans et plus, présentant un angiœdème héréditaire associé à un déficit en inhibiteur de C1 estérase, avec au moins deux crises au cours des semaines précédant la randomisation.

Les traitements prophylactiques au long cours n'étaient pas autorisés.

Les patients ont été randomisés en double aveugle dans un rapport de 2 pour 1 entre une perfusion intraveineuse unique de lonvo-z (50 mg) et un placebo puis suivis sur 7,5 mois en médiane.

Le critère principal d'évaluation a été atteint, avec un taux mensuel de crises confirmées par un investigateur de 0,26 en moyenne des moindres carrés entre les semaines 5 et 28 chez les patients ayant reçu la thérapie génique, contre 2,10 dans le groupe placebo, soit une différence statistiquement significative.

Le taux mensuel de crises nécessitant un traitement de secours était de respectivement 0,19 et 1,79 et le taux mensuel des crises modérées à sévères de respectivement 0,11 et 1,23, des différences qui étaient également significatives.

Entre les semaines 5 et 28, 62 % des patients ayant reçu le lonvo-z n'ont eu aucune crise, contre 11% avec le placebo, soit un odds ratio (OR) significatif de rester indemne de crise avec la thérapie génique de 12,8.

Le lonvo-z était également associé à une plus grande amélioration de la qualité de vie, avec une réduction de 23,51 points du score AE-QoL, vs -6,47 points.

La thérapie d'édition du génome a été globalement bien tolérée. Des événements indésirables au cours de la perfusion ou après ont été observés chez 92 % des patients avec le lonvo-z et 86 % avec le placebo, le plus souvent des réactions légères et transitoires en lien avec l'administration même (céphalées, rougeurs, douleurs thoraciques, tension musculaire).

En particulier, sept patients recevant le lonvo-z ont eu des réactions liées à la perfusion ayant nécessité de réduire le rythme des injections ou de les suspendre.

Une élévation des enzymes hépatiques a par ailleurs été observée chez 15 % des patients ayant reçu la thérapie génique.

Ces résultats montrent que chez les patients avec un angiœdème héréditaire, une seule perfusion de lonvo-z permet de réduire de manière significative la fréquence des crises.

Ce traitement est une thérapie génique reposant sur la technologie CRISPR-Cas9. Il vise à réduire de manière permanente le taux de kallikréine en inactivant le gène KLKB1.

D'après une dépêche publiée dans APMnews le 15 juin 2026.

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