Recommandations

Chikungunya, dengue, Zika, virus West Nile : évoquer le diagnostic, même en métropole

Dans un message adressé aux professionnels de santé, la DGS alerte sur le risque de transmission des arboviroses en métropole et sur la conduite à tenir face à un tableau clinique évocateur, y compris chez des personnes n'ayant pas séjourné en zone épidémique.

1
2
3
4
5
(aucun avis, cliquez pour noter)
Le moustique tigre, vecteur d'arboviroses, a colonisé 81 départements de métropole.

Le moustique tigre, vecteur d'arboviroses, a colonisé 81 départements de métropole.AbelBrata / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

La direction générale de la Santé (DGS) invite les professionnels de santé à renforcer leur vigilance vis-à-vis du chikungunya, de la dengue, de Zika et de la fièvre du Nil occidental (West Nile Virus). Elle rappelle que le risque de transmission de ces arboviroses existe aussi en métropole [1].

Identifier ces maladies pour éviter le risque de transmission

Selon les données de Santé publique France au 28 mai 2026 [2], aucun cas autochtone de chikungunya, dengue, Zika ou infection à virus West Nile n'a été identifié en France hexagonale cette année.

Néanmoins, plusieurs éléments pourraient favoriser une transmission de ces maladies chez des personnes n'ayant pas séjourné en zone d'épidémie : 

  • la présence des moustiques vecteurs : le moustique tigre (Aedes albopictus, vecteur des virus du chikungunya, de la dengue et de Zika) a colonisé 81 départements de métropole (cf. Illustration). Le moustique Culex, vecteur du virus West Nile, est également présent en France, sur le bassin méditerranéen ; 
  • une augmentation du nombre de cas importés de dengue et de chikungunya en métropole, ce qui augmente le risque de transmission autochtone : 
    • environ 500 cas confirmés de dengue et 50 cas confirmés de chikungunya importés ont été enregistrés en France hexagonale depuis le début de l’année 2026,
    • 79 cas importés de dengue, 12 cas importés de chikungunya et 1 cas importé de Zika depuis le 1er mai (début de la surveillance renforcée en France hexagonale) [2] ;
  • le sous-diagnostic et la sous-déclaration de ces maladies, qui compromettent ou retardent la mise en place de mesures pour prévenir la propagation de ces virus. « La survenue de cas autochtones est très souvent liée à une absence de diagnostic, une sous-déclaration ou à une déclaration tardive des cas », souligne la DGS.

Illustration - Carte de présence des moustiques vecteurs Aedes albopictus

Source : ministère de la Santé, 16 mai 2025

Reconnaître les symptômes évocateurs des arboviroses

Que ce soit en consultation médicale (médecins, sages-femmes), à l'occasion de soins ou d'une analyse de biologie médicale (biologistes médicaux, infirmiers, masseurs kinésithérapeutes), ou à l'officine (pharmaciens), il est pertinent d'évoquer une arbovirose :

  • face à un tableau clinique évocateur : fièvre d’apparition brutale, syndrome algique (douleurs musculaires et articulaires). Les quatre infections sont cliniquement décrites dans le DGS-Urgent du 22 mai 2026 [1] ;
  • en l’absence d’autre point d’appel infectieux, et sans autre diagnostic ;
  • y compris en l’absence de voyage en zone à risque.

Examens biologiques et déclaration obligatoire

Dans ce contexte, la conduite à tenir est la suivante :

  • pour les pharmaciens, les sages-femmes, les masseurs kinésithérapeutes et les infirmiers : orienter le patient vers le médecin ;
  • pour les médecins :
    • prescrire des examens biologiques ciblant à la fois le virus de la dengue, du chikungunya et du Zika en raison de symptomatologies évocatrices très proches : il est essentiel d'identifier la date de début des signes afin de choisir les examens biologiques à réaliser [3]. Des prélèvements précoces doivent être privilégiés,
    • en cas de résultat positif, faire une déclaration : le signalement des cas de dengue, de chikungunya, virus du Nil Occidental et de Zika, est obligatoire (possible par voie dématérialisée depuis le 22 avril 2026 via le Portail de signalement des évènements sanitaires indésirables [PSIG]).

Pas d'aspirine ni d'AINS en cas d'arbovirose

Le traitement de ces arboviroses est avant tout symptomatique (antalgiques, antipyrétiques) ; l’aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont contre-indiqués.

La surveillance est renforcée en France métropolitaine, entre le 1er mai et le 30 novembre 2026, qui correspond à la période d’activité des moustiques.

En conclusion : un bénéfice individuel et collectif

D'un point de vue collectif, l'identification, la prise en charge et la déclaration de ces infections permettent de réduire le risque de transmission autochtone. En cas de déclaration des arboviroses, les agences régionales de santé (ARS) mettent en œuvre les investigations et les mesures de lutte antivectorielle pour limiter le risque de propagation, et relaient les messages de prévention auprès des patients infectés.

La DGS recommande également aux professionnels de santé d'appliquer les mesures de lutte contre les gîtes larvaires au sein et aux abords des locaux recevant les patients.

D'un point de vue individuel, l'identification des arboviroses permet de prendre en charge les complications associées :

  • chronicisation possible des douleurs articulaires avec le chikungunya ;
  • forme sévère de dengue (dengue grave ou hémorragique) ;
  • risque pour le fœtus en cas d'infection Zika pendant la grossesse ;
  • formes neuro-invasives telles que des méningites, des encéphalites, des méningo-encéphalites, des paralysies flasques ou un syndrome de Guillain-Barré, avec le virus West Nile.

 

Sources

Commentaires

Ajouter un commentaire
En cliquant sur "Ajouter un commentaire", vous confirmez être âgé(e) d'au moins 16 ans et avoir lu et accepté les règles et conditions d'utilisation de l'espace participatif "Commentaires" . Nous vous invitons à signaler tout effet indésirable susceptible d'être dû à un médicament en le déclarant en ligne.
Pour recevoir gratuitement toute l’actualité par mail Je m'abonne !