Des données françaises en vie réelle appuient l'efficacité du tofersen dans la maladie de Charcot

De nouvelles données françaises en vie réelle ont rouvert la voie au remboursement du tofersen. L'étude, menée auprès de 46 patients dans 19 centres SLA, met en évidence un ralentissement significatif de l'évolution de la maladie et un bénéfice en survie.

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Les mutations du gène codant la superoxide dismutase 1 (SOD1) touchent 1 à 2 % des patients.

Les mutations du gène codant la superoxide dismutase 1 (SOD1) touchent 1 à 2 % des patients.  Jian Fan  / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Le recours à l'oligonucléotide antisens tofersen (Qalsody) a ralenti le déclin fonctionnel de patients atteints de sclérose latérale amyotrophique (SLA, ou maladie de Charcot) associée à une mutation du gène SOD1, avec des « résultats encourageants » sur la survie, dans une étude française en vie réelle dont les résultats ont été diffusés le 15 juin 2026.

Homologué en Europe en mai 2024, le tofersen est le premier traitement à cibler une cause génétique de la SLA, en l'occurrence les mutations du gène codant la superoxide dismutase 1 (SOD1), qui touchent environ 1 % à 2 % des patients.

Après un premier avis défavorable rendu fin 2024, la commission de la transparence (CT) de la Haute Autorité de santé (HAS) a finalement ouvert la voie au remboursement du tofersen en avril 2026 sur la base de nouvelles données versées au dossier par Biogen.

Dans un communiqué diffusé lundi, la filière de santé maladies rares FilSLAN fait part de données françaises en vie réelle concernant l'efficacité et l'impact clinique du tofersen, qui « suggèrent un ralentissement significatif de la progression de la maladie » et « renforcent les données obtenues par le suivi à 146 semaines des patients inclus dans l'essai VALOR » mené par Biogen.

Ce travail rétrospectif, mené avec l'appui du réseau national de recherche clinique ACT4ALS-MND labellisé F-CRIN (French Clinical Research Infrastructure Network), a permis de recueillir et d'analyser les données d'évolution clinique de 46 patients pris en charge entre février 2022 et juillet 2024 dans 19 centres SLA de France et traités par tofersen.

Les résultats montrent « un ralentissement significatif de la progression clinique après l'introduction du traitement », avec « une vitesse de dégradation fonctionnelle, mesurée par l'échelle ALSFRS-R, qui apparaît nettement moins rapide au cours du suivi », rapporte la filière FilSLAN dans son communiqué.

Possibilité d'« agir directement sur certaines causes génétiques » de la maladie

La pente de l'ALSFRS-R a ainsi diminué de façon significative, passant de 0,53 point par mois avant le traitement (c'est-à-dire entre l'apparition des symptômes et l'inclusion) à 0,22 point par mois après 12 mois de traitement.

Des « résultats encourageants » ont également été observés sur la survie des patients, puisque 48 mois après le diagnostic, la survie moyenne était significativement plus longue dans la cohorte tofersen (43 mois) que dans une cohorte historique de 103 patients diagnostiqués entre 2008 et 2024 (32 mois), détaillent les chercheurs dans un résumé de leur étude publié en avril dans La Revue neurologique.

L'analyse des concentrations plasmatiques de la chaîne légère des neurofilaments (NfL) après un an de traitement a par ailleurs révélé une baisse significative de 67 % par rapport à l'inclusion (de 89 pg/mL à 29 pg/mL).

« Dans une maladie longtemps privée de traitements capables d'en modifier l'évolution, les résultats observés avec le tofersen constituent l'un des signaux les plus encourageants de ces dernières années », et « pour la première fois, nous montrons qu'il devient progressivement possible d'agir directement sur certaines causes génétiques de la SLA », commente le premier auteur de l'étude et coordonnateur du réseau ACT4ALS-MND, Philippe Couratier, cité dans le communiqué.

D'après une dépêche publiée dans APMnews le 15 juin 2026.

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