Prise en charge

Mounjaro et Wegovy coûteront « une centaine de millions d'euros » aux finances publiques en année pleine (Stéphanie Rist)

La ministre de la santé a annoncé le remboursement dans l'obésité de Wegovy (analogue du GLP-1) et de Mounjaro (double agoniste des récepteurs GIP/GLP-1) après une longue négociation sur les prix avec les laboratoires. Les indications retenues sont plus restreintes que l'AMM. 

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Un million de patients serait éligible au remboursement de Wegovy et Mounjaro dans l'obésité.

Un million de patients serait éligible au remboursement de Wegovy et Mounjaro dans l'obésité.Pakawadee Wongjinda / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Le remboursement de l'analogue du GLP-1 Wegovy (sémaglutide, Novo Nordisk) et du double agoniste GIP/GLP-1 Mounjaro (tirzépatide, Lilly) dans l'obésité sévère représentera un coût annuel d'une « centaine de millions d'euros » pour une population cible estimée à un million de personnes, a fait savoir la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, Stéphanie Rist, le 28 mai 2026 sur TF1.

Le Journal officiel du 28 mai 2026 a publié des arrêtés actant le remboursement de ces deux traitements pour les adultes en situation d'obésité présentant un IMC initial supérieur ou égal à 35 kg/m² associé à une comorbidité, et chez ceux présentant un indice de masse corporelle (IMC) ≥ 40 kg/m², soit « les personnes susceptibles d'avoir une chirurgie, d'être opérées de cette obésité », a précisé Stéphanie Rist.

La France devient ainsi le « premier pays de l'Union européenne qui accède au remboursement pour les patients qui en ont besoin, dans le droit commun de façon pérenne », s'est félicitée la ministre chargée de la santé.

Dans un avis de la Commission de transparence datant de novembre 2025, il était précisé que Mounjaro était pris en charge au Royaume-Uni chez les patients présentant un IMC ≥ 35 kg/m² présentant au moins une comorbidité. En Espagne, une demande de remboursement de Wegovy a essuyé un refus des autorités mi-2025.

Les arrêtés de prise en charge en France interviennent plusieurs années après les autorisations de mise sur le marché (AMM) européennes, Wegovy ayant été homologué en janvier 2022 et Mounjaro en décembre 2023, et alors que la Haute Autorité de santé (HAS) leur a reconnu une amélioration de service médical rendu mineure (ASMR IV) dans des avis publiés fin 2024 et fin 2025.

En l'absence d'accord sur le tarif de remboursement avec le Comité économique des produits de santé (CEPS), Lilly et Novo Nordisk ont tous deux mis leur traitement sur le marché fin 2024, sur prescription dans l'indication de l'AMM mais sans prise en charge. À l'hôpital, Wegovy est également proposé sans prise en charge depuis février 2025.

Contrairement à sa concurrente, la spécialité de Novo Nordisk a bénéficié d'une autorisation d'accès précoce à partir d'août 2022, retirée en octobre 2023 à la demande du laboratoire, du fait de problèmes d'approvisionnement, rappelle-t-on. L'accès a été maintenu à titre gracieux pour les patients encore sous traitement jusqu'à la fin 2025.

« Cela a été un peu long », a reconnu la ministre le 28 mai 2026 à propos des discussions sur le remboursement. « Ce sont des médicaments innovants et chers », a-t-elle justifié.

Le prix, d'environ « 300 euros par mois », représentera « une centaine de millions d'euros » de dépenses publiques en année pleine, sur une population cible « d'environ un million de personnes », a-t-elle estimé. Le remboursement est fixé à 65 % mais « quasi tous ces patients sont pris en charge à 100 % parce qu'ils ont des comorbidités ou une obésité très, très sévère », a-t-elle précisé.

La France « à l'avant-garde » dans l'Union européenne, selon Novo Nordisk

Dans un communiqué diffusé le 28 mai 2026, Novo Nordisk a fait savoir qu'il accueillait « favorablement l'évolution des modalités de prise en charge » de son traitement de l'obésité, qu'il qualifie d'« avancée majeure ». Il rappelle que le coût de l'obésité, qui touche « environ 10 millions de personnes », est estimé annuellement à « 12,7 milliards d'euros pour la société française, en hausse de 4,5 % depuis 2020 ».

« Pas moins de 19 maladies sont associées » à l'obésité, a par ailleurs rappelé Lilly dans un communiqué distinct. « Seul un patient sur deux parvient à perdre environ 5 % de son poids à un an dans ces conditions, alors qu'une perte de poids d'au moins 10 % est souvent considérée comme nécessaire », a ajouté le laboratoire.

« La France est le premier pays de l'Union européenne à rembourser des traitements contre l'obésité. Cette décision illustre la capacité du système français à être à l'avant-garde et à mobiliser les ressources nécessaires pour lutter contre cette maladie chronique », a salué le PDG de Novo Nordisk, Mike Doustdar, cité dans le communiqué.

Pour les patients ne bénéficiant pas du remboursement, le traitement « demeure disponible conformément aux indications de l'AMM, sur la base de modalités tarifaires désormais harmonisées sur l'ensemble du territoire français », a fait savoir le laboratoire danois.

Lilly a pour sa part affirmé collaborer « étroitement avec les autorités de santé pour prévenir tout risque de mésusage » en dehors des indications de l'AMM, et lutter contre les risques de contrefaçon. Le groupe américain a rappelé que son site de Fegersheim, en Alsace, avait bénéficié en 2023 d'un investissement de 160 millions d'euros pour produire Mounjaro.

D'après une dépêche publiée dans APMnews le 28 mai 2026.

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