Hausse significative entre 2017 et 2022 de la prévalence des infections nosocomiales à champignons en France

Deux enquêtes nationales de prévalence, menées en 2017 et 2022, montrent l'évolution des infections nosocomiales fongiques et des prescriptions antifongiques en établissements de santé. Les résultats sont parus le 9 juin 2026 au BEH.

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Candida albicans était l’espèce la plus représentée, retrouvée chez 49 % des patients.

Candida albicans était l’espèce la plus représentée, retrouvée chez 49 % des patients.Dr_Microbe / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

La prévalence de patients hospitalisés sujets à au moins une infection nosocomiale à champignons a augmenté de 64% entre 2017 et 2022 en France, selon des résultats publiés le 9 juin 2026 dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).

« Les prescriptions antifongiques nécessitent, au même titre que celles des antibiotiques, d’être suivies et analysées au cours du temps, afin de répondre aux enjeux de bon usage », pointent Anne-Lise Bienvenu des Hospices civils de Lyon (HCL) et ses collègues.

Ce travail du Gréba (Groupe régional pour le bon usage des antifongiques) et du Centre régional d’appui pour la prévention des infections associées aux soins (CPias), tous deux d'Auvergne-Rhône-Alpes, a été mené dans le cadre d'un « appel à projets pour valoriser les données nationales disponibles dans le cadre de l’enquête nationale de prévalence [ENP] 2022 des infections nosocomiales et des traitements anti-infectieux en établissements de santé ».

Il vise à décrire les caractéristiques des patients traités avec des antifongiques ainsi que les infections nosocomiales à champignons documentées dans le cadre de l'ENP 2022, ainsi que leur évolution par rapport à 2017.

Les deux enquêtes, menées un jour donné entre le 15 mai et le 30 juin, ont inclus les patients en courts, moyens et longs séjours des établissements de santé participants - soit 151.676 patients de 403 établissements en 2022 et 80.898 patients de 1.155 établissements en 2017.

Les résultats révèlent une hausse significative de la prévalence des traitements antifongiques entre 2017 et 2022, qui est passée de 0,78 à 1,05 pour 100 patients (soit +35 %). Les services les plus concernés par ces prescriptions étaient l'hématologie et la réanimation.

« Une explication possible de cette tendance pourrait être la pandémie de Covid-19, qui a été associée à une augmentation de la consommation des antifongiques en milieu hospitalier », commentent les chercheurs.

Ils ont observé que les antifongiques les plus prescrits en curatif étaient le fluconazole (37 %), l’amphotéricine B (23 %) et la caspofungine (21 %) et en prophylaxie, le posaconazole (33 %), l’amphotéricine B (23 %) et le fluconazole (22 %).

La durée moyenne des traitements antifongiques était d'un peu moins de 12 jours (10 jours en curatif et 14 jours en prophylactique).

Ils ont également constaté que la prévalence de patients avec au moins une infection nosocomiale à champignons était passée de 0,14 pour 100 patients en 2017 (soit 139 patients) à 0,23 pour 100 patients en 2022 (342 patients), soit une hausse de 64 % en cinq ans. Candida albicans était l’espèce la plus représentée, retrouvée chez 49 % des patients.

La prévalence des infections nosocomiales à champignons augmentait significativement entre 2017 et 2022 pour plusieurs catégories de patients : les 45-64 ans (+100 %), ceux avec une maladie non fatale (+83 %), ceux ne présentant pas d’affection maligne (+87 %) et ceux ayant eu une chirurgie depuis l’admission (+106 %).

« Face à l’augmentation de prévalence des traitements antifongiques, il est essentiel de poursuivre les efforts en matière de bon usage, en proposant notamment des actions coordonnées pluridisciplinaires contribuant à la pertinence des soins », concluent les chercheurs.

D'après une dépêche publiée dans APMnews le 9 juin 2026.

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