Données épidémiologiques

Hausse de la prévalence de la fragilité chez les Français de 85 ans et plus entre 2013 et 2022

Si la fragilité reste globalement stable chez les 55 ans et plus entre 2013 et 2022, elle progresse nettement après 85 ans pour atteindre 50,9 % chez les femmes et 40 % chez les hommes en 2022. Ces données de Santé publique France montrent également des disparités géographiques.

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La fragilité, un indicateur du processus de vieillissement en amont de la perte d'autonomie.

La fragilité, un indicateur du processus de vieillissement en amont de la perte d'autonomie.Jacob Wackerhausen / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

La prévalence de la fragilité a augmenté chez les personnes de 85 ans et plus en France, à la fois chez les hommes et chez les femmes, entre 2013 et 2022, selon des données de Santé publique France (SPF) présentées au congrès francophone de la fragilité, mercredi à Toulouse.

La fragilité est un indicateur du processus du vieillissement, intervenant en amont de la perte d'autonomie, et un facteur de risque de déclin fonctionnel et d'événements indésirables tels que des chutes, hospitalisations et décès, a rappelé Hana Lahbib de SPF lors d'une session orale late-breaking.

Comme c'est un état potentiellement réversible, « la fragilité constitue une cible prioritaire pour les politiques de prévention de la perte d'autonomie, enjeu central et prioritaire de santé publique ». Elle est également un indicateur utile dans l'anticipation et la réponse à des situations sanitaires telles que les épidémies et les canicules.

Tous ces éléments soulignent l'importance d'une surveillance épidémiologique de la fragilité dans la population.

À partir des données médico-administratives du système national des données de santé (SNDS), SPF a élaboré un algorithme de repérage de la fragilité parmi les personnes âgées de 55 ans et plus, non institutionnalisées, habitant en France métropolitaine.

Ainsi, en 2022, la prévalence de la fragilité dans cette population était de 12,4%. Globalement, elle augmente avec l'âge, passant 5,4% chez les 55-64 ans à 46,8% chez les 85 ans et plus, et est plus élevée chez les femmes que chez les hommes.

Les données du SNDS montrent également qu'il existe des disparités géographiques, avec les prévalences standardisées les plus élevées dans les Bouches-du-Rhône (13,1%) et les Alpes-Maritimes (12,7%), ainsi que dans le Bas-Rhin (12,6%).

Les prévalences les plus faibles étaient observées dans les départements d'Île-de-France (entre 2,7% et 10,2%) sauf Paris et la Seine-Saint-Denis, ainsi que dans le Finistère (10,2%) et les Côtes-d'Armor (10,3%), mais aussi la Lozère, la Haute-Savoie, le Cher, l'Yonne et la Moselle.

Nécessité de renforcer la prévention de la perte d'autonomie

Concernant l'évolution entre 2013 et 2022, tous âges et sexes confondus, la prévalence de la fragilité augmente entre 2013 (12,5%) et 2018 (13,0%), reste stable jusqu'en 2021 (12,7-12,8%), puis diminue légèrement en 2022 (12,4%).

Chez les hommes, la prévalence est globalement stable de 55 à 79 ans (entre 5% et 8% environ jusqu'à 75 ans et un peu en dessous de 15% pour les 75-79 ans), elle augmente légèrement chez les 80-84 ans entre 2013 et 2018, puis diminue légèrement ensuite. Chez les 85 ans et plus, la prévalence est passée de 37,1% en 2013 à 40,8% en 2021, puis diminue à 40% environ en 2022.

Chez les femmes, où la prévalence est plus fréquente, une stabilité de celle-ci est également observée, mais chez les 55-74 ans. Chez les 75-84 ans, en revanche, elle augmente légèrement entre 2013 et 2018, puis diminue jusqu'en 2022, autour de 30%. Chez les 85 ans et plus, la prévalence passe de 46,8% à 50,9%, avec un pic en 2018 à 51,2%.

Globalement, ces premiers résultats issus de la surveillance de la fragilité à partir des données du SNDS sont cohérents avec ceux de l'enquête Autonomie 2022 et des connaissances antérieures, a commenté la chercheuse.

Ils soulignent notamment l'importance de renforcer la prévention de la perte d'autonomie dans certaines populations, par exemple chez les 85 ans et plus et dans certains territoires.

Ces données pourront également être utiles au pilotage et à l'évaluation des réponses à des situations sanitaires particulières.

D'autres analyses sont en cours, à la fois sur les données du SNDS et de l'enquête Autonomie, notamment pour comprendre les disparités observées, qui sont possiblement en lien avec le niveau socio-économique, l'état de santé et l'offre de soins, a ajouté Hana Lahbib.

Il est également prévu que l'algorithme de repérage de la fragilité soit actualisé.

D'après une dépêche publiée dans APMnews le 17 juin 2026.

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