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Le prélèvement de cœur sur une personne décédée d'arrêt cardiaque désormais autorisé

Depuis le 8 mars, le prélèvement cardiaque dans le cadre de la procédure Maastricht III est autorisé en France. Un programme pilote impliquant trois centres de référence (Pitié-Salpêtrière, Marie-Lannelongue et CHU de Lille) est initié, pour structurer cette procédure complexe.

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Une pratique qui existe déjà dans plusieurs autres pays.

Une pratique qui existe déjà dans plusieurs autres pays.vchal / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images

Le prélèvement de cœur chez un patient décédé "présentant un arrêt cardiaque et respiratoire persistant" est désormais autorisé en France, d'après un arrêté publié dimanche 8 mars au Journal officiel.

Cela va notamment permettre de réaliser des prélèvements cardiaques dans le cadre d'une procédure Maastricht III, qui concerne les patients décédés d'un arrêt circulatoire après arrêt des thérapeutiques.

Ce type de prélèvement est légalement possible en France depuis 2005 concernant le rein, le poumon et le foie, et depuis 2018 pour le pancréas, mais n'est vraiment réalisé que depuis 2015.

Le prélèvement de cœur dans ce cadre était déjà pratiqué dans plusieurs autres pays, notamment au Royaume-Uni, en Australie et aux États-Unis, mais pas en France.

Pour lancer l'activité, un programme pilote va démarrer avec les équipes de greffe cardiaque de trois sites : l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris (AP-HP), l'Hôpital Marie-Lannelongue au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine), ainsi que le CHU de Lille.

Interrogée par APMnews, l'Agence de la biomédecine (ABM) explique que le but de ce programme est de "'trouver' la bonne organisation" permettant de réaliser ces prélèvements, car il s'agit d'une "procédure très complexe [et] très exigeante sur le plan technique et organisationnel".

Ce programme devrait durer "environ une année" afin de prélever et greffer "quelques" greffons cardiaques. Il devrait ensuite être élargi à d'autres centres qui devront être "a minima" déjà expérimentés dans le prélèvement pulmonaire Maastricht III. Un élargissement "plus tôt" pourra être envisagé si les retours d'expérience sur plusieurs greffons "montrent que tout va bien".

Cela fait suite à une première expérimentation française, coordonnée par le Pr Julien Guihaire de l'hôpital Marie-Lannelongue entre 2020 et 2023, qui a permis de vérifier grâce à cinq patients décédés en arrêt circulatoire que l'ajout d'un prélèvement cardiaque à la procédure de prélèvement multi-organe n'avait pas d'impact sur le prélèvement et la greffe des autres organes, et que les cœurs prélevés étaient viables.

Cette nouvelle approche devrait permettre d'augmenter le nombre de greffons cardiaques disponibles, qui est aujourd'hui insuffisant pour greffer tous les patients en attente d'un greffon. Il y a actuellement environ deux candidats à la greffe pour chaque greffon cardiaque disponible en France.

Selon l'ABM, il est "difficile d'estimer" combien de greffons supplémentaires pourront être prélevés grâce à cette nouvelle procédure "parce que la population de donneurs Maastricht III français est très différente de celle des pays qui ont déjà mis [en place] ce prélèvement".

D'après une dépêche publiée dans APMnews le 9 mars 2026.

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