Cancer du sein : omission possible du curage axillaire si seulement un ou deux ganglions sentinelles sont positifs

Après de premiers résultats il y a deux ans, l'étude Senomac confirme que l'omission du curage ganglionnaire est non inférieure à cinq ans sur la survie globale si moins de trois ganglions sentinelles sont positifs.

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Le curage ganglionnaire peut entraîner des complications et des douleurs au niveau du bras opéré.

Le curage ganglionnaire peut entraîner des complications et des douleurs au niveau du bras opéré.Georgiy Datsenko / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Chez des patientes opérées d'un cancer du sein sans atteinte ganglionnaire à l'examen clinique et ne présentant qu'un ou deux ganglions sentinelles positifs à la biopsie, il apparaît possible d'omettre un curage axillaire complet sans effet délétère sur la survie, d'après de nouveaux résultats présentés le 30 mai 2026 au congrès de l'American Society of Clinical Oncology (Asco).

Le curage ganglionnaire axillaire complet conduit souvent à des complications et des douleurs au niveau du bras des patientes. De premières études ont suggéré qu'une biopsie des ganglions sentinelles pouvait suffire, mais elles ont été conduites dans des populations limitées, non représentatives de l'ensemble des patientes, conduisant à un niveau de preuve assez faible.

C'est pour cela qu'a été lancée dès 2015 l'étude Senomac pour évaluer si une omission du curage axillaire est non inférieure à sa réalisation dans un contexte plus vaste, chez des patientes avec une tumeur de stade T1 à T3, opérées par mastectomie ou chirurgie conservatrice, sans atteinte ganglionnaire à la palpation et avec un ou deux ganglions sentinelles positifs.

Les résultats positifs de non-infériorité sur la survie globale des patientes ont été présentés par Jana de Boniface du Karolinska Institutet à Stockholm, confirmant ceux sur la survie sans progression publiés il y a deux ans dans le New England Journal of Medicine (NEJM).

À cinq ans, le taux de survie des patientes a été de 93,4 % en cas de curage axillaire et de 94,4 % avec son omission. L'analyse des données conduit à un hazard ratio (HR) de 0,86 remplissant les critères de démonstration de la non-infériorité.

En parallèle, l'omission du curage axillaire a permis de diminuer significativement la proportion des patientes avec des complications sévères au niveau du bras, de 12,6 % à 3,6 %.
L'étude a été conduite sur 2 766 patientes, principalement originaires de Suède et du Danemark.

L'omission du curage axillaire représente donc désormais le standard de soins pour la plupart des patientes, a commenté Judy Boughey de la Mayo Clinic à Rochester (Arizona). Il reste néanmoins indiqué chez les patientes opérées d'emblée présentant trois ganglions sentinelles positifs ou plus ou une atteinte ganglionnaire à l'examen clinique, dans le cas d'une atteinte ganglionnaire persistante après une chimiothérapie néo-adjuvante, ou d'une récidive axillaire du cancer.

Écrit par Pierre Lalanne, au congrès de l'Asco

D'après une dépêche publiée dans APMnews le 3 juin 2026.

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