Le tabagisme est un facteur de risque connu de mortalité et de complications cardiovasculaires.Sophonnawit Inkaew / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
Le tabagisme, qui est encore trop fréquent chez les diabétiques de type 1 français, confirme son effet délétère sur leur contrôle glycémique et sur leur risque de complications, dans de nouvelles données françaises présentées le 2 avril 2026 au congrès de la Société francophone du diabète (SFD), à Lyon.
Le tabagisme est un facteur de risque connu de mortalité et de complications cardiovasculaires, en particulier chez les diabétiques de type 1. Mais les données de prévalence disponibles dans la littérature "sont un peu anciennes et ne concernent pas forcément la population française", a rappelé la Dr Alexia Rouland du CHU de Dijon.
Afin d'avoir de nouvelles données sur le tabagisme chez les diabétiques de type 1 français et de "préciser son association avec l'équilibre glycémique et les complications du diabète", une étude a été menée à partir de la cohorte SFDT1, qui a été lancée en 2020 et compte aujourd'hui près de 6.400 patients.
Sur les 2.911 premiers patients inclus, 20,5% étaient des fumeurs actifs et 19,9% étaient d'anciens fumeurs. Ces prévalences montaient respectivement jusqu'à 29,9% chez les 25-35 ans et jusqu'à 44% chez les plus de 65 ans.
En matière de contrôle glycémique, les fumeurs ont montré un taux d'hémoglobine glyquée (HbA1c) moyen de 8,2%, significativement plus élevé que les non-fumeurs et anciens fumeurs (tous deux à 7,6%).
Les fumeurs passaient aussi significativement moins de temps dans la cible glycémique (entre 0,7 et 1,8 g/L), à 54% en moyenne contre 59% pour les non-fumeurs, et plus de temps en hyperglycémie (au-dessus de 1,8 g/l), à 40% contre 35,8%. Le temps passé en hypoglycémie était en revanche sans différence significative entre les groupes.
Concernant les complications, le tabagisme a été significativement associé, et de manière indépendante, à un surrisque de rétinopathie, de neuropathie, d'angioplastie des membres inférieurs, de plaies du pied et d'amputation du membre inférieur. Cela a été quantifié par des odds ratio (OR, mesure approchant le risque relatif) allant de 1,24 pour la rétinopathie à un facteur 4 pour les amputations et angioplasties des membres inférieurs.
"Toutes ces données nous encouragent à proposer le sevrage tabagique chez les patients qui vivent avec un diabète de type 1", a conclu Alexia Rouland.
D'après une dépêche publiée dans APMnews le 3 avril 2026.
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