CARLOS JASSO / AFP
Le nombre de cas signalés dans l'épidémie de méningite à méningocoques qui a fait deux morts dans le sud-est de l'Angleterre est passé de 20 à 27, dont 15 cas confirmés et 12 faisant encore l'objet d'une enquête, ont annoncé jeudi 19 mars les autorités sanitaires britanniques.
Voici ce que l'on sait sur cette épidémie, qualifiée par le gouvernement britannique de "sans précédent".
Des cas de méningocoque B
Sur les quinze cas confirmés, neuf sont des cas de méningocoque B, selon l'agence de sécurité sanitaire britannique UKHSA, qui précise que tous les cas, à l'exception d'un seul, ont nécessité une hospitalisation. Aucun détail supplémentaire sur l'état de santé des personnes concernées n'a été apporté.
Ces cas devraient probablement augmenter, selon le docteur Robin May, directeur scientifique de l'agence sanitaire, interrogé jeudi 19 mars sur la radio de la BBC. Il a précisé que tous "se rapportent d'une manière ou d'une autre à la même période, celle où l'exposition initiale a eu lieu".
L'épidémie a fait deux morts, une élève de terminale de 18 ans et un étudiant de l'université du Kent (sud-est de l'Angleterre) de 21 ans.
Source de la contamination ?
Selon le ministre de la Santé Wes Streeting, la majorité des cas sont liés à la boîte de nuit Club Chemistry à Canterbury (sud-est de l'Angleterre), fréquentée par des étudiants, "entre le 5 et le 7 mars".
L'établissement a depuis volontairement fermé ses portes.
Cette situation a toutes les caractéristiques d'"un événement super-contaminateur, avec une propagation continue au sein des résidences universitaires", selon la directrice de l'UKHSA, Susan Hopkins.
À ce stade, des cas ont été confirmés dans deux universités et quatre écoles du Kent, ainsi que dans un établissement d'enseignement supérieur à Londres. Ce dernier cas concerne une personne qui se serait rendue dans le Kent lors du week-end de contamination.
Interrogé jeudi 19 mars sur la radio de la BBC, Anjan Ghosh, directeur de la santé publique au sein des autorités locales du Kent, a déclaré qu'il n'était "pas en mesure d'affirmer", à ce stade, que l'épidémie était "contenue".
Une épidémie "sans précédent"
Cette épidémie a été décrite comme "sans précédent" et "explosive" par les autorités sanitaires, en raison du nombre de cas concernés et de la rapidité de la propagation.
La transmission se fait de personne à personne par contact étroit et prolongé. Cette maladie n'est toutefois pas aussi contagieuse que le Covid-19 ou la rougeole, souligne l'agence de sécurité sanitaire, précisant que le risque d'infection pour le reste de la population "reste faible".
Selon l'UKHSA, 378 cas d'infections invasives à méningocoques ont été confirmés en 2024-25, parmi lesquels plus de 80% concernaient le méningocoque B. Sur les deux dernières décennies, le nombre de ces infections à méningocoques a baissé: en 1999/2000, un pic de 2.595 cas avait été atteint.
Réponse des autorités
L'agence de sécurité sanitaire UKHSA a été informée le 13 mars du premier cas de ce foyer épidémique. Les autorités ont commencé à tracer les contacts et à fournir des antibiotiques aux étudiants de l'université du Kent, à ceux qui ont fréquenté le Club Chemistry entre le 5 et le 7 mars, et à l'entourage proche des personnes infectées ou soupçonnées d'avoir été infectées. Ces traitements préventifs par antibiotiques empêchent la contagion entre individus.
Plus de 6.500 personnes ont été traitées, a indiqué mercredi l'université du Kent.
Un programme de vaccination ciblée contre le méningocoque B a aussi été lancé sur le campus de cette université à Canterbury. Il concerne environ 5.000 étudiants.
Au Royaume-Uni, les nourrissons sont vaccinés contre le méningocoque B depuis 2015, mais les générations nées avant cette date ne sont pas couvertes.
Un cas lié à cette épidémie a été signalé en France. Il s'agit d'une personne ayant fréquenté l'université du Kent, qui a été hospitalisée en France et se trouve "dans un état stable", selon le ministère français de la Santé.
Ruée sur les vaccins
Cette épidémie a poussé certaines personnes à vouloir se procurer des vaccins. Ce n'est "pas nécessaire", a affirmé le ministre de la Santé. Il a reconnu que certaines pharmacies n'avaient plus de vaccins, mais assuré que les stocks étaient suffisants pour assurer la vaccination des enfants et des jeunes concernés par la campagne de vaccination ciblée dans la région de Canterbury.
Par Alexandra DEL PERAL et Anne-Laure MONDESERT
D'après une dépêche AFP publiée le 19 mars 2026.
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