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Neuroleptiques et constipation : conduite à tenir en consultation

L'ANSM rappelle aux prescripteurs les mesures de prévention à respecter chez les patients traités par neuroleptiques pour éviter les épisodes de constipation sévère et leurs complications.

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Il est important d'apprendre au patient les signes qui doivent faire consulter rapidement.

Il est important d'apprendre au patient les signes qui doivent faire consulter rapidement.NanoStockk / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Alors que des complications digestives graves, voire des décès, continuent d'être signalés chez des patients traités par neuroleptiques (ou antipsychotiques), l'Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) appelle les professionnels de santé à la vigilance et précise la conduite à tenir en prévention.

Tous les neuroleptiques exposent à un risque de constipation, parfois sévère, en raison de leurs propriétés anticholinergiques. Ces antipsychotiques sont utilisés dans la schizophrénie et les troubles bipolaires et peuvent l'être également dans le traitement des états d'agitation ou d'agressivité en milieu psychiatrique, des troubles liés à certaines maladies neurologiques (maladie d'Alzheimer, maladie d'Huntington, etc.) ou encore en association dans les formes sévères de dépression résistante.

En concertation avec les représentants des psychiatres, l'ANSM rappelle les recommandations pour limiter les risques de constipation sévère et ses complications en cas de traitement antipsychotique.

Des situations à risque

Les médecins doivent être particulièrement vigilants :

  • aux associations médicamenteuses avec le neuroleptique prescrit, afin d’éviter une accumulation de médicaments à effets anticholinergiques ;
  • au transit et aux fonctions digestives des patients, avec une détection précoce des signes d’alerte (douleurs abdominales, constipation sévère, diarrhée inexpliquée) ;
  • à l’instauration rapide d’un traitement adapté en cas d’atonie colique aiguë (arrêt des antipsychotiques si nécessaire, évacuation d’un fécalome, prise en charge chirurgicale si besoin) ;
  • aux patients âgés de 60 ans et plus qui peuvent aussi être particulièrement sensibles aux effets anticholinergiques.

Quelles mesures de prévention mettre en place ?

L'ANSM liste des mesures de prévention à destination des prescripteurs :

  • évaluer la charge anticholinergique de la prescription, par exemple à l’aide du calculateur Omedit. À noter que seule l’échelle de coefficient d’imprégnation anticholinergique (CIA) fournit une vision exhaustive des médications à effets anticholinergiques disponibles en France ;
  • installer un traitement préventif approprié dès l’instauration du neuroleptique s’il existe des facteurs de risque de constipation chez le patient ;
  • conseiller d’adopter des mesures hygiéno-diététiques : hydratation suffisante, alimentation riche en fibres, activité physique adaptée (lorsque cela est possible) ;
  • apprendre au patient et son entourage à reconnaître les signes qui doivent alerter (douleurs abdominales intenses, constipation sévère avec absence de selles, vomissements, fièvre, etc.) et l’importance de consulter rapidement ;
  • questionner régulièrement le patient à propos de son transit, même en l’absence de plainte.

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