L'âge moyen des patients atteints d'Alzheimer (32 % de l'effectif) était de 78 ans en moyenne.Feodora Chiosea / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Le dispositif organisant un parcours ambulatoire pour seniors avec troubles cognitifs (Passcog), faisant l'objet d'une expérimentation "article 51", doit être généralisé, selon des avis favorables qui doivent être diffusés la semaine 16, a-t-on appris lors d'un colloque organisé par France Alzheimer, le 10 avril, au ministère de la santé, sur les enjeux de prévention primaire et de diagnostic précoce notamment.
Cette expérimentation, menée par l'association Aloïs sur le territoire parisien (XIVᵉ et XVᵉ arrondissements) et par l'Association pour le développement de la neuropsychologie appliquée (Adna) Bretagne sur le Finistère Nord, montre qu'"un diagnostic rapide et précoce de la maladie d'Alzheimer en ville est possible", a rapporté Apolline Blanchard, neuropsychologue chez Aloïs.
Le dispositif vient "en complément de l'offre hospitalière dans un contexte de vieillissement de la population" et propose une prise en charge précoce, notamment par interventions non médicamenteuses. "Un avis de généralisation est attendu" la semaine 16, a ajouté son collègue Geoffroy Gagliardi.
En cas d'avis favorable, une période transitoire de 18 mois suivra, avec la possibilité d'inclure de nouveaux patients.
L'expérimentation avait été prolongée en janvier, note-t-on. Il s'agissait d'un retard dans l'évaluation, cette dernière étant désormais terminée, a précisé à APMnews la rapporteure générale du dispositif "article 51", Cécile Lambert.
"Nous avons mené les délibérations sur l'opportunité d'une transposition en droit commun. Le comité technique a rendu un avis favorable puis nous avons saisi le conseil stratégique dont la consultation s'est terminée. Nous diffuserons l'avis consolidé, qui sera favorable vu le positionnement des membres du conseil stratégique, dans les prochains jours", a-t-elle annoncé.
La présidente et fondatrice d'Aloïs, la Dr Bénédicte Défontaines, a précisé à APMnews attendre cet avis pour le 15 avril.
L'expérimentation Passcog a été lancée en 2020, avec deux parcours ambulatoires, de diagnostic et de prise en charge. Il s'agissait également de former et outiller les médecins généralistes notamment, de leur donner accès à une télé-expertise neurocognitive, d'accompagner les aidants et de réduire les coûts de prise en charge des pathologies neurocognitives, a rappelé Apolline Blanchard.
Entre 2020 et 2024, un total de 1.061 patients de 50 ans et plus ont été inclus dont 24% par des généralistes, 841 bilans neuropsychologiques ont été réalisés et 468 diagnostics de maladie neurocognitive au stade précoce ont été posés. Les autres patients avaient des maladies non neurodégénératives comme des pathologies vasculaires ou des apnées du sommeil (14%), des pathologies non neurocognitives comme des troubles psychiatriques ou des troubles du neurodéveloppement (15%) voire n'avaient pas de pathologie avérée (13%).
Chez les cas de maladie d'Alzheimer en particulier (32%), les patients avaient 78 ans en moyenne. Le diagnostic a été posé dans un délai de 5,5 mois en moyenne, avec un score MMSE de 24 points.
Concernant les parcours de prise en charge, 391 patients en ont bénéficié dans le cadre de l'expérimentation, dont 255 ont bénéficié de soins neuropsychologiques en particulier. En outre, 75 aidants ont été suivis en psycho-éducation, a poursuivi Apolline Blanchard.
Geoffroy Gagliardi a rapporté les résultats d'une étude d'impact concernant ces aidants, qui sont principalement des femmes (67%) et la conjointe en particulier (66%), avec un âge moyen de 72 ans.
Après les séances de psycho-éducation, ils étaient 70% environ à déclarer avoir une meilleure connaissance de la maladie et être en capacité d'accompagner le patient et se sentir plus soutenus. La psycho-éducation participe à une conscientisation du rôle d'aidant, à renforcer le sentiment d'efficacité et à se sentir mieux.
Globalement, l'expérimentation a permis de montrer que le médecin généraliste, formé et outillé, joue un rôle central dans le repérage de la plainte cognitive et qu'il est possible de proposer un diagnostic précoce à la fois sur le plan financier et géographique, ont conclu les deux neuropsychologues.
D'après une dépêche publiée dans APMnews le 10 avril 2026.
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