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Les patients atteints de cancer de la prostate hormono sensible avec un déficit PTEN (résultant de l’activation oncogénique de la voie PI3K/AKT indépendamment du récepteur aux androgènes) présentent un moins bon pronostique comparé aux patients sans déficit PTEN. Il semble donc pertinent de cibler à la fois la voie du récepteur aux androgènes avec une double déprivation androgénique mais également de cibler spécifiquement la voie de signalisation PI3K/AKT.
Cette étude de phase 3 contrôlée, randomisée a donc évalué l’ajout d’un inhibiteur spécifique des isoformes 1 à 3 d’AKT, le capivasertib (400mg x2/jour 4 jours/7) vs placebo à un traitement standard par abiratérone, prednisone et déprivation androgénique en première ligne de traitement.
Les patients inclus devaient présenter une déficience PTEN recherchée par immunohistochimie (> 90 % de cellules avec absence de marquage). Au total, 25,3 % des patients testés présentaient une déficience selon les critères ci-dessus.
Le critère de jugement principal était la survie sans progression radiologique. La survie globale étant un des critères de jugement secondaire. Des analyses post hoc selon les taux de déficit PTEN été également prévues.
Au total 1012 patients ont été randomisés en 1:1 dans chaque groupe.
Les résultats retrouvent un bénéfice significatif sur la survie sans progression radiologique en faveur du capivasertib de 33,2 mois vs 25,7 mois avec placebo (HR 0.81, IC95 % 0.66-0.98, p=0,034). Les résultats de survie globale à 26,4 % de maturité, retrouvaient un HR 0.90 (IC 95 % 0.71-1.15).
Une analyse post hoc retrouvait également un effet plus important du traitement en fonction de l’amplitude du déficit en PTEN avec rPFS médiane à 34,1 mois dans le groupe capivasertib vs 22,1mois dans le groupe placebo pour les patients avec perte de 100 % de PTEN (HR 0.68, IC95 % 0.48-0.96).
Les effets indésirables notables associés au capivasertib retrouvait des diarrhées (51,9 % vs 8 %), hyperglycémie (38 % vs 12,9 %) et rash (35 % vs 7 %) de tout grade.
Au total, le capivasertib augmente significativement la survie sans récidive radiologique chez les patients avec déficit PTEN et cancer de prostate métastatique en phase de sensibilité à la castration en première ligne de traitement.
La principale limite de cette étude est le choix du traitement standard. En effet, plus de 70 % des patients inclus dans chaque groupe présentaient un cancer de prostate métastatique de haut volume selon les critères CHAARTED. Le traitement standard pour cette population est une double déprivation androgénique associée à une chimiothérapie par docetaxel qui n’était donc pas comparé au capivasertib.
Article rédigé par le docteur Laure Blondet.
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